Les Carnets d'Imelda

22 janvier 2011

Simples passés

Publié par carnetsdimelda dans Humour, Mots

Parce que le passé simple, c’est beau !

  • Deux vieux acteurs hollywoodiens discutent : - Te rappelles-tu notre premier film … ce western dans lequel nous jouions les indiens ? - Oh oui ! Et je sais que nous nous y plûmes.
  • Vous saviez que ce manteau était tout pelé … Alors pourquoi le mîtes-vous pour la réception d’hier soir ?
  • Comme tout bon musulman qui se respecte doit s’y rendre au moins une fois, c’est cet été, qu’au pèlerinage de la Mecque, il alla. 
  • Charlotte Corday cacha le poignard en son sein, sortit de chez sa logeuse et, soudain, à l’idée du crime qu’elle allait perpétrer, elle se marra. 
  • Heureusement que vous avez retrouvé des capitaux ! Car mettre la clé sous la porte et déposer le bilan, vous faillîtes ! 
  • C’est à cause du trou que cet enfant fit en bas de leur porte, que ses parents le châtièrent. 

Merci à Aude.

8 janvier 2011

En politique, comparaison n’est pas raison

Publié par carnetsdimelda dans Mots, Petites reflexions, Politique

Il y a quelques jours, des publicités défilaient devant mes yeux. Tout en reconnaissant la maîtrise et la beauté de certaines, je ne pouvais m’empêcher de penser au coût d’un tel travail pour quelques minutes de projection vantant le dernier jus de fruits chic ! (sic) Alors que de telles sommes pourraient être consacrées à nourrir et soigner des peuples entiers… Puis je me suis reprise : à chacun son domaine. Ce n’est pas parce qu’il y a des problèmes, réels, de malnutrition et de santé dans certains pays, qu’il faut supprimer la publicité ! Il n’y a pas de lien logique. Ce n’est pas parce que des gens souffrent que tout le monde doit en souffrir, ou tout au moins être privé de ceci ou cela. Ce sont des catégories différentes. Si l’une disfonctionne, l’autre n’est pas condamnée à disparaître !

En politique, comparaison n'est pas raison dans Mots publicite

Ce type de comparaison est fréquemment utilisé dans le discours politique. On pourrait prêter la thématique évoquée plus haut plutôt à la gauche. Par exemple le politologue anti-mondialiste et militant de la décroissance Paul Ariès affirmait dans une émission télévisée de septembre 2010 : « Prenez ce que nous dit Diouf, le patron de la FAO : pour que plus personne ne crève de faim à l’échelle planétaire, il suffirait de 30 milliards de dollars par an. Ces 30 milliards de dollars, on ne les trouve pas. En revanche, budget officiel de l’armement : 1200 milliards de dollars. Budget de la publicité : 800 milliards de dolllars. Marché des stupéfiants : 700 milliards de dollars. »

Mais cette logique comparative se trouve également dans la rhétorique de droite. Je me souviens par exemple de médias de droite qui, au moment de la législation anti-tabac de 2006, affirmaient qu’on enlève aux Français les dernières marges de liberté. Que ce soit en interdisant de fumer dans les lieux publics ou en sanctionnant le conducteur routier au moindre excès de vitesse, on accable le citoyen, alors que pendant ce temps, la police n’intervient plus dans certains quartiers des banlieues, laissant des bandes faire la loi. Toutefois, ce n’est pas parce que la politique de sécurité échoue par endroits, qu’il ne faut plus lutter contre les accidents de la route ou le tabagisme passif ! Un problème, même beaucoup plus grave, n’annule pas tous les autres.

C’est la question de la priorité qui est posée. Mais une des caractéristiques d’un Etat de droit n’est-elle pas de réguler les rapports de l’individu à l’Etat sans en négliger aucun ? Aussi les comparaisons entre différents champs d’action d’un ou plusieurs Etats n’est bien souvent qu’un sophisme, qui ne fait passer qu’un état de langage à un autre état de langage.

 

3 décembre 2010

Internet : le parricide de l’auteur ?

Publié par carnetsdimelda dans Mots, Petites reflexions, Toile

Et autres élucubrations à propos la Toile où nous sommes empêtrés.

Réflexion intéressante sur le concept Internet dans Internet, l’inquiétante extase d’Alain Finkielkraut et Paul Soriano ; il s’agit d’une conférence-débat organisé en 2001 (il y a déjà dix ans donc) par la Fondation du 2 mars.

