Les Carnets d'Imelda

27 décembre 2011

Radio : quel bon ton de voix ?

Publié par carnetsdimelda dans Ecrire, Journalisme, Mots

« Bonjour Machin, bonjour à tous. » Qu’est-ce que cette voix artificielle, stéréotypée, des animateurs de radio ? Faussement enthousiaste ? Ou alors presque indifférente aux mauvaises nouvelles qu’elle annonce, des morts par ci, des morts par là, et l’on enchaîne sur le sport et la bourse… Comment rendre une voix radiophonique un minimum sincère, engagée, authentique ?

Il faudrait peut-être passer par l’écriture littéraire pour trouver une réponse. Pour faire de la littérature, il ne suffit pas de plaquer des procédés dits littéraires (épithètes inversées, métaphores à foison, périphrases…). Le langage va s’enrichir naturellement et devenir plus fin, plus littéraire, à mesure que s’enrichit le rapport de l’écrivain au langage. La qualité littéraire d’un texte n’est pas un vernis, mais son étoffe même. En d’autres mots : c’est la maturité et l’implication de l’auteur qui va trouver des mots neufs, et non déjà éculés, pour circonscrire l’objet précis de son invention. (Merci François Magné.)

De même, en radio, ce n’est pas le vernis de l’enthousiasme ou de la gravité qui va moduler la voix. C’est l’intérêt que le présentateur porte à l’événement qui fait entrer une chaleur dans son timbre. En école de journalisme, on apprend à faire des flashs info de manière convaincante, non seulement en articulant et en variant le ton selon la nouvelle, ou en faisant des phrases originales et variées. On s’exerce surtout à parler à la radio en apprenant à parler du quotidien, à parler comme au milieu d’un repas, à parler d’un sujet quelconque qui nous touche vraiment. Dire simplement, comme si on racontait à des proches. On choisit les événements et on écrit les brèves qui nous parlent, qu’on a envie de dire au monde, d’annoncer ou peut-être implicitement de dénoncer.

Evidemment, s’approprier un accident en Chine ou une fête à Lyon n’est pas forcément facile en peu de temps. Mais c’est aussi tout le travail du journaliste, tentant de mettre un peu d’ordre et de mots dans ce que Macbeth évoque : « La vie […] : une fable / Racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, / Et qui ne signifie rien. »

 

Radio : quel bon ton de voix ? dans Ecrire radio_micro

27 décembre 2011

Qu’est-ce qu’un livre ?

Publié par carnetsdimelda dans Humour, Litterature
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PS : Alors ne revendez pas vos cadeaux de Noël…

PPS : En retard, joyeux Noël !

 

18 décembre 2011

Après Jésus-Christ

Publié par carnetsdimelda dans Histoire, Litterature, Roman

Dans le roman L’Eclipse paru à la rentrée 2010, le jeune auteur Enguerrand Guépy évoque les trois jours qui suivirent la mort de Jésus-Christ. En de multiples portraits, ceux qui ont suivi de près ou de loin Jésus sont dépeints dans leurs contradictions les plus intimes.

Eclipse totale à Jérusalem. Après la mort du Christ en croix, « la terre trembla », lit-on dans l’évangile de Matthieu. Que se passa-t-il après la mort d’un prophète décidément pas comme les autres ? Enguerrand Guépy, qui a travaillé dix ans dans le théâtre, invente ce chant choral où apôtres, militaires romains et juifs rebelles crient leurs sentiments.

La peur est partout, car le centurion Quirinius semble vouloir s’en prendre à la famille du Rabbi – Jésus. Judas s’est pendu car son rêve est mort. Simon le zélote – c’est-à-dire le nationaliste, luttant contre l’occupation romaine – risque de se faire enroler par Barabbas, bandit relâché à la place du Christ, et qui souhaite en finir avec ladite occupation. Le grand prêtre du temple, Caïphe, pense avoir tout sauvé. Pilate, le préfet romain, s’effondre.

