Les Carnets d'Imelda

16 janvier 2012

Une année florissante

Publié par carnetsdimelda dans Litterature, Musique, Opéra

Imelda est de retour pour vous souhaiter une très heureuse année 2012, riche en découvertes culturelles mais aussi et surtout en rencontres et partages !

Commencer l’année avec un opéra de Marc-Antoine Charpentier est bien le « must ». La Descente d’Orphée aux enfers, composée en 1686 pour les musiciens de Mademoiselle de Guise, est un opéra de chambre en deux actes. Le livret, d’un auteur anonyme, reprend le mythe d’Orphée évoqué dans les Métamorphoses d’Ovide. Chacun connaît l’histoire : Orphée perd son épouse Eurydice et part la rechercher aux enfers. Mais dans la version de Charpentier, il parvient avec l’aide de Proserpine, la femme de Pluton, à ramener sa femme sans plus d’épreuve.

L’interprétation des Arts Florissants est remarquable ; cet ensemble français fondé par William Christie en 1979 et qui a initié le récent renouveau de la musique baroque. Sous la baguette de Jonathan Cohen, le petit orchestre baroque (avec des instruments tels que la viole de gambe, la flûte à bec ou le luth) accompagne des solistes éblouissants. La mise en scène, minimaliste, n’exclut pas une certaine fantaisie, et un soupçon de magnifique danse baroque.

Des extraits ici (le mariage d’Eurydice) et  (après sa mort), témoignent de la vivacité et de l’émotion que comporte un tel spectacle.

L’Opéra royal de Versailles, inauguré à la fin du règne de Louis XV en 1770, est un véritable écrin pour cette prestation. Dans la représentation qui s’y tenait le vendredi 13 janvier (jour de chance), il était suivi d’un autre mythe ovidien, Vénus et Adonis de John Blow. A défaut d’avoir pu voir La Descente d’Orphée aux enfers, il est bien sûr possible de l’écouter en achetant le CD ici. Réjouissant.

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30 décembre 2011

Deux ans du blog : jeu-concours

Publié par carnetsdimelda dans Actualité, Litterature

Demain, les Carnets d’Imelda fêteront leurs deux ans ! Depuis le premier article du 31 décembre 2009, une brève invitation à écouter le concerto La notte de Vivaldi, 212 articles ont été publiés (soit deux par semaine en moyenne). Parmi eux, 69 rentrent dans la catégorie « Littérature », 36 dans « Musique », 31 dans « Histoire »…

11 000 pages ont été vues depuis la création du blog. Le nombre de visiteurs a augmenté chaque mois, s’élevant à 2500 par mois aujourd’hui, soit 83 visiteurs par jour en moyenne.

Les articles les plus lus depuis le début sont assez surprenants (hormis la page principale du blog) :

1. Les articles de la catégorie « Peinture ».

2. Les articles de la catégorie « Petites réflexions ».

3. Riez… L’article improbable « Penser la peluche ».

4. L’interview d’Aude Pilorgé, auteur d’un roman médiéval.

5. Les articles de la catégorie « Musique ».

6. L‘interview d’Emmanuel sur le XVIIe siècle.

Pour fêter cela, et la culture en général, je vous propose un jeu-concours.

Le gagnant sera celui qui proposera le meilleur article sur un livre, qu’il s’agisse de roman, théâtre, essai, histoire ou un film de son choix. L’article doit comporter 3000 caractères maximum et doit être envoyé avant le 21 janvier 2012 à l’adresse suivante :

carnets.dimelda@laposte.net

1er prix : La délivrance de Tolstoï d’Ivan Bounine, L’Oeuvre 2010. L’itinéraire d’un grand écrivain.

2e prix : Jeanne de Jacqueline de Romilly, Editions de Fallois, 2011. L’admiration de l’ex-académicienne pour sa mère.

3e prix : le CD de Concertos pour Clavier de Jean-Sébastien Bach, exécutés par David Fray, Virgin Classics 2008. Une interprétation de référence.

