Les Carnets d'Imelda

10 février 2012

Faire entrer le soleil

Publié par carnetsdimelda dans Cinema, Musique, Psychologie

Sorti en 2011, le film de Philippe Claudel Tous le soleils évoque avec finesse un homme veuf qui peine à se remettre en question, alors que sa fille découvre les émois amoureux. Une jolie peinture familiale et sociale.

Alessandro (Stefano Accorsi) est Italien et professeur de musique à l’université de Strasbourg. Ses relations avec sa fille Irina deviennent peu à peu conflictuelles. Quant à son frère qui vit avec eux, il est anarchiste et vit en robe de chambre, affirmant que l’Italie de Berlusconi n’est plus une démocratie. Ayant perdu sa femme il y a quinze ans, Alessandro peine à faire son deuil et à reconstruire sa vie amoureuse.

La comédie de Philippe Claudel parle avec légèreté de sujets graves. Comment laisser ses enfants grandir, tout en veillant sur eux ? Comment laisser entrer quelqu’un dans sa vie, sans se protéger avec son passé et ses habitudes ? On perçoitl’héritage des films français, avec l’apparition fugitive des défunts enfin à leur place, comme dans Ponette de Jacques Doillon (1996). Et toujours ce côté minimaliste. Strasbourg y est filmé en été, ce qui lui donne des airs quasi méditerranéens. Une touchante histoire.

Faire entrer le soleil dans Cinema

5 février 2012

Incantations cosmiques

Publié par carnetsdimelda dans 2 mois à Strasbourg, Chanson, Musique

Peut-on chanter le feu, l’eau, la terre, l’air ? C’est ce qu’a fait l’ensemble vocal féminin Plurielles, vendredi 3 février. Cet ensemble strasbourgeois  a interprété diverses compositions du XXe siècle – de Poulenc, Holst ou Rachmaninov - évoquant et invoquant les vibrations du monde.

Dans l’église protestante Saint-Guillaume de Strasbourg, une trentaine de femmes de tous âges s’alignent. Le lieu est sobre - fenêtres longilignes, mais orgue immense et chaire dorée. Leurs regards des choristes se concentrent sur leur jeune chef de choeur, Jean-Philippe Billmann. La pianiste, Vérène Rimlinger, ébauche quelques notes cristallines ; elle travaille à l’Opéra national du Rhin (place Broglie à Strasbourg).

Vêtues de robes noires et ceintures oranges, les femmes aux voix argentées commencent par invoquer le feu, avec l’Hymn to the Dawn (Hymne à l’aube) de Gustav Holst, compositeur anglais mort en 1936. La lumière coulant sur les visages lisses ou ridés des chanteuses devient orange. Puis blanche lorsque c’est l’eau qu’évoque Sur la mer de Vincent d’Indy.

Pour la terre, c’est la surprenante Mouth Music de Dolores Keane and John Faulkner qui éclate. Les choristes simulent la pluie et l’orage par claquements de doigts et de talons, ce bruitage que font certaines chorales comme celle-ci. Lune d’avril de Poulenc, Angyel de Rachmaninov… Une belle occasion de montrer combien le corps humain est à même d’imiter et d’incanter la matrice terre.

Incantations cosmiques dans 2 mois à Strasbourg plurielles

 

16 janvier 2012

Une année florissante

Publié par carnetsdimelda dans Litterature, Musique, Opéra

Imelda est de retour pour vous souhaiter une très heureuse année 2012, riche en découvertes culturelles mais aussi et surtout en rencontres et partages !

Commencer l’année avec un opéra de Marc-Antoine Charpentier est bien le « must ». La Descente d’Orphée aux enfers, composée en 1686 pour les musiciens de Mademoiselle de Guise, est un opéra de chambre en deux actes. Le livret, d’un auteur anonyme, reprend le mythe d’Orphée évoqué dans les Métamorphoses d’Ovide. Chacun connaît l’histoire : Orphée perd son épouse Eurydice et part la rechercher aux enfers. Mais dans la version de Charpentier, il parvient avec l’aide de Proserpine, la femme de Pluton, à ramener sa femme sans plus d’épreuve.

