Les Carnets d'Imelda

8 octobre 2010

Pourquoi aimer le Grand Siècle ?

Entretien avec Emmanuel, étudiant en histoire et histoire de l’art. Après trois ans en prépa littéraire, il a rédigé pendant son master à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, un mémoire sur les trophées de la Chapelle royale de Versailles. Il nous fait partager son enthousiasme et son admiration pour l’esthétique du XVIIe siècle, dans ses multiples composantes artistiques et éthiques.

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Comment a commencé votre passion pour le XVIIe siècle ?

La première fois que j’ai rencontré le XVIIe siècle, c’était en visitant le château de Vaux-le-Vicomte. J’avais sept ans. J’ai tout de suite été attiré par l’atmosphère, les peintures, la décoration et l’esthétique du lieu. Mais sans esprit critique. Quand j’étais petit, j’aimais plusieurs époques. En effet, avant le développement du sens critique, nous sommes seulement attiré par ce qui nous plaît. Je dois avouer une erreur de jeunesse : j’admirais Napoléon quand j’étais enfant, mais à cause des batailles et des uniformes.

Concernant le XVIIe, j’ai davantage été attiré par lui que par la Renaissance ou par le XVIIIe, mais je ne sais pas vraiment pourquoi. Il me plaisait beaucoup, aussi bien par la musique, l’architecture, la peinture, la littérature… Et surtout, au collège, la littérature. Bien que je n’aie pas eu des cours exceptionnels et que je n’étais pas en mesure de tout apprécier, j’aimais beaucoup les Caractères de La Bruyère et les tragédies de Racine.

Par quels adjectifs pourriez-vous qualifier l’esthétique de ce siècle ?

Tout dépend des registres, car l’esthétique s’adapte à la destination d’un objet, d’un monument ou encore d’une œuvre écrite ou orale, ou purement instrumentale ou vocale. Dans l’ensemble, je dirais « majestueux », « qui inspire la grandeur et le respect », « équilibré ». Je ne rentre cependant pas dans les clichés de l’architecture classique que l’on nous enseigne au collège. On nous y montre un classicisme très dépouillé, sans statues, sans ornements, voire sans peintures et sans couleurs. Ce classicisme-là est sorti de la Révolution, du vandalisme révolutionnaire qui a mutilé de nombreuses œuvres.

Ainsi, avant la Révolution aux Invalides, des statues étaient juchées en acrotère (en saillie) sur les façades. Versailles retrouve en ce moment ses dorures sur les toitures ; les façades pouvaient être peintes. C’était le cas à Marly, où l’on a peint du faux marbre sur les façades, à la manière génoise ou vénitienne. Dans le style pierre et brique du premier Versailles, on pouvait imiter les parements bichromes sur des façades plus banales. Le principe consistait à mettre sur un fond blanc un enduit ocre, orange ou rouge foncé, et de tracer des rainures sur cet enduit, pour faire ressortir des faux joints. Au XVIIe siècle, on aimait ce qui donnait de la couleur, de la vivacité au décor. Le mobilier n’échappe pas à cette règle : tentures et parements cramoisis, lapis-lazuli, plateau de marbre, des meubles aux veinures tranchés et aux couleurs chatoyantes, contrastes affirmés et matériaux insolites comme l’écaille de tortue !

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28 juillet 2010

Ecrire un roman historique : questions et jubilations

Publié par carnetsdimelda dans Histoire, Les Entretiens d'Imelda, Litterature, Roman

Entretien exclusif avec Aude Pilorgé, auteur du roman De soie, d’or et de sang, aux éditions des Quatre Saisons. Portrait d’une passionnée du Moyen-Age et du XIIe siècle, cultivée et imprévisible.

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Pourriez-vous vous présentez en quelques mots ?

Je suis mariée et mère de famille nombreuse, rédactrice juridique dans l’administration. C’est mon premier roman, et j’ai déjà une soixantaine d’années.

Depuis quand écrivez-vous, et sous quelle forme ?

J’ai commencé très tôt. Petite, j’écrivais des bandes dessinées, des contes, des nouvelles, et mon journal jusqu’à l’âge de vingt-cinq ans. J’ai tout jeté, je pense que ce n’était pas très bon. Puis je me suis mise à beaucoup lire.

J’ai commencé à écrire ce roman il y a vingt ans, mais j’ai commencé à le rédiger vraiment il y a trois ans. Auparavant il s’agissait de pages écrites au hasard de mon inspiration ; j’ai réutilisés certains de ces fragments par la suite.

J’écris à l’ordinateur : c’est plus rapide que de tout recopier. Seules les premières pages ont été écrites à la main ; j’étais alors en Tunisie et sans ordinateur. Par la suite, ce sont simplement les idées que j’ai notées sur le papier, pour les développer ensuite à l’écran. 90% du roman a été écrit directement à l’informatique.

Pourquoi avez-vous écrit ce roman ?

Je crois bien que l’idée m’est venue en lisant un livre d’Ellis Peters, qui a écrit des romans policiers médiévaux ; elle parlait d’un bouton au XIIe siècle, alors que ceux-ci n’existeront qu’au XIIIe. Je me suis dit que l’on pourrait bâtir une intrigue avec quelqu’un qui retrouverait, non pas un bouton, mais un galon.

J’ai toujours aimé passionnément le Moyen-Age, sans savoir vraiment pourquoi. J’ai en fait deux pôles d’intérêt : le Moyen-Age et l’Extrême-Orient. Mais l’Extrême-Orient est un monde complexe, plus difficile à connaître, et qui nous est étranger. Tandis que le Moyen-âge, c’est chez nous ! J’ai lu tout ce que j’ai pu trouver en fait de romans médiévaux et de livres d’histoire.

J’aime surtout le XIIe siècle, qui est l’aurore d’une apogée de notre civilisation. L’apogée sera le XIIIe siècle avec saint Louis, puis viendra une certaine décadence. Tous les jaillissements sont suivis d’effondrements.

Cette époque est marquée par un approfondissement de la foi, un développement de la culture, qui va de pair avec une fantastique richesse artistique.

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20 juillet 2010

Les Entretiens d’Imelda

Publié par carnetsdimelda dans Les Entretiens d'Imelda

D’ici peu de temps une nouvelle rubrique paraîtra sur les Carnets d’Imelda. Elle consistera en une série d’entretiens avec des personnes variées qui parleront de leur centre d’intérêt personnel, généralement lié à la culture, qu’il s’agisse des Mérovingiens, de l’aquarelle ou de la cuisine sarde médiévale. Déjà programmés : en juillet, un entretien avec l’auteur d’un roman médiéval, et en septembre (le mois d’août laissant le blog en repos…) l’interview d’une jeune cantatrice soprano.

Si à cette occasion vous souhaitez faire parler d’une de vos connaissances porteuse d’art ou d’idées, n’hésitez pas à laisser un message à : sol1406@hotmail.fr

 

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