 

Deux ans du blog : jeu-concours  dans Actualité       dans Litterature

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27 décembre 2011

Qu’est-ce qu’un livre ?

Publié par carnetsdimelda dans Humour, Litterature
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PS : Alors ne revendez pas vos cadeaux de Noël…

PPS : En retard, joyeux Noël !

 

18 décembre 2011

Après Jésus-Christ

Publié par carnetsdimelda dans Histoire, Litterature, Roman

Dans le roman L’Eclipse paru à la rentrée 2010, le jeune auteur Enguerrand Guépy évoque les trois jours qui suivirent la mort de Jésus-Christ. En de multiples portraits, ceux qui ont suivi de près ou de loin Jésus sont dépeints dans leurs contradictions les plus intimes.

Eclipse totale à Jérusalem. Après la mort du Christ en croix, « la terre trembla », lit-on dans l’évangile de Matthieu. Que se passa-t-il après la mort d’un prophète décidément pas comme les autres ? Enguerrand Guépy, qui a travaillé dix ans dans le théâtre, invente ce chant choral où apôtres, militaires romains et juifs rebelles crient leurs sentiments.

La peur est partout, car le centurion Quirinius semble vouloir s’en prendre à la famille du Rabbi – Jésus. Judas s’est pendu car son rêve est mort. Simon le zélote – c’est-à-dire le nationaliste, luttant contre l’occupation romaine – risque de se faire enroler par Barabbas, bandit relâché à la place du Christ, et qui souhaite en finir avec ladite occupation. Le grand prêtre du temple, Caïphe, pense avoir tout sauvé. Pilate, le préfet romain, s’effondre.

Parmi ceux qui avaient suivi Jésus, tous sont effondrés, même Jean, même Pierre qui avait sorti l’épée lors de l’arrestation de Jésus. Lazare, que Jésus a ressuscité, trouve sa seconde chance plus douloureuse que la première. Le doute de tous n’empêche pas chacun de garder une once de noblesse. Et Marie-Madeleine cherche celui qui seul a posé un regard aimant sur elle, jusqu’à ce qu’à l’aube du dimanche, « l’ange lui [promette] un soleil éternel. »

Avec une intensité qui échappe toujours au pathos, l’auteur fouille et découvre avec sa plume les divisions des juifs et les états d’âme de ceux qui ont déjà tant souffert, et que leur Dieu semble éprouver à nouveau en faisant mourir leur prophète. Un texte prenant.

Enguerrand Guépy, L’Eclipse, L’Oeuvre, 2010

Après Jésus-Christ dans Histoire enguerrand-guepy-leclipse 

 

18 novembre 2011

« Paris change… »

Publié par carnetsdimelda dans Impressions, Litterature

La nostalgie traverse les siècles. L’acteur et comédien Fabrice Luchini déclarait en 2001 dans le magazine Zurban, en colère parce que le Paris de sa jeunesse disparaît peu à peu :

« Je suis près à devenir violent contre le capitalisme sauvage et la loi du marché qui ont fait de Saint-Germain-des-Prés une succursale du vêtement. C’est une véritable atteinte symbolique que les sapes aient remplacé les livres. (…) C’est fou qu’on ne comprenne pas la bêtise du commerce dans ce quartier-là. Le Flore [photo] n’est plus qu’un ramassis de vieux Américains à la recherche d’un mythe qu’ils ne connaissent pas. »

Charles Baudelaire dans le poème Le Cygne des Fleurs du mal en 1857, ne disait pas une chose très différente :

« Le vieux Paris n’est plus (la forme d’une ville
Change plus vite, hélas! que le coeur d’un mortel) ;

Je ne vois qu’en esprit tout ce camp de baraques,
Ces tas de chapiteaux ébauchés et de fûts, (…)

Paris change! mais rien dans ma mélancolie
N’a bougé ! palais neufs, échafaudages, blocs,
Vieux faubourgs, tout pour moi devient allégorie
Et mes chers souvenirs sont plus lourds que des rocs. »

Que l’on soit triste ou encoléré, de-mon-temps-c’était-mieux-avant, non ? A voir.