Parmi ceux qui avaient suivi Jésus, tous sont effondrés, même Jean, même Pierre qui avait sorti l’épée lors de l’arrestation de Jésus. Lazare, que Jésus a ressuscité, trouve sa seconde chance plus douloureuse que la première. Le doute de tous n’empêche pas chacun de garder une once de noblesse. Et Marie-Madeleine cherche celui qui seul a posé un regard aimant sur elle, jusqu’à ce qu’à l’aube du dimanche, « l’ange lui [promette] un soleil éternel. »

Avec une intensité qui échappe toujours au pathos, l’auteur fouille et découvre avec sa plume les divisions des juifs et les états d’âme de ceux qui ont déjà tant souffert, et que leur Dieu semble éprouver à nouveau en faisant mourir leur prophète. Un texte prenant.

Enguerrand Guépy, L’Eclipse, L’Oeuvre, 2010

Après Jésus-Christ dans Histoire enguerrand-guepy-leclipse 

 

10 décembre 2011

Paganini le Capricieux

Publié par carnetsdimelda dans Histoire, Musique

Série sur les compositeurs italiens

Paganini le Capricieux  dans Histoire paganini

Depuis le 1er décembre, un violoncelle Stradivarius de 1707 est mis aux enchères : le « Paganini-Comtesse de Stainlein ». Niccolo Paganini (1782-1840) a donc possédé cet instrument. Violoniste et compositeur italien, il a révolutionné la pratique du violon à l’aube du romantisme.

Naissance à Gênes et mort à Nice, Paganini se distingue de ses confrères par ses compositions instrumentales, alors que l’opéra envahit le champ musical italien. En tournée de concerts dès l’âge de quinze ans, il dépasse déjà ses maîtres qui n’ont plus rien à lui apprendre techniquement.

Il déploie en effet de nouveaux moyens pour créer des sons de violon, par exemple le mélange de pizzicato (pincement des cordes avec les doigts) et d’arco (frottement des cordes de l’archet).

Paganini avait en fait une sorte d’heureux handicap : il souffrait probablement du syndrome de Marfan, c’est-à-dire que ses ligaments se tendaient beaucoup plus que la normale. Ses mains étaient d’une extensibilité hors normes. Son oeuvre la plus connue, les Vingt-quatre Caprices pour violon solo, a été déclarée injouable par de nombreux artistes du XIXe siècle.

Ecoutons ici le 24e de ces caprices dans l’interprétation d’Alexander Markov. Brahms essaya de transposer au piano cette 24e variation (ici). L’influence de Paganini va jusqu’à la réalisation du film Kinski Paganini, par l’allemand Klaus Kinski en 1989. Balzac avait donc raison, quand il évoquait dans L’Interdiction (1839) la « puissance magnétiquement communicative » de Paganini.

 

7 décembre 2011

Chapôs, le style

Publié par carnetsdimelda dans Journalisme, Mots, Petits ecrits imeldiens

Chapôs, le style dans Journalisme chapeau%20mode

Le « chapeau » (ou chapô) précède un article de presse, et le résume. Plusieurs sortes de couvre-chefs existent.

Le casque d’abord, de vinking ou de pompier. C’est le chapeau conquérant, glorieux, salvateur. Il annonce les déclarations de guerre, les réformes économiques, les sommets du G8. Coup d’éclat ou dernière chance, c’est l’honneur qui scande les mots, claquants, ronflants. Les phrases nominales sont légion. Le panache ne se cache pas.

Il y a le chapeau melon, un rien bourgeois ou suranné. C’est celui des marronniers, ces sujets qui reviennent régulièrement. Les colonies de vacances, la rentrée des classes, les cadeaux de Noël. Il est rond, docile, sans prestige. Il répète le « comme chaque année », sans s’en offenser.