Finkilekraut cite l’extrait du livre Marchands et citoyens, la guerre de l’internet de la journaliste Mona Chollet : « [Sur Internet], l’auteur ne disparaît pas ; bien sûr, en revanche, il quitte son piédestal sur lequel la prédominance des supports statistiques – livres, disques – avait permis qu’on le place. Son propos peut être en permanence modifié, complété, voire, s’il ne s’agit pas de fiction, contesté, réfuté (…). La recombinaison permanente met en évidence la relativité et la précarité de tout savoir. Sur l’Internet, l’auteur se rapproche du simple quidam, et le simple quidam se rapproche de l’auteur. »

Internet : le parricide de l'auteur ?  dans Mots internet

Un peu avant, déclare Alain Finkielkraut : « Nul besoin d’Internet pour lire. [Mais] on a besoin d’Internet pour mettre les mots en mouvement, pour les faire voler, pour en finir avec le scripta manent ! On a besoin d’Internet pour passer de l’auteur et des égards qu’on lui doit, à la communication exubérante et au droit d’être auteur désormais reconnu à chacun. On a besoin d’Internet pour dissoudre toute sacralité, toute altérité, toute transcendance dans l’information et dans l’interaction. On a besoin d’Internet pour passer de l’oeuvre à ce qu’on appelait, avec une subversive majuscule, dans les années soixante-dix, le Texte. (…) Dans le monde de l’oeuvre, le lecteur a des comptes à rendre, dans le monde du Texte, le lecteur joue. (…) L’oeuvre oblige, le Texte est à disposition. »

C’est à cause de cet arbitraire de l’interprétation que Socrate avait privilégié la transmission orale. Son disciple Platon a exprimé dans Phèdre son inquiétude sur les textes soumis aux interprétations éloignées du sens voulu par l’auteur, de façon singulière.

Au-delà de ces questions de théorie esthétique et littéraire, soulignons surtout qu’Internet, en posant un écran entre les individus, réduit considérablement leur connaissance de l’autre, en tant que personne incarnée. Si son versant positif est sa dimension communicative, Internet empêche souvent des échanges qui auraient pu avoir lieu dans le réel. Préférez-vous un vrai débat autour d’un verre ou des clics sur un forum de discussion ? Un dialogue sur un canapé ou un tchatt sur Facebook ? Vous me direz que vos proches sont (paradoxalement) parfois loin, et que vous ne pourriez les voir aussi souvent si vous n’aviez pas Internet. Mais si vous n’aviez pas d’ordinateur, n’auriez-vous pas plus de temps pour aller les voir ? De plus, d’autres peut-être tout proches (votre voisin de palier, de banc de fac ou de bureau) auraient peut-être des discussions potentielles aussi passionnantes, ou simplement sincères ; mais le media vous projette dans des directions différentes.  

Des échanges incarnés sont plus vrais, puisqu’ils se font généralement entre deux personnes qui se connaissent, et seront donc plus à même de comprendre le propos de l’autre, évitant cette dérive dans l’interprétation. Si même dans le dialogue incarné, « entre ce que je veux dire, ce que tu veux comprendre, ce que je crois dire, etc. », la communcation est difficile, qu’en est-il sur Facebook, où l’on ne peut connaître les réactions et les pensées des autres que par d’uniformes « smileys » ? Symboles d’ailleurs appauvrissants et annulant la singularité de la personne dont le sourire n’est pas ceci « :-) » mais un mouvement irreproductible et idiosyncrasique.

Je ne nie pas que Facebook présente certains avantages. Un prochain billet vous fera part de quelques réflexions à cet endroit. D’ici là, passons moins de temps sur le net et plus autour des tables !

 

23 novembre 2010

Le Dictionnaire des Idées reçues

Publié par carnetsdimelda dans Citations, Humour, Litterature, Mots

Elaboré par Flaubert dans les années 1850 et 60, Le Dictionnaire des Idées reçues ne fut publié que de façon posthume en 1913. Il recense tous les topoï, préjugés, réactions stéréotypées et idées toutes faites en cours au XIXe siècle, globalement de 1830 à 1880. On peut se poser la question de l’identité de ceux dans la bouche desquels Flaubert a cueilli ces mots. Mais surtout, on constate que si bon nombre de ces idées reçues sont situées dans un contexte politico-historique dépassé, certaines peuvent encore faire sourire aujourd’hui. Les idées reçues ont la peau dure ! Florilège.