L’interprétation des Arts Florissants est remarquable ; cet ensemble français fondé par William Christie en 1979 et qui a initié le récent renouveau de la musique baroque. Sous la baguette de Jonathan Cohen, le petit orchestre baroque (avec des instruments tels que la viole de gambe, la flûte à bec ou le luth) accompagne des solistes éblouissants. La mise en scène, minimaliste, n’exclut pas une certaine fantaisie, et un soupçon de magnifique danse baroque.

Des extraits ici (le mariage d’Eurydice) et  (après sa mort), témoignent de la vivacité et de l’émotion que comporte un tel spectacle.

L’Opéra royal de Versailles, inauguré à la fin du règne de Louis XV en 1770, est un véritable écrin pour cette prestation. Dans la représentation qui s’y tenait le vendredi 13 janvier (jour de chance), il était suivi d’un autre mythe ovidien, Vénus et Adonis de John Blow. A défaut d’avoir pu voir La Descente d’Orphée aux enfers, il est bien sûr possible de l’écouter en achetant le CD ici. Réjouissant.

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10 décembre 2011

Paganini le Capricieux

Publié par carnetsdimelda dans Histoire, Musique

Série sur les compositeurs italiens

Paganini le Capricieux  dans Histoire paganini

Depuis le 1er décembre, un violoncelle Stradivarius de 1707 est mis aux enchères : le « Paganini-Comtesse de Stainlein ». Niccolo Paganini (1782-1840) a donc possédé cet instrument. Violoniste et compositeur italien, il a révolutionné la pratique du violon à l’aube du romantisme.

Naissance à Gênes et mort à Nice, Paganini se distingue de ses confrères par ses compositions instrumentales, alors que l’opéra envahit le champ musical italien. En tournée de concerts dès l’âge de quinze ans, il dépasse déjà ses maîtres qui n’ont plus rien à lui apprendre techniquement.

Il déploie en effet de nouveaux moyens pour créer des sons de violon, par exemple le mélange de pizzicato (pincement des cordes avec les doigts) et d’arco (frottement des cordes de l’archet).

Paganini avait en fait une sorte d’heureux handicap : il souffrait probablement du syndrome de Marfan, c’est-à-dire que ses ligaments se tendaient beaucoup plus que la normale. Ses mains étaient d’une extensibilité hors normes. Son oeuvre la plus connue, les Vingt-quatre Caprices pour violon solo, a été déclarée injouable par de nombreux artistes du XIXe siècle.

Ecoutons ici le 24e de ces caprices dans l’interprétation d’Alexander Markov. Brahms essaya de transposer au piano cette 24e variation (ici). L’influence de Paganini va jusqu’à la réalisation du film Kinski Paganini, par l’allemand Klaus Kinski en 1989. Balzac avait donc raison, quand il évoquait dans L’Interdiction (1839) la « puissance magnétiquement communicative » de Paganini.

 

25 octobre 2011

Lorenzo Da Ponte, plume de Mozart

Publié par carnetsdimelda dans Litterature, Musique, Opéra

Dans notre série sur les compositeurs italiens – le dernier, Viotti (1755-1824), vous a laissé un souvenir impérissable -, nous avons pu prendre conscience de la mobilité européenne de ces artistes, à la fin du XVIIIe siècle. La Cour de Versailles ou de Vienne était pour eux un espace béni où exercer leur art.

Lorenzo Da Ponte (1749-1838) est de ceux-là. Né en Vénétie, il s’établit à Vienne à l’âge de trente-deux ans, sous la protection de Joseph II – le fils de l’impératrice Marie-Thérèse. Comme il est avant tout poète, on le charge d’écrire les livrets (c’est-à-dire le texte) du nouvel opéra italien, très en vogue à cet époque. Il écrit pour Salieri mais aussi et surtout pour Mozart. Le Nozze di Figaro (1786), c’est lui ! Don Giovanni, c’est lui ! Cosi fan tutte, c’est encore lui ! Il s’est inspiré respectivement du texte de Beaumarchais, du mythe de Don Juan, et probablement d’un fait divers à Vienne pour Cosi fan tutte.