Certains chapôs sont des feutres, sombres et élégants. Le revolver n’est pas loin, la traque policière non plus. Les mots de « garde à vue » et d’ »enquête » continuent se susciter l’intérêt.

Il y a la coiffe bigoudène, Bretagne traditionnelle et triomphante. Sa dentelle fleure sans complexe les processions et le granit. Mais la grâce des hortensias embaume toujours ces mots, régionaux jusqu’à la Breizhitude militante. La coiffe auvergnate n’a rien à lui envier.

On aperçoit parfois la chapka, bonnet russe en fourrure avec oreilles rabattables. Poutine n’est jamais loin, ses neiges et la glace de son regard post-FSB. Gazprom, Medvedev ou Anna Politovskia hantent ses phrases.

Il y a la mitre, celle de l’évêque. Le chapô retrace les voyages du pape, les polémiques, les phénomènes. Elle garde le mythe de la puissance indéboulonnable alors que les catholiques ne sont plus qu’une minorité.

La kippa, ou le kieffieh posent leurs revendications propres, leur héritage, leur diplomatie complexe. Fini le parfum exotique, seul demeure la mondialisation, les migrations, les cultures.

Certains chapôs sont des perruques. Ils trompent ou montrent la tromperie, les révélations, les flatteries et l’obséquiosité, la démagogie. Les clichés abondent.

Ici, un sombrero. Ce chapô incarne l’hispanité solaire, la castagnette que la crise va bientôt phagocyter.

Là, le képi militaire, l’Afghanistan discuté, les Opex, les attaques, les défilés, le 11-novembre, le budget Défense. Ses mots claquent comme des ordres, on dirait.

Enfin le casque-antibruit, celui du citoyen qui en a assez d’entendre le flot-flux d’informations envahir sa vue, sa vie. A chacun son résumé, son chapeau.

5 décembre 2011

Petit éloge du journaliste

Publié par carnetsdimelda dans Journalisme, Poesie

Petit éloge du journaliste dans Journalisme pub_greg

 

On ricane aux salons. On aime les critiquer.

Hypocrites, mensongers, intrusifs, persifleurs »

Épithètes rapides, autant de préjugés

Ignorants les coulisses du métier de veilleur.

 

Ces minutes de JT, paragraphes quotidiens,

Matinales au réveil, sites web opportuns

Ne sont pas de nulle part, tels cris trop vite poussés ;

D’ardues préparations ils ont nécessité.

 

Qui se lève à une heure pour le flash de 5 heures ?

Qui vit un mois en Chine pour pondre une double page ?

Qui relève mille articles dans son agrégateur ?

Qui toute sa vie dévoue pour une belle mise en page ?

 

Il essuie les refus. Il se serre la ceinture.

Il parle des inconnus. Il couvre l’humble fait.

Sans lui le monde est nu, muet et sans jointure

Du Gers au FMI, il informe, il essaie.

 

Imelda

 

30 novembre 2011

Le mathématicien en quête de réel

Publié par carnetsdimelda dans Cinema, Histoire, Psychologie

Un homme d’exception, un film de Ron Howard, 2001.

Le mathématicien en quête de réel dans Cinema abeautifulmind

 

Qu’est-ce que le réel ? John Nash (Russell Crowe), étudiant en mathématiques, semble bien placé pour le savoir. Vers 1950, élève à l’université de Princeton, il rend par des équations les mouvements des pigeons du parc. Au jeu de go, tous ses coups sont parfaits. Sa théorie économique des jeux va être mondialement reconnue. Mais il n’envisage les relations humaines qu’en termes scientifiques…

Il pense que les gens ne l’aiment pas. Sauf Charles, son colocataire. Et Alicia (Jennifer Connelly), qui devient sa femme. Un jour, un représentant du département de la Défense, William Parcher (Ed Harris), lui demande de décoder des messages soviétiques censés évoquer une attaque nucléaire.