Notons qu’il s’agit ici non de ce que pense Flaubert, mais soit des idées reçues directement, brutes, soit présentées en tant qu’idées reçues.

Oeuf. Point de départ pour une dissertation philosophique sur la genèse des êtres.

Mandoline. Indispensable pour séduire les Espagnoles.

Horizon. Trouver beaux ceux de la nature, et sombres ceux de la politique.

Matinal. L’être : preuve de moralité. Si l’on se couche à 4 heures du matin et qu’on se lève à huit on est un paresseux, mais si l’on se met au lit à 9 heures du soir pour en sortir le lendemain à cinq on est actif.

Italie. Doit se voir immédiatement après le mariage.

Yvetot. Voir Yvetot et mourir.

Explication de Flaubert dans une lettre à Louise Colet, où il dit en substance : « Si la poésie est purement subjective, alors il n’y a pas en littérature de beaux sujets d’art, et Yvetot donc vaut Constantinople. »

Institut (les membres de l’ -). Sont tous des viellards et portent des abat-jour en taffetas vert.

Critique. Toujours « éminent ». Est censé tout connaître, tout savoir, avoir tout lu, tout vu.

Féodalité. N’en avoir aucune idée précise mais tonner contre.

Conversation (La). La politique et la religion doivent en être exclues.

 

Le Dictionnaire des Idées reçues dans Citations 9782253098362

 

12 octobre 2010

Littérature ou journalisme ?

Publié par carnetsdimelda dans Journalisme, Litterature, Mots, Petites reflexions

Certains articles écrits par des journalistes ont été publiés sous forme de recueil littéraire. On peut penser à ceux d’Albert Londres ou d’Albert Camus. Pourtant, on ne peut pas dire que tout journalisme est littéraire. Ce serait même, semble-t-il, le contraire. Mais alors, qu’est-ce qui distingue l’écriture journalistique de l’écriture littéraire ?

C’est une question que je continue de me poser, donc ces lignes ne sont une esquisse de réflexion.

Littérature ou journalisme ? dans Journalisme livres_222

Première distinction à faire : dans le journalisme, on peut séparer l’information factuelle, de l’analyse, et de l’opinion. La presse anglo-saxonne y tient encore plus qu’en France, semble-t-il. Dans le premier cas, l’article ou la brève répond aux questions qui, quoi, quand, où, et aussi souvent comment et pourquoi. Un adverbe exprime déjà un jugement (par exemple, « souligne-il pertinemment« . Le second cas, une analyse s’ajoute aux faits, tentant de montrer les causes, les conséquences, les hypothèses d’interprétation, les points de vues variés, bref, créant des liens nouveaux. Le dernier cas est celui de l’article d’opinion, l’éditorial par exemple, où un certain jugement entre en ligne de compte, de tous les degrés entre le positif et le négatif. A priori, ce jugement est mis en relief. Sinon, s’il infiltre les faits, il empêche l’objectivité.

Voyons pour la littérature maintenant. Dans un texte littéraire, comment l’opinion et le fait se partagent-ils le texte ? Je citerai le propos de Flannery O’Connor, écrivain américain du XXe siècle, qui donne des conseils aux jeunes auteurs de romans : « Tout ça ne veut pas dire que pour écrire un récit il faut oublier ou abandonner aucune de vos opinions morales. Vos convictions sont la lumière qui vous guide, mais elles ne sont pas ce que vous voyez, elles ne vous dispensent pas de voir. (…) Notre oeil englobe, avec tout ce qu’il peut percevoir du monde, notre personnalité tout entière. Il renferme le jugement. Le jugement a sa source dans l’acte de voir, et lorsqu’il ne l’a pas, ou s’il se dissocie de la vision, une confusion s’établit dans l’esprit, qui passe dans le récit. (…) Le débutant est habité par ses pensées et ses émotions, et non par l’action dramatique, et il est trop paresseux ou trop prétentieux pour descendre au niveau concret où opère la fiction. Il croit qu’il y a d’un côté le jugement, de l’autre les impressions des sens. »

Autrement dit, le « message » que l’auteur veut éventuellement faire passer ne doit pas venir dans la bouche où les pensées d’un personnage, mais de manière beaucoup plus implicite et diffuse, de telle sorte que le lecteur doive lui-même en tirer les conséquences. Dans l’écriture littéraire, les faits évoqués et l’opinion de l’auteur sont intimement liés par le regard même de l’auteur. On peut nuancer : l’auteur n’a pas forcément de message, la littérature n’est pas de la communication ; l’auteur n’est pas la même entité que la personne qui écrit mais celle qu’on déduit de la lecture ; un roman peut exprimer différents points de vue…

