Les Carnets d'Imelda

3 janvier 2010

Frissonnant éventail

Publié par carnetsdimelda dans Poesie

Voici un sublime poème de Stéphane Mallarmé. Même si vous n’êtes pas intéressé par la poésie, vous ne pourrez qu’être touché par le pouvoir d’évocation de l’Autre Eventail de Mademoiselle Mallarmé :

Frissonnant éventail dans Poesie Eventail-Fan-Duvelleroy-1

Ô rêveuse, pour que je plonge
Au pur délice sans chemin,
Sache, par un subtil mensonge,
Garder mon aile dans ta main.

Une fraîcheur de crépuscule
Te vient à chaque battement
Dont le coup prisonnier recule
L’horizon délicatement.

Vertige ! voici que frissonne
L’espace comme un grand baiser
Qui, fou de naître pour personne,
Ne peut jaillir ni s’apaiser.

Sens-tu le paradis farouche
Ainsi qu’un rire enseveli
Se couler du coin de ta bouche
Au fond de l’unanime pli !

Le sceptre des rivages roses
Stagnants sur les soirs d’or, ce l’est,
Ce blanc vol fermé que tu poses
Contre le feu d’un bracelet.

Je vous épargne un commentaire composé ; cependant, voici quelques éléments pour mieux le comprendre et l’apprécier. L’éventail s’adresse ici à la jeune fille. Est décrite une cérémonie intime, une plongée dans l’absolu mais aussi une certaine sensualité, rendues ici sensible par la séduction de ces vers. Enfin, chaque strophe est une phrase, un déploiement… d’éventail. Ce poème est donc métapoétique. Beau.

2 janvier 2010

Mes films d’exception

Publié par carnetsdimelda dans Cinema

Comme ce soir je n’ai pas envie d’écrire quelque chose de très érudit, je vous confie la liste de mes films préférés, classés par nombre d’étoiles – je ne mets donc ici que les 3 et 4 étoiles.
Cette notation est globale, en ce sens qu’elle ne sépare pas le critère esthétique du critère éthique ; mon critère est, en bref : « Est-ce que j’ai aimé ce film et est-ce que je le conseillerais à un ami ? ». Comédies charmantes et drames profonds sont mêlés indistinctement, même si je prefère les seconds. Et puis, évidemment, ce sont des choix féminins, et forcément subjectifs.

4 étoiles
Rebecca, d’Alfred Hitchcock (1947)
Raisons et sentiments, de Ang Lee (1995)
Le hussard sur le toit, de Jean-Paul Rappeneau (1995)
L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux, de Robert Redford (1998)
Gladiator, de Ridley Scott (2000)
Un homme d’exception, de Ron Howard (2002)
Le monde de Narnia (chapitre 1), de Andrew Adamson (2005)
Karol, l’homme qui devint pape, de Giacomo Battiato (2006)

3 étoiles
La Vie est belle, de Franck Capra (1947)
Ben Hur, de William Wyler (1959)
Le Cid, d’Anthony Mann (1961)
Un Homme pour l’éternité, de Fred Zinnemann (1966)
Cyrano de Bergerac, de Jean-Paul Rappeneau (1990)
Les visiteurs, de Jean-Marie Poiré (1993)
Beaucoup de bruit pour rien, de Kenneth Branagh (1993)
Est-Ouest, de Régis Wargnier (1999)
Pearl Harbor, de Michael Bay (2001)
Le retour du roi (Le Seigneur des Anneaux 3), de Peter Jackson (2003)
La Passion du Christ, de Mel Gibson (2004)
Big Fish, de Tim Burton (2004)
Il était une fois, de Kevin Lima (2007)
Les Noces rebelles, de Sam Mendes (2009)
Gran Torino, de Clint Eastwood (2009)

1 janvier 2010

Hommage au nyckelharpa

Publié par carnetsdimelda dans Musique

Hommage au nyckelharpa dans Musique nyckelharpa2

De l’espace étroit séparant les quatre cordes ténues de l’instrument on peut tirer des sons infiniment riches… Je ne pouvais ouvrir ce blog sans parler du nyckelharpa.

