Les Carnets d'Imelda

4 juin 2010

Inventaire au parc de Versailles

Publié par carnetsdimelda dans Impressions

Profitant d’un cours d’anglais supprimé et du lâche abandon de mes amies, qui en cours espagnol, qui en week-end, j’ai dirigé mes pas vers le plus grand château du monde qui se trouve au bout de ma rue…

Adossée à un des vieux tilleuls taillés et alignés au bord du Grand Canal, je remarque le contraste violent, par cette journée de grand soleil, entre les pelouses vivement vertes et l’ombre digne d’un sous-bois, dès qu’on quitte le domaine d’investigation de Phoebus. Une petite fille blonde, parlant anglais, juchée sur le dos de son frère, crie, effrayée et ravie à la fois. Des canards filent volant à la surface de l’eau. Des groupes scolaires, amassés sur les seules zones d’ombre, suscitent un brouhaha un rien trop bruyant. Le crissement de roues de vélo derrière moi. Bourdonnement de moucherons et de guêpes. Des touristes allemands passent. Un avion aussi, si loin dans le ciel. J’entends des enfants meuglant : « Achetez des rillettes, achetez des rillettes ! » Quelques nuages gris-blancs, presques semblables les uns aux autres, sont suspendus dans le ciel digne d’un plafond en trompe-l’oeil du palais. Le gazouillis des oiseaux. Plus proche, le murmure de visiteurs assis comme moi. Une jeune fille en jean et polo blanc lit non loin. Un brise tiède caresse la peau, par vagues. Un papa joue accroupi dans l’herbe avec sa petite fille de d’un an coiffée d’un bob.

Tout à l’heure, évoluant parmi le labyrinthe des bosquets, je me suis perdue. Ou plus précisément, j’ai débouché sur un endroit que je ne connaissais pas : entre d’autres bosquets, et même des sapins, une sorte de clairière rectangulaire couverte de pelouse. Quelques jeunes, peut-être familiers de l’endroit, y paressaient. Mais je ne savais où diriger mes pas. Heureusement, levant mon regard éperdu (ou pas), je vis la flèche de la chapelle royale, sur ma droite. Les cloches de l’angélus se mirent alors à sonner.

De l’autre côté du Canal, si bleu par ce ciel, je vois des coureurs, motivés. Derrière moi, une promeneuse dit à son amie : « J’attends ma paie, et j’achète… » Je ne saurai jamais ce qu’elle achètera. Des ballons de baudruche ? Un dictionnaire latin ? Qu’importe au fond, puisque des vaguelettes scintillent sous le souffle de la brise. L’herbe et surtout les graminées, me piquent légèrement. La petite fille anglaise essaie d’attraper les feuilles du tilleul qui tombent, encore vertes. Plus loin, des lycéennes en short débattent sur la décision de s’asseoir à l’ombre ou au soleil. L’orthogonalité du Grand Canal cruciforme est frappante. Un couple âgé arrive avec une glacière. Chaude, une odeur d’herbe frappe mes narines.