A la mort de l’empereur Joseph II en 1790, il commence un périple à Prague, Dresde, Londres – où il écrit pour une compagnie d’opéra italienne -, et même l’Amérique du Nord, accompagné de sa femme Nancy. Il s’essaie au commerce du tabac, avant de pouvoir donner des cours d’italien au Columbia College de New York. En 1826, il organise à New York la première américaine de Don Giovanni, avec le concours de la Malibran.

On peut lire la vie de Lorenzo Da Ponte dans ses Mémoires, qu’il écrivit à l’âge de 81 ans. Elles ont été rééditées au Mercure de France récemment. Il n’a pu s’empêcher d’embellir le récit ; difficile de ne pas le faire, quand on a écrit des opéras, non ? De quoi donner envie de réécouter, livret en main, les grandes oeuvres que Mozart a composées.

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23 juillet 2011

Viotti le violoniste

Publié par carnetsdimelda dans Histoire, Musique, Opéra

Dans notre série sur les musiciens italiens, nous avons redécouvert récemment Paisiello (1740-1816) et Salieri (1750-1825). Ils ne furent pas les seuls à travailler en dehors de la péninsule. Le Piémontais Giovanni Battista Viotti (1755-1824) voyagea lui aussi dans toute l’Europe.

Viotti ? Quel est cet inconnu ? Marcello Viotti peut-être, chef d’orchestre suisse mort en 2005 ? Non, certes. Giovanni Battista (Jean-Baptiste, quoi) Viotti fut d’abord membre de la Chapelle royale de Turin, en 1775. A partir de 1782, il habita Paris ; il fut même accompagnateur de Marie-Antoinette. Il fonda le Théâtre de Monsieur en 1788, où furent produits opéras français et italiens. Au moment de la Révolution, le fuyard déménagea à Londres – pour chômage technique. De retour en France, il fit commerce de vins ; l’artiste y échoua. Il travailla à l’Opéra de Paris de 1819 à 1821.

Viotti est connu (de vous, maintenant, mais pas seulement) pour son talent de violoniste ; il apporta beaucoup au répertoire du violon avec ses 29 excellents concertos pour violon, dans le style du classicisme de son époque. Le plus connu est le Concerto n°22 en si mineur, dont vous pouvez écouter le mouvement Agitato ici dans une interprétation de Fulvio Luciani. Un jeu impressionnant ! Brahms s’en inspira dans son Double Concerto en la mineur opus 102, à écouter absolument lui aussi.

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19 juin 2011

L’hiver de vive voix

Publié par carnetsdimelda dans Creations, Musique

Ecouter l’ensemble vocal Accentus sous la direction de Laurence Equilbey (photo) est une jubilation en soi. L’écouter chanter ici une oeuvre au départ purement instrumentale - L’hiver des Quatre saisons de Vivaldi - est une expérience des plus inhabituelles. Parallèlement, il est intéressant de réécouter l’oeuvre du Prêtre roux ici interprétée par l’ensemble orchestral de Paris dirigé par Jean-Pierre Wallez. Accentus transforme les différents instruments en voix et paroles grâce au travail de compositeurs-transcripteurs. La pièce a été ici traitée comme un motet du XVIIIe siècle, avec basse continue.

J’eus le plaisir d’écouter Accentus l’été dernier aux Rencontres musicales de Vézelay, interprétant des oeuvres sacrées de Brahms, Bruckner et Rachmaninov. On perçoit toute la force d’expression de la voix humaine et on comprend comment l’ a cappella peut faire oublier tous les orchestres.

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19 mai 2011

Salieri : tout sauf Mozart assassiné.

Publié par carnetsdimelda dans Histoire, Musique, Opéra

Vous souvenez-vous de notre voyage à travers la musique italienne ? Nous avions laissé Paisiello mourir à Naples en 1816 dans un contexte troublé. Voici que s’avance alors Antonio Salieri (1750-1825). La plupart d’entre vous ont sans doute l’image que véhicule à son propos le film Amadeus, de Milos Forman : celui d’un rival dévoré de jalousie, qui organisa la mort de Mozart.