Du quoi ? Bon. Le nyckelharpa, ou vielle à clavier, est un instrument qui allie le jeu de l’archet frottant les cordes, et celui des doigts courant sur le clavier. A chaque corde correspond un clavier, dont les touches correspondent un peu aux doigts que l’on pose sur les cordes d’un violon, afin de déterminer la hauteur de la note.
Depuis que je joue cet instrument, c’est-à-dire un peu plus d’un an, j’ai pu en découvrir les richesses. Ce n’est pas parce qu’il vient de Suède et des tréfonds du Moyen Age pour ses premières formes, qu’il ne recèle pas mille potentialités. L’avantage est qu’avec une technique relativement simple – il suffit d’apprendre la tablature du clavier et le maniement de l’archet, nul besoin d’avoir une oreille excellente comme pour le violon -, on peut jouer aussi bien des pièces folkloriques pour lesquelles l’instrument a été conçu au départ (écoutez ici), que de la musique « classique », c’est-à-dire aussi bien du Bach (ici) que du Massenet par exemple. Et ce qui fait la chaleur de ce son, ce sont les nombreuses cordes sympathiques, qui ne sont pas frottées et entrent en vibration par résonance.

Il n’existe qu’un luthier en France qui fabrique de tels instruments, surtout répandus dans les pays scandinaves, et en Allemagne. Et un seul professeur de nyckelharpa pour toute la France. Pour ma part, j’ai pu suivre quelques cours et un stage. Ici on peut voir ce luthier unique, Jean-Claude Condi, donner des explications sur l’instrument et en montrer la fabrication. Des pièces uniques, la concurrence chinoise étant inexistante… Nickel !

1 janvier 2010

Eblouissement bleu

Publié par carnetsdimelda dans Peinture

Eblouissement bleu dans Peinture bleu_lettre

Elle lit une lettre. Cette femme, peinte par Vermeer, semble tranquillement en train de réaliser chez elle un geste familier. Et pourtant, si l’on contemple plus précisément cette huile sur toile, mille détails nous interpellent : les affaires éparses abandonnées devant elle, ce ventre rond, cette vaste carte au mur, évoquant mille régions lointaines, et puis ces chaises vides, ce huis clos renforcé par la lumière qui vient de la gauche… De toute évidence, on imagine volontiers que cette jeune femme lit une lettre de son mari… peut-être de mauvaises nouvelles ? Ce tableau déborde d’émotion contenue, et le maître flamand dessine cette tension avec une douceur, déclinée dans les tons bleus et ocre, simplement remarquable.

La Femme en bleu lisant une lettre, Johannes Vermeer (1663), Rijksmuseum, Amsterdam.

1 janvier 2010

Style en clair-obscur

Publié par carnetsdimelda dans Ecrire, Roman

On se demande souvent ce qui fait un bon style. Un jour, je suis tombée, dans le Journal des Faux-monnayeurs d’André Gide, où ce dernier expose ses difficultés d’écriture et réflexions diverses, sur ces mots :
« Je reprocherais à Martin du Gard l’allure discursive de son récit ; se promenant ainsi tout le long des années, sa lanterne de romancier éclaire toujours de face les événements qu’il considère, chacun de ceux-ci vient à son tour au premier plan ; jamais leurs lignes se mêlent et, pas plus qu’il n’y a d’ombre, il n’y a de perspective. C’est déjà ce qui me gêne dans Tolstoï. Ils peignent des panoramas ; l’art est de faire un tableau. Etudier d’abord le point d’où doit affluer la lumière ; toutes les ombres en dépendent. Chaque figure repose et s’appuie sur son ombre. »