Remontant vers le château qui nous surplombe, je rencontre des gens aussi différents que : deux mères de famille à vélo, qui disent :  »C’était le moment où Promod faisait des pantalons très larges. » « Oui, des pantalons de marin quoi. » ; des touristes japonais (quand même) avec appareil photo et Ray-Ban ; une jeune fille grattant quelques accords sur sa guitare au milieu de ses amies ; une vieille dame avec un chapeau de paille violet ; deux mamans qui discutent, avec, spectacle touchant de bonté maternelle, une petite fille entre les deux mangeant une crêpe elle-même soutenue par la maman de gauche ; un petit garçon brun bouclé, pas plus de trois ans, qui pousse la poussette de sa petite soeur ; des touristes étrangers en petites voitures ouvertes louées par le domaine ; une atmosphère insouciante, estivale, plus dense à mesure qu’on se rapproche du point central qu’est le château ; Cléopâtre en marbre blanc qui gémit sur son socle ; une jeune Anglaise en minishort disant « Oh my God », avec l’accentuation britannique qui donne l’impression de paroles toujours dites avec vivacité ; un cygne au cou grisâtre qui donne de petits coups de tête ; une poussette (encore) avec nacelles superposées, admirable innovation technique ; un homme qui presse des oranges à l’entrée d’un bosquet ; des retraités qui partagent sur un banc olives, tomates cerise et jambon cru ; des soldats grecs sur un grand pot en marbre blanc ; un camaïeu de verts, de rouge et de blanc en jetant un regard sur le parterre de Latone ; une jeune femme qui se fait photographier avec sourire crispé ; un homme d’affaire qui, mourant de chaud, a retiré sa veste ; un homme avec une trotinette sur l’épaule ! Une institutrice qui demande à ses élèves : « Quelqu’un a encore faim ? Il reste un bout de sandwich… » Une femme en sari à rayures rouges et orange. Des hommes du service d’ordre du Domaine. Et, lorsque l’on se retourne place d’Armes, le gris ardoise des toits blanchissant au soleil, le sable clair et la récente redodure des grilles, donnent une impression de vive lumière.

Un parc peut être un résumé de la comédie humaine, tout comme un chouette endroit pour lire au soleil.

3 juin 2010

Les langages de l’amour

Publié par carnetsdimelda dans Psychologie

Drôle de titre, non ? Va-t-on vous servir la recette efficace et définitive pour réussir vos relations, du style Comment se faire des amis, le best-seller de Dale Carnegie ?

En fait, non. Il s’agit pourtant ici d’évoquer le contenu d’un livre écrit par un Américain, Gary Chapman, dont le titre est celui de cet article. Cet ouvrage (qui en soi n’invente rien…) m’a vraiment convaincue, aussi pensé-je qu’il pourra vous éclairer également. Cet ouvrage à l’intérêt de montrer que chaque individu a un langage d’amour différent, et que la dégradation de beaucoup de relations, conjugales mais aussi amicales ou filiales, tient au fait que chacun parle son propre langage d’amour en croyant que l’autre possède le même ; cela résulate alors sur une baisse voire une disparition du sentiment d’être aimé, et donc une mésentente. En effet, les recherches montrent que le sentiment d’être aimé est le besoin le plus fondamental en l’homme, celui qui le rend le plus heureux.

Prenons un exemple. Jacqueline se plaint que son époux Jacques ne l’aime pas, puisqu’il ne prend jamais le temps de s’arrêter et de discuter avec elle au calme. Jacques hallucine : elle ne voit donc pas tout ce qu’il fait pour elle, par son activité professionnelle afin qu’elle ait assez d’argent, mais aussi tous les travaux et services qu’il réalise à la maison… Le problème est qu’ils ne parlent pas le même langage d’amour : Jacqueline possède celui des moments de qualité, et Jacques, celui des services rendus. Tous deux veulent montrer leur amour et se sentir aimés, mais ne parlent pas la même langue.

Mais cela vaut également pour les enfants. Si un enfant a besoin de passer beaucoup de temps avec ses parents pour se sentir aimé et qu’il n’en est pas ainsi, cela pourra nuire à son épanouissement.

Ainsi existent cinq langages d’amour :

- Les paroles valorisantes. Celles qui encouragent. Celles qui disent qu’on aime l’autre. Celles qui sont humbles, admiratives ou reconnaissantes. « Ta robe te va très bien. » « J’apprécie beaucoup que tu aies lavé la vaisselle ce soir. » « Peux-tu faire la tarte que tu réussis si bien ? » « Tu es un ami précieux. » (Et à votre fils qui a fait un dessin horrible) : « Oh ! Comme c’est joli ! »

- Les moments de qualité. Le fait d’être ensemble et de prêter une pleine attention à l’autre. Pas regarder de la télévision sur le même canapé ! Mais aller au restaurant. Se promener au bord d’une rivière en cueillant des marguerites. Jouer à la poupée avec votre fille. Partir en week-end à la montagne ensemble. Faire une activité commune. Passer juste dix minutes à discuter. Ne pas oublier de prêter attention aux sentiments de l’autre (déception, colère, inquiétude…).