 

10 novembre 2011

Le roman comme dialogue avec un écrivain – Entretien avec Nathalie Skowronek.

Publié par carnetsdimelda dans Ecrire, Les Entretiens d'Imelda, Litterature, Psychologie

Karen et moi, déjà évoqué ici, est le premier roman de l’écrivain belge Nathalie Skowronek. Elle y raconte une parenté spirituelle entre la narratrice, et l’aventurière du siècle dernier Karen Blixen. La création du roman, qui lie fiction littéraire et réalité historique, s’est faite par couches successives. Rencontre avec une femme que la littérature a construite.

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Karen et moi : d’où vient ce titre énigmatique ?

Il est arrivé en fin de projet. Il s’est imposé naturellement, puisque c’est un livre avec deux personnages qui avancent conjointement - d’où le « et ». Karen évoque le prénom de Karen Blixen ; il ne s’agit pas de la figure biographique de l’écrivain, mais de la femme qui va le devenir. Le « moi » représente le « je » de la narratrice.

Je voulais d’abord écrire un livre sur le pouvoir de la littérature dans nos vies. J’ai choisi Karen Blixen qui est pour moi un auteur phare, et qui m’accompagne depuis longtemps. De plus, sa Correspondance, où elle parle de son désir d’écriture et de sa vie avant de devenir écrivain, a permis une zone de proximité où j’ai pu avancer avec elle.

Comment vous êtes-vous documentée sur la vie de Karen Blixen avant qu’elle devienne écrivain ?

Je me suis appuyée sur la biographie de Judith Thurman, et sur des éditions critiques de son œuvre. J’ai eu à ma disposition sa Correspondance, et son roman autobiographique La Ferme africaine, où elle réinvente en partie sa propre histoire. Cependant, je n’ai pas fait un travail de chercheur ni un travail biographique au sens strict. Karen Blixen est plutôt devenue pour moi un double poétique, à partir duquel j’ai vu la possibilité d’un livre, et une sorte de construction romanesque entre elle et moi. J’ai veillé à être exacte et à ne pas manipuler les faits, et en même temps à tirer les éléments biographiques dans le sens de mon propre récit.

J’ai travaillé par périodes successives, pendant un an et demi ou deux ans. J’ai laissé dormir une première version plusieurs mois. Après une deuxième version, j’ai vu un but possible. J’ai alors écrit de manière très intensive. En fait, c’est à partir du moment où je me suis autorisée à tutoyer la Karen du livre, que le livre m’a échappé. Avant cela, je cherchais la juste place.

J’ai travaillé par couches successives. A chaque nouvelle version j’ai essayé d’aller le plus loin, pour que le livre évolue en fonction mon idée.

A un moment du roman, on ne sait plus très bien qui parle, de la narratrice ou de Karen. Est-ce volontaire ou non ?

Le livre évoque deux femmes à deux époques différentes, dans des lieux et des milieux différents, qui s’interrogent sur le sens à donner à leur vie. Au départ, la narratrice se cache derrière Karen Blixen parce qu’elle ne parvient pas à s’émanciper. Puis elle s’aide de la littérature et de la figure emblématique de Karen. Quand les choses sont trop difficiles à dire pour la narratrice, elle va rechercher Blixen et faire parler sa vie, qui reflète la sienne propre. Ce jeu de miroir fait partie de la construction du livre.

Un livre peut changer une vie : le cas du livre est-il un cas extrême, où est-ce vraiment possible ?

Le lieu du livre permet des sentiments plus intenses que dans la vie quotidienne. De la même manière que la narratrice montre son côté le plus âpre, et que Karen Blixen est décrite dans ce qu’elle a de plus fragile, le récit pousse les émotions au plus loin. Mais dans la vraie vie, les se passent un peu différemment. En ce qui me concerne, je me suis construite à travers mes lectures, c’est ma façon d’avancer et de regarder le monde.

