Les Carnets d'Imelda

14 avril 2010

Clarté portée

Publié par carnetsdimelda dans Architecture, Creations, Photographie

Ce n’est pas une ombre portée, mais bien la lumière d’un vitrail projetée sur le sol de l’église Saint-Nicolas à Blois que j’ai pu figer dans cette photographie.

Clarté portée dans Architecture p1050023i

.

13 avril 2010

Ave verum

Publié par carnetsdimelda dans Musique

Un chef-d’oeuvre de musique sacrée que cet Ave verum de Mozart, ici dans une interprétation d’Edward Higginbottom dirigeant le Choeur du New College d’Oxford.
Le texte est anonyme et date du XIVe siècle. Mozart composa ce motet le 17 juin 1791 pour la fête du Corps du Christ. De quarante-six mesures seulement, il est simplement écrit en sotto voce pour un chœur, des cordes et un orgue.

2 avril 2010

Un coeur intelligent

Publié par carnetsdimelda dans Ecrire, Litterature, Philosophie, Roman

Un essai d’Alain Finkielkraut (2009)

Cet épais volume gris a traîné quelques mois sur ma table de nuit, alors que j’en lisais régulièrement des extraits. Il faut dire que les neufs chapitres évoquent neuf romans différents, neufs projets de lecture, neufs réflexions variées et subtiles. En effet, le sujet évoqué par l’auteur est lui-même subtil : il s’agit de la littérature, considérée comme un art qui « mêle perpétuellement l’affect et le concept » et nous procure ainsi « un coeur intelligent ».

Philosophe et agrégé de lettres modernes, Alain Finkielkraut nous livre donc ici sa lecture de neuf romans du XXe siècle – sauf celui d’Henry James -, pour la plupart étrangers – hormis Le Premier Homme de Camus. Il n’est nul besoin de les avoir lus pour comprendre l’analyse qui en est faite, tant l’auteur les résume pertinemment.
Chacun permet à sa manière d’échapper à la bureaucratie (c’est-à-dire à l’intelligence fonctionnelle) et à l’idéologie (en tant que sentimentalité binaire), en évoquant l’ironie du destin, le trivial comme « dimension essentielle de l’existence », les méfaits du mal parfois déguisé en vertu, ou encore le silence et l’humour de Dieu.

Les cinq premières oeuvres s’inscrivent davantage dans le cadre politico-social : La Plaisanterie de Milan Kundera souligne la facticité du rire moderne par l’absence d’humour d’un régime communiste ; Tout passe de Vassili Grossman établit la cruauté du temps qui laisse demeurer la servitude et oublie la singularité des destins individuels ; Histoire d’un Allemand de Sebastian Haffner témoigne de l’illusion de l’ « encamaradement » nazi ; Le Premier Homme d’Albert Camus évoque la nécessité de l’enracinement familial ; enfin La tache de Philip Roth dénonce la tyrannie du « on » face à la « tache originelle » de chacun.

Les quatres dernières réflexions, plus brèves, s’adressent peut-être davantage à l’individualité de l’homme. Lord Jim de Joseph Conrad oppose l’imprévisible et l’inexact à la noblesse de l’idéal ; les Carnets du sous-sol de Fédor Dostoïevski parlent d’un homme incapable d’échapper à son amour-propre ; Washington Square d’Henry James témoigne du fait que la vérité pure n’est pas toujours aussi bénéfique que l’on croit ; Le Festin de Babette de Karen Blixen clot en évoquant magnifiquement la gratuité de l’art gastronomique.

Echappant au politiquement correct, Fikielkraut raconte des histoires qui brisent brillamment préjugés et clichés, tels que celui selon lequel il vaut mieux que tout se termine bien… Le style de cet essai, à la fois rigoureusement philosophique et délicatement littéraire, illustre l’affirmation de l’auteur que l’on peut retrouver ici dans un long entretien : « Le style n’est nullement un enjolivement, mais une qualité de la vision. » Et cela nous redonne envie de nous replonger dans une littérature qui nous fasse magnifiquement voyager dans l’intelligence de la condition humaine.

Un coeur intelligent dans Ecrire 9782234062597

30 mars 2010

Clafourire

Publié par carnetsdimelda dans Citations, Philosophie

« Le dessert nous fait oublier ce qu’avait d’indispensable, donc de sombre et de mortel, l’opération de manger : il nous réconcilie avec la vie dans ce qu’elle a de divin et fait rejaillir notre rire. C’est un châtiment des plus pesants que de laisser un enfant sans dessert : on le prive de la joie et du réconfort qui lui permet d’oublier ce qu’il a lui-même d’un petit animal. »

Alberto Savinio, Encyclopédie nouvelle.