- Les cadeaux. Onéreux ou ne coûtant rien, l’important est la charge affective qu’ils portent. Un bouquet de fleur à votre maman, une carte à un euro à votre meilleur ami, une photo à un autre, des bonbons à votre fille, suffisent. Certaines personnes sont très sensibles aux cadeaux, d’autres pas du tout – il en est ainsi pour chaque langage d’amour.

- Les services rendus. Proposer de faire les courses à votre épouse, aider une amie à transporter ses bagages jusqu’à la gare, tondre la pelouse de la propriété familiale, se demander ce que en quoi votre papa aimerait être aidé…

- Le toucher physique. Faire un gros câlin à sa petite soeur. Faire la bise à une amie alors qu’on n’aime pas le faire. Poser la main sur l’épaule d’un ami déprimé.

Bien sûr, certaines personnes qui parlent le même langage d’amour ne parleront pas le même dialecte. Ainsi, pour deux conjoints pour qui le langage principal consiste dans les services rendus, chacun n’attendra pas forcément la même chose de l’autre : Marc se sentira aimé par Marie uniquement si elle fait les lits et donne le bain au bébé, et Marie se sentira aimée par Marc uniquement s’il lave la voiture et passe l’aspirateur. C’est exactement comme cela qu’ils se sentiront soutenus et entourés.

Question finale : comment découvrir son langage d’amour ? Posez-vous ces question : qu’attendez-vous des autres ? Qu’est-ce qui vous donne le plus le sentiment d’être aimé ? Les compliments ou les accolades ? Qu’est-ce qui au contraire vous blesse le plus profondément ? Qu’on vous laisse tout faire, ou qu’on oublie votre cadeau d’anniversaire ?

Bien sûr, chacun n’a souvent pas un seul langage d’amour, mais plusieurs qui le touchent davantage. Il suffit de hiérarchiser les langages par lesquels on se sent aimé.

Et pour connaître le langage d’amour d’autrui ? Observez l’occasion il est le plus ému par le langage d’amour que vous lui prodiguez. Par ailleurs, on parle souvent le langage d’amour qu’on aimerait recevoir. La personne en face réclame-t-elle des paroles d’encouragements ? C’est que c’est important pour elle. Rend-elle sans cesse service ? C’est sans doute qu’elle attend la même chose de votre part.

Voilà, tout cela est à prendre, comme tout schéma de psychologie, avec le recul que nécessite la singularité de chaque personne humaine ! Pourtant cela peut, je pense, réellement nous éclairer.

31 mai 2010

Musique italienne – Monteverdi

Publié par carnetsdimelda dans Musique, Opéra, Peinture

Cette fois, découvrons ou redécouvrons ce qui est considéré comme le premier grand opéra moderne : l’Orfeo de Monteverdi (1567-1643), joué pour la première fois à Mantoue en 1607.

Vous connaissez sans doute l’histoire d’Orphée, cet homme qui va rechercher aux enfers sa femme Eurydice, et dont le chant réussit à émouvoir les dieux, les hommes et même les rochers.

Ici, au début de l’acte II, après son mariage et avant d’apprendre que sa femme a été mordue par un serpent, Orphée se promène dans la forêt. Les nymphes et les bergers l’appellent et lui demandent de chanter. A écouter ici.

 Ecco pur ch’a voi ritorno, / Care selve e piaggie amate, / Da quel sol fatte beate / Per cui sol mie notti han giorno.

Voici que je reviens à vous, / Chères forêts et prairies bien aimées, / Egayées du même soleil / Qui transforme mes nuits en jours.

Si cela vous intéresse, ici se trouve le livret de l’opéra. Et ci-dessous, même si ce n’est pas vraiment la même époque, Orphée ramenant Eurydice des enfers peint par Camille Corot. Une ambiance mythologique et onirique à savourer pour elle-même, comme pour son caractère fondateur, ne serait-ce que dans l’histoire de la poésie.