Nathalie Skowronek, Karen et moi, Editions Arléa, 124 pages, 15 euros.

 

25 octobre 2011

Lorenzo Da Ponte, plume de Mozart

Publié par carnetsdimelda dans Litterature, Musique, Opéra

Dans notre série sur les compositeurs italiens – le dernier, Viotti (1755-1824), vous a laissé un souvenir impérissable -, nous avons pu prendre conscience de la mobilité européenne de ces artistes, à la fin du XVIIIe siècle. La Cour de Versailles ou de Vienne était pour eux un espace béni où exercer leur art.

Lorenzo Da Ponte (1749-1838) est de ceux-là. Né en Vénétie, il s’établit à Vienne à l’âge de trente-deux ans, sous la protection de Joseph II – le fils de l’impératrice Marie-Thérèse. Comme il est avant tout poète, on le charge d’écrire les livrets (c’est-à-dire le texte) du nouvel opéra italien, très en vogue à cet époque. Il écrit pour Salieri mais aussi et surtout pour Mozart. Le Nozze di Figaro (1786), c’est lui ! Don Giovanni, c’est lui ! Cosi fan tutte, c’est encore lui ! Il s’est inspiré respectivement du texte de Beaumarchais, du mythe de Don Juan, et probablement d’un fait divers à Vienne pour Cosi fan tutte.

A la mort de l’empereur Joseph II en 1790, il commence un périple à Prague, Dresde, Londres – où il écrit pour une compagnie d’opéra italienne -, et même l’Amérique du Nord, accompagné de sa femme Nancy. Il s’essaie au commerce du tabac, avant de pouvoir donner des cours d’italien au Columbia College de New York. En 1826, il organise à New York la première américaine de Don Giovanni, avec le concours de la Malibran.

On peut lire la vie de Lorenzo Da Ponte dans ses Mémoires, qu’il écrivit à l’âge de 81 ans. Elles ont été rééditées au Mercure de France récemment. Il n’a pu s’empêcher d’embellir le récit ; difficile de ne pas le faire, quand on a écrit des opéras, non ? De quoi donner envie de réécouter, livret en main, les grandes oeuvres que Mozart a composées.

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30 septembre 2011

Le roman du pauvre Lazare

Publié par carnetsdimelda dans Litterature, Politique

Revenir de la mort, est-ce une seconde chance ou une épreuve ? Pour Lazare, homme devenu SDF après avoir mené une vie  »normale », la question se pose. En effet, un sauveur généreux et arrogant, Georges, le tire mystérieusement de la misère. La fille ce ce dernier, Ludivine, lui réapprend à accepter le regard d’autrui.

Cependant, Lazare parvient difficilement à se reconstruire ; il survit en mort-vivant. S’il revient de la mort, c’est parce que le mendiant personnifie la misère, l’inexistence sociale et le néant. La peur que la société a des SDF peut s’apparenter à la peur de la mort, du vide. En même temps, un certain « goût des pauvres » ressurgit : curiosité médiatique, solidarité falsifiée, sympathie pour l’antisystème.

En enchevêtrant différents récits de Lazare - sa vie après la rue, ses souvenirs de jeunesse, sa vie familiale avant la rue, son périple de SDF -, le roman recolle les bouts d’une histoire triste, sans éclat ni effets de style, où l’affliction n’empêche pas le secret espoir d’un vrai sauveur.

Jean-Marc Bastière, Lazare est de retour, Ed. Stock, 2010

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27 septembre 2011

Dostoïevski, quitte ou double

Publié par carnetsdimelda dans Litterature, Psychologie, Roman

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Depuis Romulus et Rémus, la figure du double ne cesse de hanter la littérature. Le premier homme veut toujours éliminer le second – logique. Avec Le Double en 1846, Dostoïevski signe son second roman, bien avant Crime et châtiment, Les Frères Karamazov et autres plaisants récits, pleins de douce légèreté.