Ceci nous permet de dire que l’une des distinctions entre écriture journalistique et écriture littéraire vient du fait que les faits et le jugement sont, dans la première catégorie, séparés, et dans la seconde (ainsi que dans la presse d’opinion), mêlés. Cela ne signifie pas pour autant que la presse d’opinion soit de la littérature, puisque la littérature ne se réduit pas au caractère de de vision évoqué plus haut ; elle serait même, au contraire, le résultat d’une démarche excédant cette démarche. A méditer.

19 juillet 2010

Refaire le portrait de Dorian Gray

Publié par carnetsdimelda dans Citations, Litterature, Mots, Roman

Titre bien sûr ironique pour ce roman remarquable du non moins remarquable (dans tous les sens du terme) Oscar Wilde. Publié en 1890, ce volume mi-fantastique mi-philosophique est rempli de paradoxes, d’aphorismes et aussi de jolies descriptions. Le personnage de Lord Henry, le dandy, est la figure extrême de l’esthète qui n’a pour religion que l’art.

Bien que Wilde ne cesse de questionner, plus par les faits évoqués que les mots, ces idées philosophiques, cela laisse au lecteur le plaisir de goûter tous les trésors de rhétorique qu’il déploie pour faire sembler vraies des assertions que le premier venu contesterait. En voici quelques perles, de quoi vous donner peut-être envie de lire ou relire cette étrange histoire, pour se laisser prendre quelques instants au charme du langage, et en mesurer la force.

  »Vous ne pouvez comprendre ce que je ressens. Vous êtes trop volage.

- Mais (…) c’est justement pour cela que je puis le comprendre. Ceux qui sont fidèles ne connaissent de l’amour que sa trivialité ; ce sont les infidèles, qui en connaissent les tragédies. »

« La Beauté ne se discute pas. Elle règne de droit divin. Elle fait prince quiconque la possède. Vous souriez ? Ah ! vous ne sourirez plus, quand vous l’aurez perdue. On dit parfois que la Beauté est toute superficielle. Peut-être. Moins superficielle, en tout cas, que la Pensée. A moins sens, la Beauté est la merveille des merveilles. Il n’y a que les esprits légers pour juger sur les apparences. Le vrai mystère du monde est le visible, et non l’invisible… »

Quand Wilde se fait explicite, au moins en apparence :

« Le chemin des paradoxes est le chemin du vrai. Pour éprouver la Réalité, il faut la voir sur la corde raide. On ne juge bien les Vérités que lorsqu’elles se font acrobates. »

Là aussi : « [Lord Henry] jouait avec l’idée, s’échauffait peu à peu. Il l’agitait au vent, déployait ses aspects divers ; la laissait s’échapper, mais pour la reprendre ; la colorait de tous les feux de la fantaisie, lui prêtait les ailes du paradoxe. L’éloge de la folie, à mesure qu’il parlait, atteignait les hauteurs de la philosophie, et la Philosophie elle-même devenait jeune. Prise à la musique folle du Plaisir, dans l’envol d’une robe teinte du jus des grappes et le front ceint de lierre, on pouvait l’imaginer dansant, comme une bacchante, au clair sommet des collines de la vie, et reprochant au lent Silène sa sobriété. Les Faits fuyaient devant elle, comme les hôtes effarés d’une forêt. »

Je me demande..

1) si pour ces dandies, jeunes aristocrates désoeuvrés passant leur temps à lire et à discuter, le dernier terrain de jeu n’est justement pas le langage…

2) si ce qui rend les assertions de Lord Henry vraisemblables tient uniquement à la rhétorique, cet ensemble de procédés qui fait passer l’auditeur « d’un état de langage à un autre état de langage » (dixit mon vénérable professeur de philo).

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25 juin 2010

Joli Giono

Publié par carnetsdimelda dans Citations, Litterature, Mots

« Avouez que vous aviez peur pour lui. On n’avoue jamais ces choses-là de façon franche et c’est dommage, mais ceci est affaire de compromis habituels, de demi-teintes, de demi-tons, de bémols et de dièses. »

Jean Giono, Le hussard sur le toit, chapitre XIII.