Il n’en est rien ! C’est Pouchkine (encore lui) qui semble avoir diffusé cette rumeur, par sa nouvelle Mozart et Salieri (1830), mise en musique par Rimsky-Korsakov. En réalité, Salieri  – qui rencontra Mozart à Vienne en 1782 -, bien que légitimement jaloux, fut l’une des rares personnes présentes à son enterrement et aida à diffuser la musique du génie.

Lui-même n’était pas petit joueur. Né dans la province de Vérone, il fut emmené par son maître à Vienne, dès l’âge de seize ans. A la mort de celui-ci, il devint compositeur de la cour : l’impératrice Marie-Thérèse et son fils Joseph II purent goûter sa musique avant qu’il ne cède la place en 1792 ; mais il resta maître de chapelle. Il se situe à la fin de cette génération d’artistes italiens qui furent appelés par la cour impériale et y exercèrent une grande influence ; on peut penser par exemple à Métastase.

Côté composition, la musique de Salieri qui s’apparente au « classique viennois » fait évidemment beaucoup penser à Mozart. Les spécialistes affirment cependant qu’elle est plus hardie dans les dissonnances. Salieri écrivit plusieurs dizaines d’opéras, et de la musique instrumentale. On peut écouter ici son opéra La grotta di Trofonio, qui fut joué à Vienne en 1785. Trofonio est un magicien qui dans sa grotte va transformer les caractères de deux couples (Dori et Plistène ; Ofelia et Artemidoro), dont l’un est exubérant et l’autre plus réservé. Il s’agit ici d’une interprétation de l’ensemble Les Talens lyriques et du Choeur de l’opéra de Lausanne dirigé par Christophe Rousset. Magnifique.

Par ailleurs, Salieri a inspiré des auteurs de chanson, comme Béranger au XIXe siècle : La Sainte-Alliance barbaresque, Nabuchodonosor et les Orangs-Outangs, inspirés de l’Ar de Calpigi de son opéra Tarare (1787).

Salieri : tout sauf Mozart assassiné. dans Histoire salieri

 

16 mars 2011

Maître Bach

Publié par carnetsdimelda dans Histoire, Litterature, Musique

« La musique de Bach, ce sont les entretiens de Dieu avec lui-même avant la création du monde. » Que l’on soit d’accord ou non avec Geothe, auteur de cette phrase, il est certain que Bach (1685-1750) est – avec Mozart – le compositeur le plus connu de la musique dite classique. On lui a d’ailleurs donné le titre de « père de la musique », tant il devint une référence pour les musiciens postérieurs, même si on lui donna parfois des attributs qu’il n’avait pas. Bach est souvent vu comme un compositeur rigoureux, équilibré mais un peu raide et austère. Or, la musique de Bach fait souvent preuve d’une fantaisie et d’une sinuosité baroque, et d’une grande richesse symbolique.

La biographie qu’en a fait Luc-André Marcel est une référence pour le grand public, comme pour le spécialiste qui souhaite approfondir sa connaissance biographique et musicologique du Cantor de Leipzig. Les illustrations et la langue agréable de cet ouvrage compensent ce qu’il a peut-être d’un peu trop élogieux et lyrique. Passionnant.

Luc André Marcel, Bach, Seuil 1996

A commander ici.

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14 février 2011

La musique, monde en soi – Entretien avec Rémi Escalle (3/3)

Publié par carnetsdimelda dans Histoire, Les Entretiens d'Imelda, Musique, Politique

Dans la fin de cet entretien, Rémi Escalle, étudiant en musicologie,  évoque de manière approfondie la musique dite classique et celle dite baroque, la diversité des traditions musicales, le courant minimaliste, les musiques de film et l’accès à la pratique et à l’écoute musicale.

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Mondonville (1711-1772), à la charnière du baroque et du « classique »

 

  • Quelle distinction peut-on faire entre la musique classique et la musique baroque ? Finalement, que recouvre le terme « musique classique » ?