Monsieur Goliadkine est un modeste fonctionnaire pétersbourgeois. C’est un anti-héros, toujours en échec, essayant vainement d’aller de l’avant, pour courir droit au mur. Il balbutie, il est balloté par des vents contraires. Un jour, il rencontre rien moins qu’un autre Monsieur Goliadkine (-cadet), son sosie, qui le suit, vient habiter chez lui, prendre sa place au bureau, et agir de manière plus déshonorante. La réputation de « notre héros » – comme le nomme le narrateur – est peu à peu détruite.

L’(anti-)héros est de plus en plus isolé, oublié et malheureux – similitude avec le roman Hors champ (2009) de Sylvie Germain, avec cette disparition progressive, cette marginalisation, solitude radicale au milieu de la société. Mais le lecteur, qui suit les pensées tumultueuses de Goliadkine, se sent aussi perdu que lui : quelle est cette Allemande ? Le sosie existe-t-il vraiment ? Pourquoi les proches de Goliadkine ne sont-ils pas gênés par la présence du double ? Le héros nie « l’affaire » à chaque instant, éperdu.

Cette confusion des sentiments épouse et déforme le langage, avec toute une série de petits mots inutiles, presque phatiques, ce langage cabossé, haché, répétitif jusqu’au délire : « Bon, c’est bien… mais si, l’autre… Mais, eux, l’autre, ils… ils confondaient ! Allez savoir, avec lui ! Ah non, mais Seigneur Dieu ! … Il va vous le substituer, le bonhomme, il va vous le substituer, canaille – comme une serpillère, il va vous le substituer, et il ne se dira pas, lui, que, l’homme, ce n’est pas une serpillière. » Heureusement, le comique de répétition et celui de la situation rompt le rythme infernal, atténue la tragédie. Remarqué.

 

Fédor Dostoïevski, Le Double, traduction d’André Marcowicz, Coll. Babel, Actes Sud

 

22 septembre 2011

Thomas Vinau, du dehors au dedans

Publié par carnetsdimelda dans Litterature, Mots, Roman

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« Il y a deux façons de venir à l’écriture. On peut se mettre à écrire parce qu’on aime parler. On aime l’oralité. Raconter. Ou on peut se mettre à écrire parce qu’on n’aime pas parler. »

Assurément, Thomas Vinau, jeune poète habitant en Provence, préfère écrire pour laisser les mots mesurer, et peut-être abolir la distance qui le sépare des choses. Ce roman est composé de brefs épisodes titrés, de paragraphes impressionnistes, comme autant de photos, de longs instants cristallisés par la plume.

Le premier versant est un voyage que Walther entreprend à travers l’Europe, de Spitzberg à Gibraltar. Il laisse Sally derrière lui : « Quand on aime il faut partir », dit l’exergue de Blaise Cendrars. Il faut errer dans « le dehors du dedans », dans l’extériorité des couleurs locales, des lieux de transit, des rencontres impromptues – même avec un oisillon. Celui-ci retrouve la chaleur du dedans dans la poche de Walther.

Vient le temps de rentrer : second temps. Le ventre de Sally porte un tout-petit. Le « dedans du dehors », c’est la maison familière et les braises du feu, le nourrisson et l’infini microcosme du « café qui gargouille », des « bisous mal rasés ». Toutes ces « superbes insignifiances ». Les saisons qui défilent, des vignes orange aux pluies de printemps, n’en sont que la confirmation temporelle.

Artiste d’un minimalisme qui se rapproche de celui de Philippe Delerm (lire Le bonheur), Thomas Vinau éblouit par la minutie de ses descriptions, la finesse de ses perceptions, la force d’expression de ses ellipses. Entre narration journalière et évocation poétique, il joue avec le langage pour chuchoter la délicatesse musicale de l’intimité.

 

Nos cheveux blanchiront avec nos yeux, de Thomas Vinau, éditions Alma.

 

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