 

 

15 juin 2010

Essai d’hypotypose

Publié par carnetsdimelda dans Ecrire, Gastronomie, Impressions, Litterature, Mots

Une hypo-quoi ? Encore un de ces mots pédants. Cette Imelda, elle est bien contente de montrer qu’elle est en khâgne. Quelle honte. Tout se perd. Enfin, penchons-nous sur la question ; une hypotypose, nous dit-on, est « une figure qui regroupe l’ensemble des procédés permettant d’animer une description au point que le lecteur « voit » le tableau se dessiner sous ses yeux. »

Aussi vais-je essayer ce petit jeu littéraire qui est d’évoquer un certain spectacle, de façon telle qu’il vous semble palpable ; puis je vous donnerai mes filons, découverts au moment même de l’écriture. Une expérience d’errance amusante, comme beaucoup d’autres dans la République des lettres !

« Sur la jolie table blanche de jardin se pressaient mille délicieuse victuailles : un gros fraisier fait d’un biscuit léger aux amandes, d’une bonne crème pâtissière sucrée et délicieuse, de fraises rouges si savoureuses. Un gâteau au chocolat avec le coeur noir fondant sur la langue, et la croûte qui craque. Des boules de glace froide contre les dents, grasses, à la pistache piquante. Avec des cigarettes russes croustillantes qui font des miettes sur la table. Une pêche à la peau veloutée avec son duvet léger, jaune et croquante à l’intérieur, dont le jus dégouline sur les doigts en les poissant. Un yaourt blanc et frais, avec son odeur acide de lait, onctueux dès qu’on le mélange. Du jus multifruits orange, fluide liquide fruité qui clapote dans le verre. Des abeilles qui rôdent dans l’air chaud. Des macarons multicolores croustillants dehors, fondants dedans. Des raisins vert transparent. Des mandarines acides. Des noix craquantes. Avec une limonade très fraîche et pétillante. »

Avez-vous faim, ou tout au moins envie de ces choses ?

Si oui, mon pari et gagné. Sinon… tant pis, ce n’est pas grave. Vous bénéficierez quand même de mes petites astuces propres à nous mener sur les voies merveilleuses de l’hypotypose. D’abord, essayer d’évoquer tous les sens : la vue nous est la plus spontanée, d’autant que lorsque nous voyons un mot écrit nous nous le représentons d’abord (souvent !) visuellement. Mais ne pas hésiter à dire des odeurs, des senteurs, des bruits et des sensations tactiles. Aller dans le détail concret. Eviter toutes les abstractions, même par exemple le mot « goût ». Volontiers forcer le trait, exagérer. Accumuler.

Tout ça, c’est le pouvoir du langage. Et blablabla.

 

10 juin 2010

Paludes

Publié par carnetsdimelda dans Citations, Litterature, Mots, Philosophie

Ce récit, publié par André Gide en 1895, est une satire pleine d’ironie et d’humour subtil du Paris littéraire symboliste. Il dessine également une figure de l’auteur qu’il démystifie dans une certaine mesure. Le narrateur est, selon le procédé de mise en abyme cher à Gide, un homme qui est lui-même en train de rédiger Paludes. Voici un petit extrait plein d’esprit (et de sophistique) qui je l’espère, vous donneront envie de lire ce volume qui, m’a dit ma prof de lettres, contient de nombreuses références littéraires…

Le narrateur se trouve à ce moment chez une amie, Angèle, qui organise une soirée de « littérateurs » (sic). Il vient d’écrire quelque chose pour son ami Martin qui a fait de même à son adresse.

« Martin et moi nous échangeâmes nos feuilles, tandis qu’Alexandre [un philosophe] attendait.

Sur ma feuille on lisait :

Etre aveugle pour se croire heureux. Croire qu’on y voit clair pour ne pas chercher à y voir puisque :

L’on ne peut se voir que malheureux.

Sur sa feuille on lisait :

Etre heureux de sa cécité. Croire qu’on y voit clair pour ne pas chercher à y voir puisque :

L’on ne peut être que malheureux de se voir.

« Mais, m’écriai-je, c’est précisément ce qui te réjouit que je déplore ; – et il faut bien que tu t’en réjouisses, tandis que toi ne peux peux pas te réjouir de ce que je déplore. – Recommençons. »  »

 

28 mai 2010

Rhétorique…

Publié par carnetsdimelda dans Humour, Mots, Politique

Rhétorique... dans Humour cours-langue-bois-ena

Ce site affirme que ce cours de l’ENA est véridique.

 

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