Les Carnets d'Imelda

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10 novembre 2011

Mon journal de khâgne

Publié par carnetsdimelda dans Impressions, Mots, Petites reflexions

Avec la nouvelle présentation du blog, les pages « billets de la khâgneuse » que j’avais écrits pendant mon année de khâgne en 2010 apparaissent mal. C’est pourquoi vous le trouverez sous la forme d’un journal dans l’article ci-dessous. Bonne lecture !

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Déformations khâgnales – 6 janvier 2010

Etre en khâgne, c’est plus qu’un investissement. C’est un engagement de soi-même. En effet, nos idées, nos références, notre être même s’en trouve modifié. Et même notre réflexes, notre vision, nos sensations. La schizophrénie est proche.
Vous ne me croyez pas ? Quelques exemples.
Je demande à ma soeur ce qu’elle désire pour Noël. Elle me répond « un gros peigne magique » (vous savez, ces barettes à multiples fonctions). Et moi, qu’entends-je ?
- Le Groupé et le Magique
Sans doute un essai philosophique de la même veine que Le Normal et le Pathologique, de Georges Canguilhem (que nous avions étudié auparavant en philo)…
Un jour, je souhaite imprimer un document. Dans les différentes qualités d’impression, il y a : « Brouillon », « Normale », et « Supérieure ». Et que vois-je immédiatement ?
« Normale Supérieure ». L’ENS, quoi.
Du même style, sur une boîte de compresses stériles, je vois le nom « Stérilux ES »… L’ES ?
L’Education sentimentale, de Flaubert. Nous sommes en train de l’étudier.

Aujourd’hui, c’était le début des soldes. Quelqu’un nous demande si nous y allons. Nous répondons que nous sommes bien au-dessus de cela, dans des sphères intellectuelles dépassant la matérialité de… bref, vous voyez. L’esprit de l’escalier m’a fait songer que nous aurions pu dire : « Les soldes ? Qu’est-ce donc ? Ah, vous voulez dire la solde, la rémunération donnée au légionnaires romains ! »
Nous étions présentemment l’administration de l’Empire romain, en latin…
Et bien d’autres encore !

Impostures – 7 janvier 2010

Un professeur a écrit en commentant une de mes dissertations vraisemblablement trop formelle que mes qualités de plume risquaient de devenir le cache-misère d’une absence de pensée réelle et personnelle. Il y a quelques mois, un autre professeur avait déclaré qu’une finesse d’écriture ne correspond pas forcément à une finesse de pensée.
Me voilà aigrie, mois qui déteste particulièrement, d’un point de vue théorique, l’illusion des mots, l’imposture esthético-littéraire qui donne l’impression d’enfermer le monde dans la gangue étroite des mots. Ou simplement celle de dire des choses alors que tout n’est que séduisante vitrine, songe creux.

Comment penser, finalement ? Ce qui m’agace, c’est que tout semble contre nous. Depuis la méthode semi-globale d’apprentissage de la lecture, jusqu’au système schématique d’analyse littéraire du secondaire qui passe les textes les plus variés au crible de critères binaires… La prépa est censée affiner notre sensibilité et notre jugement notamment en élargissant notre culture, et c’est bien. Mais comment en quelques mois rénover l’édifice bâti de notre société dont personne n’ignore qu’elle est imbibée de stéréotypes, de manichéisme et parfois d’idéologie ?
Cette injustice que je ressens n’est certes pas dépassionnée. L’utime salut sera sans doute de lire, de lire, de parler et de lire, avec ce pinceau textuel qui nuancera vraiment ce noir et ce blanc de mille couleurs, demi-teintes nouvelles voire idiosycrasiques. De quoi non pas repeindre le mur du monde, mais le voir sans oeillère et y ajouter, discrètement, quelques petites fleurs de pensée.

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