Il semble important de noter que toute oeuvre originale étudie un problème (que ce soit conceptuellement ou littérairement, mais aussi dans les articles de presse) selon un angle particulier, une lumière particulière, donc.
Dans la littérature, comment cela se traduit-il ? C’est ce que je me demande. Bien sûr il y a le lexique, le rythme, les images… Je lis le premier livre de littérature que j’ai sous la main, et j’y prends une phrase des Vies minuscules de Pierre Michon – recueil de nouvelle publié en 1984, que je me suis promis de lire depuis trois mois… – :
« Le mal aura fait son oeuvre ; il sera devenu muet à l’automne, devant les tilleuls roux : dans ces cuivres que le soir ternit, et toute parole soustraite par la mort en marche, il aura plus que jamais été fidèle aux vieilles épaves lettrées de Rembrandt ; nul dérisoire écrit, nulle pauvre demande griffonnée sur un papier n’aura corrompu sa parfaite contemplation. »
Je n’ai pas lu la nouvelle, je ne sais quel est ce mal ; et pourtant on peut observer la couleur donnée à la phrase : automne, roux, cuivres… Et cette négativité : muet, soir, mort en marche, épaves, nul, dérisoire, nulle, n’aura, corrompu… d’où émerge une certaine beauté : « corrompu sa parfaite contemplation » comprend une antithèse qui me ravit, avec ce mot parfait, incorruptible… Cette analyse n’a rien de rigoureux, et pourtant elle touche peut-être du doigt le début du commencement du clair-obscur d’un style littéraire.

31 décembre 2009

L’enfant millionnaire

Publié par carnetsdimelda dans Cinema

« Comment Jamal Malik a-t-il atteint la question à 20 millions de roupies ? A) Il a triché. B) Il est chanceux. C) C’est un génie. D) C’est son destin.»

Un jeune garçon court dans les rues d’une mégapole indienne à la recherche d’une amie d’enfance, Latika… « C’est le destin. » « Un concept indien bien particulier », affirme Danny Boyle, le réalisateur britannique de ce film adapté d’un roman indien de Vikas Swarup, Les Fabuleuses aventures d’un Indien malchanceux qui devient milliardaire. La construction du film est originale : elle alterne, d’une part, des extraits de émission en version indienne Qui veut gagner des millions ? où le jeune Jamal Malik, simple serveur de thé, répond juste à toutes les questions, et d’autre part des flash-back qui reprennent un à un les épisodes de sa vie expliquant pourquoi il connaît ces réponses délicates…
Projet qui donne un long-métrage particulièrement émouvant, pour lequel les 8 Oscars qu’il a remportés, dont celui du Meilleur film pour l’année 2009, semblent bien légitimes : le tournage est fondé en partie sur des plans que je qualifierais d’impressionnistes grâce au mouvement perpétuel que la caméra suit, à l’image des impressions des personnages dans ces villes dynamiques, ces poursuites fréquentes ; l’acteur principal, Dev Patel, joue remarquablement et son authenticité fait son charme ; les scènes décrivent un monde souvent sans pitié et plein de dangers, surtout pour les enfants ; quant aux personnages, ils sont fouillés avec justesse, tels que celui du présentateur ou encore de l’inspecteur de police, touchés par la vérité.
De cette comédie dramatique ou « le mendiant devient prince », on regrettera peut-être certains épisodes un peu longs voire éprouvants pour les yeux (notamment la scène de torture au début), ainsi que le dénouement en happy end, dégoulinant d’eau de rose. Mais si le scénario n’est pas très vraisemblable, l’adaptation cinématographique, entre autres grâce à un casting et une équipe de réalisation presque exclusivement indiens, le rend à la fois triste et drôle, de quoi en faire une véritable réussite. Réponse D.

Imelda

Slumdog Millionnaire (2009), à acheter en DVD.

31 décembre 2009

Concerto pour flûte « La notte »

Publié par carnetsdimelda dans Musique

De l’immense oeuvre de mon compositeur baroque favori qu’est Vivaldi, écoutez ici un de ses ravissants concertos pour flûte, paru en 1728. Ce joyeux allegro est précédé d’un Presto fantasmi et d’un Largo Il Sono (le sommeil), qui évoquent avec suggestion la paix ou l’agitation onirique de la nuit. J’aime ce réveil qui va en bondissant, mêlant flûte, corde et clavecin. Toute la joie légère baroque.

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