John souffre de schizophrénie. Charles et William ne sont que des hallucinations, des créations de son esprit en mal de reconnaissance et d’amitié. Il lui est très difficile de l’accepter. Après une hospitalisation, il ne prend pas ses médicaments, et rechute. Son épouse Alicia est tentée de partir, mais elle continue. « Je le regarde, je me force presque à voir l’homme que j’ai épousé. Il est comme transformé en la personne que j’aime, comme je suis transformée en une personne qui l’aime. » C’est cette fidélité incarnée qui est le centre de l’histoire ; John y puise l’effort avec lequel il va pouvoir faire le deuil de ses amis imaginaires. Si le cerveau trompe, le coeur lui, voit bien davantage.

John Forbes Nash a existé, et a reçu le Prix Nobel d’économie en 1994 ; il vit encore. Son histoire est filmée avec peut-être un peu trop d’intensité dramatique, mais toujours une grande finesse dans la composition de l’image et dans les dialogues. Ce film dit bien plus que son scénario : l’amour donne à voir la merveille de l’altérité.

26 novembre 2011

Le bio à moindre prix, un défi difficile

Publié par carnetsdimelda dans Actualité, Impressions, Journalisme

Le bio à moindre prix, un défi difficile dans Actualité 

Le Salon bio Marjolaine qui se déroule du 5 au 13 novembre au Parc floral de Paris est un lieu de référence pour trouver des produits d’alimentation, de beauté ou de décoration respectueux de l’environnement. Cette année, un parcours « Promotion » propose dans plusieurs stands un article bradé, afin de montrer que le bio peut-être plus accessible à tous. Le bio peut-il vraiment coûter moins cher ? Il semble que son exigence de qualité le maintienne au-dessus des prix du marché.

Il est près de midi au Salon bio Marjolaine, dans les halles du Bois de Vincennes. Des centaines de personnes se pressent calmement entre les 550 stands, essayant un appareil de massage, goûtant de la pâte d’amande bio ou lisant un tract pour un séjour de jeûne diététique. Les visiteurs ont en moyenne une cinquantaine d’années. Peu de jeunes fréquentent ce salon de référence dans l’univers du bio, qui a accueilli l’année dernière près de 71 000 visiteurs pendant neuf jours. Sont-ce des personnes déjà installées dans la vie, qui peuvent se permettre de consacrer une partie plus importante de leur budget à une consommation de grande qualité ?

L’épithète est tenace dans les esprits : « Le bio, c’est cher ». Aussi cette année le Salon Marjolaine a mis en place un parcours « Promotion » : un petit écriteau vert indique la baisse de prix d’un des produits. Pourtant, cettte fameuse pancarte est difficile à trouver. « J’ai bien vu l’annonce de ce parcours Promo à l’entrée, témoigne Monique, une visiteuse sexagénaire, mais je n’en a pas beaucoup vu parmi les stands. »

Simon Trabuc vend les produits de la coopérative vietnamienne Bibol : des plats et saladiers en bambou peints et laqués, sans solvant ni composant organique volatile (C.O.V.). Quelques coupelles sont bradées, « parce qu’elles présentent de légers défauts », dit-il. Il ne s’agit pas pour lui de rendre le bio plus accessible.

Les produits biologiques sont-il vraiment plus chers ? Au Salon Marjolaine, certains sont dans les mêmes fourchettse de prix que les produits non bios : par exemple, un savon de Marseille à 2,90 euros, ou dehors, une formule déjeuner « crêpe flambée et crêpe au sucre » pour 8 euros. Cependant, le stand de la pâtisserie Laura Todd vend une belle boîte de 29 cookies bios 41 euros. Le petit gâteau d’épices de 250 grammes à 6,10 euros ou le miniscule pot de 100 grammes de confiture de papaye à 6 euros, peuvent également laisser beaucoup réticents.