Musique italienne - Monteverdi dans Musique medium_Corot_Orphee_ramenant_Eurydice_des_enfers

 

31 mai 2010

L’illusion des enseignements généraux

Publié par carnetsdimelda dans Actualité, Politique

Une fois n’est pas coutume, évoquons un thème d’actualité, à l’occasion de la réforme des lycées : celui de l’impasse que représentent parfois les filières générales des lycées, mais surtout les études universitaires. Celles-ci sont considérées comme incontournables, alors que 20% environ des intelligences n’y sont pas destinées, car celles-ci sont déductives et non inductives. Elles seraient donc à même de s’exercer dans des domaines plus techniques, ou en tout cas moins généraux et moins abstraits. Parallèlement, on estime à 20% les personnes susceptibles d’être vraiment très à l’aise dans l’enseignement général classique. (1)

Analyse de Pierre Perrier, membre fondateur de l’Académie des technologies.

 » N’est-ce pas une bonne chose que de chercher à élever le niveau culturel des jeunes, quelle que soit leur filière ?

La culture générale est vendue comme si c’était un produit merveilleux. Mais ce n’est plus vrai. Cela l’a été dans un schéma sélectif qu’il a été naïf de vouloir étendre à 80 % de la population où cette culture n’est pas présente. Il a aussi été illusoire de trouver le nombre suffisant de professeurs de grande culture susceptibles de la transmettre.

Cette idée vient des Lumières et des doctrines égalitaires affirmant que tous les enfants seraient doués par nature pour cette culture. Pourtant, comme à l’époque de Saint-Simon, les jeunes d’une génération qui sont appelés à être des lumières restent un petit nombre de personnes. Aujourd’hui, la production littéraire est pléthorique, mais une majorité de romans s’avèrent inintéressants, ­tournés vers le moi. Ce n’est pas cela, la culture. Cela ne fait pas avancer la Cité.

La capacité à entrer dans la culture générale n’a rien à voir avec le fait de baigner dans un bouillon de culture, une espèce de modèle bourgeois 1900. Nous commettons une erreur profonde sur ce qui est proposé aux jeunes, qui finissent tous par se considérer comme des intellectuels. Les faux intellectuels font des gens aigris. Il y a d’autres choses plus épanouissantes dans la vie.

Nous sommes donc très loin du combat pour la culture classique et les humanités. Cette pseudo-culture dont on parle aujourd’hui est purement conceptuelle et déductive, consistant à enseigner comment il faut regarder le réel.

Qu’il y ait besoin de quelques universitaires pour faire de la philosophie des concepts, je veux bien. Mais le problème majeur qui se pose à nous est de regarder le réel tel qu’il est. (…)

Montés en bac + n, les cadres de l’Éducation nationale ne veulent plus enseigner les métiers concrets. En BTS, dans les lycées professionnels, où il y a un travail concret à faire, on ne trouve plus de profs qui savent l’enseigner. L’art de fabriquer du béton ? Ces profs sortent de la fac en sachant faire des équations et définir ce qu’est le béton, sans jamais avoir eu une truelle en main ! À Paris, vous avez un marché énorme pour modifier les maisons anciennes et créer des économies d’énergie. C’est un travail passionnant et compliqué qui mêle architecture et techniques d’isolation : aucun lycée technique n’enseigne ça dans la capitale !

En fait, il existe de bons professionnels qui seraient très contents d’enseigner. Mais ils n’ont pas le fameux bac + n requis par l’administration scolaire. Ils pourraient très bien obtenir le grade avec un dispositif qui a fait ses preuve : la validation des acquis de l’expérience (VAE), mais la technologie est le seul domaine où ce n’est pas possible ! Dans le système français, on considère que le bac + n est la meilleure formation pour enseigner. L’Éducation nationale refuse d’embaucher des profs concrets. Le processus de Bologne parle de niveau de formation, pas de bac + n.  »

Lu dans l’hebdomadaire Famille chrétienne n°1685 (1er mai 2010)

(1) Chiffre cité par Jean-Philippe Buchet, directeur de l’école La Mache à Lyon, dans le même numéro.