29 mars 2010

Le Temps d’un week-end

Publié par carnetsdimelda dans Cinema, Psychologie

Un film de Martin Brest (1992)

Le temps d’un week-end, Charlie, étudiant désargenté, accepte de s’occuper d’un homme aveugle. Le lieutenant-colonel Frank Slade, autrefois brillant et aujourd’hui fort aigri, est cependant un homme imprévisible : il décide de partir avec son jeune compagnon passer les trois jours à New York. En réalité, il veut se fare une ultime tournée de plaisirs avant de se donner la mort…

Ce personnage, joué par un très brillant Al Pacino (qui reçut l’Oscar du meilleur acteur pour cette prestation), est bien paradoxal : la force de sa volonté cache une faiblesse profonde due à son dégoût de la vie. Ni les excellents dîners, ni les plaisirs charnels, ni la course en Ferrari, ne lui procureront une joie durable. Seul moment de grâce : un tango avec une timide jeune fille inconnue (la ravissante Gabrielle Anwar) qu’il a choisie pour la délicatesse de son parfum ; c’est ainsi en effet qu’il repère les femmes, d’où le nom du titre original : Scent of a Woman. Ce film est d’ailleurs le remake du film italien Parfum de femme de Dino Risi (1975), qui reste le meilleur paraît-il.

Quant au jeune Charlie (Chris O’Donnel, un peu trop amorphe à mon goût), il va s’attacher à l’aveugle en même temps qu’il est en proie à un délicat cas de conscience dans une affaire de discipline dans sa prépa. Tout en trouvant dans le vétéran bourru une attention paternelle, c’est lui qui va redonner à ce dernier une ou deux raisons de vivre, à la fois dérisoires et sincères.

La mise en scène, le rythme et les dialogues sont soignés, tandis que la musique de Thomas Newman – qui a également composé celle de The Horse Whisperer par exemple – contribue à créer une ambiance prenante.
Malgré une fin assez consensuelle et quelques propos un peu indiscrets, c’est une oeuvre intelligente et fine, à voir absolument !

Le Temps d'un week-end dans Cinema scentofawoman

29 mars 2010

Richesse faulknérienne

Publié par carnetsdimelda dans Litterature, Roman

De son roman, Requiem for a Nun, publié en 1951, voici quelques superbes lignes (traduites), qui évoquent la genèse d’un localité géographique nommée Jackson.

« Au commencement était déjà décidée l’existence de cette bosse arrondie, cette pustule dorée, dès avant et par-delà le clair-obscur fumant, miasme intemporel sans saison, sans hiver, non pas distinctement d’eau ni de terre ni de vie mais de tout cela ensemble, inextricable et indivisible, ce bouillonnement ce frai cette matrice unique, une seule tumescence furieuse, père-et-mère-en-un-seul, une seule immense éjaculation en incubation, fissionnant déjà dans un unique chaos bouillannant, fatras tombé du Céleste Etabli expérimental ; ce grouillonnement unique rampant et glissant, marquant de l’emprunte tridactyle de mastodonte, la couverture verte noyée de vapeur qui recouvrait le charbon et le pétrole à venir au-dessus desquels les têtes reptiliennes aux cerveaux minuscules s’inclinaient dans l’air ou battaient lourdement des ailes de cuir ; »

William Faulkner, romancier américain (1897-1962)

25 mars 2010

Tanguez

Publié par carnetsdimelda dans Musique

Voici un charmant petit tango qui se trouve entre autres dans la bande originale du film que je suis en train de regarder : Le Temps d’un week-end, de Martin Brest.
Ce célèbre tango a été composé à l’origine par Carlos Gardel en 1935 sur un texte d’Alfredo Le Pera.

A écouter ici.

25 mars 2010

Mots ou maux

Publié par carnetsdimelda dans Ecrire, Humour, Litterature, Mots

Insolites ou complexes, les mots s’ajoutent au dictionnaire singulier que le quidam possède, quelque part au seuil de son inconscient. En voici quelques-uns qui ont pris place dans le mien grâce à mes chers professeurs d’hypokhâgne et de khâgne… Souvent plus simples que ne semble le manifester leur orthographe !

Capillotracté (adjectif) : Tiré par les cheveux. Exemple : Cette explication est bien capillotractée…

Melliflu (adj) : Qui abonde en miel. Par extension, suave comme le miel. Ex : Des paroles melliflues.

Ultramarin (adj) : Relatif à l’outre-mer. Un habitant d’un DOM-TOM est un ultramarin. Ex. Tu es un ultramarin.

Hendiadyin (nom masc.) : Figure de style qui consiste à dissocier en deux éléments, coordonnés, une formulation qu’on aurait attendue normalement en une seule expression dans lequel l’un des éléments aurait été subordonné à l’autre. Ex. : Avec un sourire hardi, elle tendit une pièce et son poignet massif (Joyce).

Idiosyncrasique (adj) : Qui se rapporte à la réaction, au tempéramment, à la manière d’être de chaque individu. Ex. : Le caractère idiosyncrasique, singulier, unique de tel motif floral qu’on ne trouve nul part ailleurs sur cette terre !