Pas besoin d’être économe pour avoir un commerce équitable

Un salon est cependant le lieu privilégié pour trouver des prix réduits. « Tous les produits que je vends au Salon Marjolaine sont en promotion », déclare Anatole Rosier, qui vend des systèmes domestiques de filtration et de traitement de l’eau. « Ils sont moins chers dans ce stand que dans le catalogue ; mais ce n’est pas le cas de tous les produits vendus dans ce salon. » Il a mis en promotion un système de filtration de douche anti-calcaire, vendu à 85 euros au lieu de 95 euros, ce qui lui permet donc de renvendiquer la fameuse pancarte.

Plusieurs facteurs rendent le bio cher. « Le vrai bio garde un prix élevé qu’il nécessite un prix de revient important », justifie Philippe Loncar, savonnier dans l’entreprise familiale et artisanale « La Grange aux Herbes ». Pour lui, le bio doit rester artisanal et être cultivé dans de petites structures. Il met en promotion une nouveauté de l’année dernière, un baume à lèvres au beurre de karité de 10 g, qui coûte 6,50 euros. Les huiles essentielles, le flaconnage et la main d’oeuvre coûtent cher, c’est pourquoi le prix de vente est élevé.

De plus, cette exigence qualitative s’inscrit souvent dans une perspective de développement durable. « Cette cartouche filtrante permet une économie de 40% d’eau au final, déclare Anatole Rosier. Le prix implique donc une vraie économie à long terme. »

Toutefois, certains profitent du prix habituellement élevé du bio pour tromper les consommateurs, à en croire Philippe Loncar : « Mes produits sont certifiés Nature et Progrès, un cahier des charges qui demande que 100% des composants soient bios. Certaines grandes entreprises, comme L’Oréal, revendiquent des produits bios qui en fait ne comprennent que 5% de composants naturels. »

Les distributeurs sont aussi mis en cause : « Dans les supermarchés, il y a souvent peu de traçabilité, et ils peuvent en profiter », dénonce Simon Trabuc, de l’entreprise Bibol.

Au Salon Marjolaine, les consommateurs ne disent pas autre chose : « Je trouve que le prix élevé du bio n’est pas toujours justifié, surtout quand le produit n’est pas totalement bio, déclare Monique. En région parisienne notamment, les produits bio sont plus chers qu’ailleurs. Pour ma part, j’achète seulement certains produits bio qui risqueraient de contenir des composants chimiques, comme la farine, le miel ou les épices. Je ne pense pas que le bio va devenir moins cher, ou alors ce sont les normes qui vont baisser. » Surtout, Monique admire les démarches des agriculteurs ou des viticulteurs bio, qui parviennent à vivre de cette exigence d’authenticité.

Imelda

 

18 novembre 2011

« Paris change… »

Publié par carnetsdimelda dans Impressions, Litterature

La nostalgie traverse les siècles. L’acteur et comédien Fabrice Luchini déclarait en 2001 dans le magazine Zurban, en colère parce que le Paris de sa jeunesse disparaît peu à peu :

« Je suis près à devenir violent contre le capitalisme sauvage et la loi du marché qui ont fait de Saint-Germain-des-Prés une succursale du vêtement. C’est une véritable atteinte symbolique que les sapes aient remplacé les livres. (…) C’est fou qu’on ne comprenne pas la bêtise du commerce dans ce quartier-là. Le Flore [photo] n’est plus qu’un ramassis de vieux Américains à la recherche d’un mythe qu’ils ne connaissent pas. »

Charles Baudelaire dans le poème Le Cygne des Fleurs du mal en 1857, ne disait pas une chose très différente :

« Le vieux Paris n’est plus (la forme d’une ville
Change plus vite, hélas! que le coeur d’un mortel) ;

Je ne vois qu’en esprit tout ce camp de baraques,
Ces tas de chapiteaux ébauchés et de fûts, (…)

Paris change! mais rien dans ma mélancolie
N’a bougé ! palais neufs, échafaudages, blocs,
Vieux faubourgs, tout pour moi devient allégorie
Et mes chers souvenirs sont plus lourds que des rocs. »

Que l’on soit triste ou encoléré, de-mon-temps-c’était-mieux-avant, non ? A voir.