« Musique classique » est une expression très intéressante. Tout le monde l’utilise mais personne ne sait au juste ce qu’elle veut dire. On dit souvent « musique classique » pour lui donner une légitimité particulière, l’asseoir face aux « musiques populaires ». C’est un préjugé classique des cultures qui en sont venues à écrire leur musique..

En Inde, ils ont une tradition au moins aussi riche que la nôtre, avec des compositeurs, des maîtres réputées et des traités théoriques aussi vastes que les ensembles de textes religieux hindouistes. Pour jouer un beau râga indien, il faut quinze ans d’apprentissage ; c’est quelque chose de particulièrement technique, de très pensé. Il y a aussi un solfège, avec des gammes, des « bémols », des techniques de compositions à apprendre, des techniques d’improvisation extrêmement complexe. Une très grande richesse qui passe par l’écrit : on parle alors de musique « classique » indienne karnatique ou hindoustanie pour l’opposer aux musiques rituelles non-écrites de ce mêmes régions par exemple, aux structures moins aisément identifiables.

Concernant la question de la tradition musicale, on pourrait le vocable « musique classique » pourrait se justifier en Occident du point de vue qui la pratiquent, éventuellement, car elle renvoie à certains « clichés » musicaux. D’un point de vue historique, cela pose cependant problème. J’avais même un professeur d’histoire de la musique qui soutenait de manière particulièrement convaincante que la musique « classique », d’un point de vue historico-musicologique, n’existe pas. Il ne parlait jamais de musique classique. En effet, qu’entend-on par musique « classique » lorsqu’on cherche à la situer sur les frises des conservatoires ? On la se situe de 1750 à 1800 environ. On se retrouve alors avec trois compositeurs estampillés vrais « classiques », Mozart, Haydn, Beethoven. On est bien embêté : trois compositeurs, cela ne fait pas beaucoup pour une période de presque 70 ans, dans laquelle il se passe beaucoup de choses, où Kant écrit sa Critique de la Raison Pure tandis que l’on publie les premiers romans et poèmes « gothiques », tels ceux de Young. Ainsi Schubert, où le classe-ton ? Il meurt un après Beethoven (en 1828), pourquoi en faire un romantique, tout en excluant son illustre aîné ? C’est difficile à comprendre.

Aussi mon professeur soutenait que l’on peut qualifier l’esthétique de Mozart, sans aucune connotation péjorative, de « musique galante ». Si l’on veut qualifier la période baroque d’un point de vue esthétique, c’est la ligne de basse qui est fondamentale – l’accord chiffré supportant la ligne vocale ou instrumentale, très ornée et souvent en grande partie improvisée. Subsistait également le contrepoint hérité de la Renaissance, qui était un genre distinct, qui alternait avec des formes plus libres ou les suites de danses. En musique baroque cohabitent des formes très libres et de formes extrêmement contraignantes comme le contrepoint, et des d’autres formes, par exemple la suite de danses.

Cependant l’écrit a peu à peu figé les ornements, sur le même modèle que les techniques de compositions contrapuntiques (telles que le canon ou la fugue) qui étaient tout d’abord improvisées par les organistes (notamment en Flandres) et qui ont peu à peu fait l’objet de règles de plus en plus strictes et même de traites extrêmement complexes. Certaines suites de danses ont alors fini par intégrer des notions contrapuntiques, et des formes nouvelles sont nées, comme les partitas pour clavier de Bach, hybrides étranges qui à la fois lorgnent vers la sonate et sont en même temps les derniers témoins d’un style d’écriture déjà dépassé.

A l’époque que l’on appelle usuellement classique c’est l’expression mélodique qui va de nouveau primer, mais cette fois-ci sous une forme entièrement écrite et intégrée à l’harmonie, bien loin de la liberté qu’offraient les schémas baroques. La fugue demeurera, mais non comme genre à part entière. Alors pourquoi parler de style galant ? Parce que cette liberté mélodique retrouvé, bien qu’entièrement indiquée sur le papier, n’a rien à voir avec une quelconque théorie du classicisme : bien au contraire, il y a une évolution continue, continue, contiguë à celle des cours d’Europe qui employaient les musiciens à la même époque. De nombreux compositeurs qui sont à cheval entre la période baroque la période galante.

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