Antépénultième (adj) : Avant-avant-dernier. Ex. L’antépénultième biscuit de cette boîte…

Hénaurme (adj) : Déformation plaisante de l’orthographe (souvent avec une modification exagérée de la prononciation) à sens hyperbolique, pour « énorme ». Ex. C’est hénauuuurme !

Homéothéleute (nom fém.) : En fait, c’est juste une rime, ou plus exactement, la répétition de de la même syllable finale. Ex. Eléphant. Catamaran.

A suivre…

24 mars 2010

Penser la peluche

Publié par carnetsdimelda dans Humour, Impressions, Petites reflexions, Psychologie

Ou comment se recontrèrent le monde des nounours et celui de la philosophie spéculative.

Qu’elles soient ours ou lapins, les peluches n’ont cessé de susciter des questions existentielles. En effet, ces animaux recouverts de peluche (une étoffe à longs poils soyeux et brillants) sont souvent très étranges. Qui peut avoir l’idée d’un éléphant rose ? D’un lapin habillé d’une salopette orange ? D’un souris plus grande que nature ? D’un ours qui semble non seulement inoffensif, mais gentil ? Voilà qui laisse plus que perplexe.
Plus encore, qu’est-ce qui fait qu’une peluche semble presque obligatoirement mignonne, sinon « craquante » ? (exemple ci-dessous)
Penser la peluche dans Humour oayo70uq

Qui, quand, où, pourquoi, comment, chez qui et jusqu’où la peluche ?
Nous nous bornerons à essayer de répondre au problème suivant : à quoi servent les peluches ?

Le mot vient du verbe en ancien français peluchier (« éplucher », « nettoyer des poils embrouillés »). On retrouve alors dans cet objet le désir de lisser un monde embrouillé, de faire de réalités âpres des mondes doux et caressants.
Nous avons remarqué que les animaux en peluche sont différents de ceux qui dans la réalité vivent, sauvages et cruels, consommateurs de chair fraîche. Comparez la photo ci-dessus avec celle-ci :

ours dans Impressions

La peluche est une sorte de représentation stylisée, qui simplifie et bonifie l’animal jusqu’à le rendre sétérotypairement câlin et velouté. Les formes s’arrondissent, le corps raccourcit jusqu’à ce que que le tronc reste surtout symbolique (rappelez-vous les peluches « Diddle »). Bien sûr, le poil est plus ouaté. Et surtout, dans bien des cas, l’ours qui pèse 100 à 300 kilos dans la réalité ne fait plus que quelques centaines de grammes. Il est tout petit. Et ce qui est petit est bien souvent plus mignon. En témoigne le fait que lorsqu’on dit « ma petite maman », par exemple, le mot « petit » perd son sens propre et devient un terme hypocoristique (c’est-à-dire, en linguistique : qui exprime l’affection).

Ainsi, plus petit, l’animal fait moins peur. L’éléphant rose aussi. Le monde étranger et effrayant est apprivoisé, adapté à la taille de l’enfant qui en fait son doudou et joue avec lui. Les autres fonctions de la peluche étant, à ma connaissance, celui d’être une mascotte porte-bonheur (sportive par exemple), ou de servir de décoration. Sa valeur est donc essentiellement symbolique – et si possible esthétique.

En guise de cerise sur le gâteau, ou de doublure en velours sur l’oreille du lapin, nous vous proposons quelques images de peluches tout simplement délicieuses.

pf_480_480_63005_055074400-904430186 dans Petites reflexions

E-peluche_lapin-663039%3Bmaxh=260,maxw=280 dans Psychologie

maigrir-elephant

223_l

PS : Cette idée d’article m’est venue après être tombée en extase hier devant un petit nounours tombé sous le lit d’une fillette de 5 ans. Que la vie est belle, si on en prend un tout petit peu la peine (et si on le peut).

17 mars 2010

Contre Epinalos

Publié par carnetsdimelda dans Impressions, Petits ecrits imeldiens

Une bâtisse baroque s’assombrissait par touches, comme si une mantille se posait lentement sur ses pinacles sculptés. Un parfum d’eucalyptus se distillait le long des murets où le granit se disputait à l’argile. Rien n’était pauvre ou riche, gai ou triste, mais une étrange et exaltée conjonction des deux se dessinait aussi imperceptible que vive.
Point de robe rouge ni de guitare, seuls des gens vivant paisibles et soucieux, loin des clichés, proches du temps. Les portes des maisons aux rues étroites s’ouvraient et se fermaient. Un bus passa. L’éphémère touchait à l’éternel, sans se réduire aux contours géographiques, à la péninsule multiséculaire, aux cartes postales folkloriques. « Le lyrisme de la tradition se mêlait indistinctement à la post-modernité. »
Mélange espagnol où le claquement des castagnettes accompagnait de plus en plus discrets des éveils, sous un éblouissant soleil.

17-III-2010

1...1516171819...21

DanceMusicNews |
marc marilyn manson |
Metallica up your ass |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | La vérité est ailleurs vers...
| Haute Tension
| aaron57