 

10 novembre 2011

Une année à la Sorbonne

Publié par carnetsdimelda dans Histoire, Impressions

La fac est une expérience dont vous trouverez mes impressions dans les « billets de la fâkheuse » postés en 2010-2011, et rassemblés ci-dessous pour plus de commodité.

 Une année à la Sorbonne dans Histoire sorbonne01

L’attente, une posture parisienne – 27 septembre 2010

Attendre. Dix minutes pour acheter un sandwich à l’heure du déjeuner. Un quart d’heure pour acheter des tickets de métro (et entendre finalement que le guichet ne délivre que des informations, pas de tickets). Vingt minutes pour passer à la caisse du Monoprix. Vingt-cinq minutes pour faire valider par la fac son attestation de bourse. Une demi-heure pour régler un problème d’équivalence à la fac. Trente-cinq minutes en vue d’adhérer à une mutuelle étudiante. Une heure et quart avant de visiter le lycée Henri IV aux journées du patrimoine. Cinq heures pour accéder (ou non) à l’Elysée pendant ces mêmes journées…

C’est à devenir fou.

Cependant, plutôt que de s’arracher tous les cheveux, essayons de nous poser sur un coin de siège de bus urbain, s’il en reste encore un, et de réfléchir. Pourquoi cette attente ?

Il peut s’agir d’un problème logistique, purement mathématique. Il n’y a pas assez d’employés dans l’administration de la fac pour une demande importante. Donc un employé se partage davantage de clients, ce qui allonge l’attente de chacun selon un rapport de 2×3/X2 -∞.

C’est aussi un problème social : à l’heure de la crise et du chômage, ne devrait-on pas employer plus de secrétaires, de guichetiers et d’hôtesses de caisse ? Je laisse les problèmes de micro et macroéconomie à leurs analystes chevronnés.

A un niveau plus élevé d’interprétation, n’y a-t-il pas un sens philosophique à cette attente ? N’est-ce pas le concept de mérite qui arrive, couronné de lauriers, mais dédaigné par les files d’attente trépignantes ? Pour acquérir ce beau sandwich jambon-comté qui nous tend les bras, ne devons-nous pas le mériter ? Songer aux grains de blé durement moissonnés, épurés en farine, transformés en pain ? Et à ce sympathique cochon mort dans l’anonymat, pour offrir au consommateur indifférent sa tendre viande ? Quant à cette salade qui a le goût de papier, ne mérite-t-elle pas nos affectueuses pensées ? Dix minutes ne seront pas de trop.

Songeons-nous aussi aussi à ces ménagères qui, pendant l’Occupation, faisaient la queue dans le froid pour avoir quelque maigre viande pour nourrir leurs enfants ? Mais, me direz-vous, nous ne sommes plus en guerre, mais à l’ère de la société de consommation. Tout est à notre portée : en un geste du doigt sur la télécommande nous avons des images exclusives du Haut-Liban, et en quelques clics les adresses de maîtres verriers à Bourg-en-Bresse. A Paris même, si l’on souhaite une gravure Régence 12×18 ou un gilet gris à col noir en angora, des milliers de magasins agitent leurs enseignes.

Alors, ne râlons pas si le caissier met du temps à trouver le prix du melon cultivé dans le Vaucluse.

Le métro comme bain de culture – 18 octobre 2010

Après ce titre, vous vous imaginez déjà une longue réflexion sur la diversité culturelle des usagers du métro, avec l’image de gens de cinq continents se pressant dans les rames.

Eh bien non, il s’agit aujourd’hui de prendre conscience d’un fait précis. Le nom des stations de métro nous plonge dans un formidable bain culturel, à travers des siècles d’histoire, de grands personnages, de saints, de lieux et d’événements.

(Lire la suite…)

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