28 mai 2010

Rhétorique…

Publié par carnetsdimelda dans Humour, Mots, Politique

Rhétorique... dans Humour cours-langue-bois-ena

Ce site affirme que ce cours de l’ENA est véridique.

 

26 mai 2010

Onegin

Publié par carnetsdimelda dans Cinema, Litterature

Un film de Martha Fiennes (1999)

Interprétation du roman en vers Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine, ce long-métrage redessine le destin d’un jeune aristocrate désenchanté des années 1820 , qui s’ennuie de la ville comme de la campagne. Dans le voisinage d’une maison qu’il vient d’hériter non loin de Saint-Péterbourg, il fait la connaissance d’un jeune poète romantique, Lenski. Ce dernier est amoureux d’une jeune fille, Olga, dont la grande soeur Tatiana - nourrie d’auteurs romantiques - ne reste pas indifférente au charme d’Onéguine. Elle lui envoie même une lettre enflammée. Cependant, il la repousse au motif qu’il ne la rendra pas heureuse. Plus, il courtise Olga. Lenski provoque alors Eugène en duel, et y est tué.

Six années passent. De retour de voyage, Onéguine rencontre Tatiana à un bal à Saint-Pétersbourg, et tombe sous son charme. Mais elle est maintenant mariée à un général, et refuse de tromper son époux.

L’acteur Ralph Fiennes (frère de la réalisatrice) joue avec aisance ce personnage de dandy emprisonné par son personnage, qui dit à Tatiana avouant son amour : « Je n’ai nul désir d’être sauvé de moi-même. » Et, bien plus tard, une fois à genoux devant elle, anéanti par sa passion, il implore : »Sauvez-moi. » L’amour-propre s’est effacé devant l’amour, celui qui se baisse les armes et met à nu. Mais il arrive trop tard pour s’épanouir…

Ce parallélisme qui met en évidence la chute de l’orgueil est finement dessiné, lorsque Tatiana (Liv Tyler, ravissante et aérienne) repousse Onéguine à la fin du film : « Que croyez-vous entrevoir ? Votre heure de gloire ? Un bref scandale ? » ; elle fait ainsi écho au refus du dandy , lui qui, quelques années auparavant et la lettre de déclaration de Tatiana entre les mains, persiflait : « Voyez-vous où cela nous mène ? A une déclaration, un baiser… un mariage, une famille… des obligations, l’ennui… l’adultère. Est-ce là une existence que vous souhaitez ? »

Onegin dans Cinema onegin_ralph

La photographie et la musique se font alors sobres, jusqu’au tragique, et créant une atmosphère un peu irréelle, onirique, à l’image d’un certain romantisme, et en même temps suivant une esthétique très contemporaine. Quelques audaces de mises en scène en témoignent, telles que l’aphonie de la bande son lorsque la soeur de Tatiana apprend que son amant a été tué en duel, témoignant ainsi que la douleur rend sourd. Diverses séquences que je qualifierais d’ »impressionnistes ». La réalisatrice évite ainsi une certaine mièvrerie, tout en conservant la délicatesse et l’élégance de l’évocation de cette histoire.

Ce film américano-britannique ne parvient cependant pas tout à fait, à mon goût, à restituer le paysage social et psychologique de la haute société pétersbourgeoise des années 1820. Les acteurs n’ont pas vraiment le type slave ; de plus, les lettres sont rédigées non en russe, mais en anglais – notons au passage que le dernier chic dans ce milieu était de placer quelques mots de français au détour des conversations.

Ce sera pour ainsi dire ma seule critique négative à ce très beau film.

Post Scriptum. Ce qui peut finalement impressionner le plus le spectateur, c’est de savoir que Pouchkine mourut – en 1837 – à peu près dans les mêmes conditions que Lenski : dans un duel contre un dandy qui avait séduit sa femme. Mieux encore, le compositeur Tchaïkovski, ayant lu Eugène Onéguine, ne repoussa pas une de ses anciennes élèves qui lui avait déclaré sa flamme, par peur de finir, comme Onéguine, rongé de remords. Malheureusement, son mariage fut un échec – il était homosexuel. L’année de cet union, il tira de Eugène Onéguine un opéra éponyme.

21 mai 2010

Musique italienne – Gabrieli

Publié par carnetsdimelda dans Musique, Peinture, Voyages

Continuons à découvrir les grands de la musique italienne avec Giovanni Gabrieli (1557-1612). Il fut titulaire de l’orgue de la basilique Saint-Marc de Venise à partir de 1586, succédant ainsi à son oncle Andrea Gabrieli, également compositeur.

Il est considéré comme une figure importante de la transition entre musique de la  Renaissance et musique baroque : débuts d’utilisation de la basse continue, premières utilisations de nuances.

A écouter ici, sa Canzon duodecimi toni a 10 interprétée par le London Brass. Majestueuse et claire, comme cette peinture que fit de lui Annibale Carracci.

Musique italienne - Gabrieli dans Musique IVN_Giovanni_Gabrieli_4 

15 mai 2010

Les amaretti

Publié par carnetsdimelda dans Gastronomie, Voyages

Dans le cadre de notre voyage italien, voici une recette de délicieux petits biscuits aux amandes, qui sont connus comme étant le macaron italien. Je l’ai testée hier pour vous.

2 blancs d’oeufs. 150 g de sucre. 250 g d’amandes. Un sachet de sucre vanillé. Quelques cuillères de sucre glace.

Préchauffer le four à 160°C. Battre les blancs d’oeufs en neige. Ajouter le sucre et mélanger délicatement. Ajoutez les amandes en poudre et le sucre vanillé. Mélanger toujours délicatement. Mettre du papier sulfurisé sur la plaque du four. A l’aide de deux cuillères à café, faire de petits tas de pâte de la grosseur d’une noix, espacés de 4 cm. Saupoudrer légèrement de sucre glace. Laisser cuire 25 minutes. A conserver dans une boîte hermétique.

On peut parfumer, plutôt qu’à la vanille, au jus de citron ou à la cannelle.

 Les amaretti dans Gastronomie amaretti

14 mai 2010

Musique italienne – Palestrina

Publié par carnetsdimelda dans Musique

Dans le but d’étoffer un peu l’image virtuelle que vous avez de la péninsule, nous allons effectuer un petit voyage dans l’histoire de la musique italienne.

Sachons d’abord que c’est en Italie que fut inventée la notation musicale : au XIe siècle, le bénédictin Guido d’Arezzo fixa le nom des notes à partir des syllabes initiales des six premiers vers de l’hymne à Saint Jean Baptiste :

UT queant laxis REsonare fibris  MIra gestorum FAmuli tuorum    SOLve polluti LAbii reatum    Sancte Iohannes.

L’Ut se transforma en « do » au XVIIe siècle.

Nous pouvons évoquer un compositeur du XVIe siècle, Giovanni Pierluigi da Palestrina, dont l’oeuvre très féconde fut essentiellement religieuse. Admirons la beauté de ces polyphonies vocales dans l’une des 105 messes qu’il écrivit : ici, le Kyrie de la Missa Tu es Petrus, interprété par le choeur dirigé par Gerhard Schmidt-Gaden.

Petite note géographique : Palestrina ne vivait pas en Italie (nation depuis 1861 seulement) mais dans les Etats pontificaux, près de Rome.

14 mai 2010

L’art de broder (2)

Publié par carnetsdimelda dans Creations

Cette fois il ne s’agira pas de philosopher sur la symbolique de l’action brodesque (ou brodatoire, ou brodationnalisable), mais beaucoup plus simplement, de ne rien dire. Silence. Aaah.

L'art de broder (2) dans Creations p1050212

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