Les Carnets d'Imelda

20 juin 2010

Camaïeu musical

Publié par carnetsdimelda dans Impressions, Musique

Un exercice intéressant est celui de comparer plusieurs interprétations d’une même oeuvre. Prenons par exemple le « Laudamus te »  du célèbrissime et magnifique Gloria de Vivaldi. En voici quatre différentes :

- Ici dans une interprétation (lire la première des deux) de l’ensemble Concerto Italiana dirigé par Rinaldo Alessandrini.

- , c’est l’orchestre de chambre de Lausanne dirigé par Michel Corboz. C’est bien plus lent : 2 minutes 16 au lieu de 1 minute 57 pour l’ensemble italien (En même temps, en Suisse… bon). Mais ce dernier était exceptionnellement rapide : parmi la vingtaine d’interprétations proposées par Deezer, il s’agissait de la plus brève.

- Cette interprétation, sous la houlette de Riccardo Muti, met en relief le jeu du clavecin.

- Dans celle-ci, avec le Choeur du King’s College de Cambridge, on peut particulièrement apprécier la qualité des voix solistes.

A vous de proposer d’autres commentaires !

 

15 juin 2010

Essai d’hypotypose

Publié par carnetsdimelda dans Ecrire, Gastronomie, Impressions, Litterature, Mots

Une hypo-quoi ? Encore un de ces mots pédants. Cette Imelda, elle est bien contente de montrer qu’elle est en khâgne. Quelle honte. Tout se perd. Enfin, penchons-nous sur la question ; une hypotypose, nous dit-on, est « une figure qui regroupe l’ensemble des procédés permettant d’animer une description au point que le lecteur « voit » le tableau se dessiner sous ses yeux. »

Aussi vais-je essayer ce petit jeu littéraire qui est d’évoquer un certain spectacle, de façon telle qu’il vous semble palpable ; puis je vous donnerai mes filons, découverts au moment même de l’écriture. Une expérience d’errance amusante, comme beaucoup d’autres dans la République des lettres !

« Sur la jolie table blanche de jardin se pressaient mille délicieuse victuailles : un gros fraisier fait d’un biscuit léger aux amandes, d’une bonne crème pâtissière sucrée et délicieuse, de fraises rouges si savoureuses. Un gâteau au chocolat avec le coeur noir fondant sur la langue, et la croûte qui craque. Des boules de glace froide contre les dents, grasses, à la pistache piquante. Avec des cigarettes russes croustillantes qui font des miettes sur la table. Une pêche à la peau veloutée avec son duvet léger, jaune et croquante à l’intérieur, dont le jus dégouline sur les doigts en les poissant. Un yaourt blanc et frais, avec son odeur acide de lait, onctueux dès qu’on le mélange. Du jus multifruits orange, fluide liquide fruité qui clapote dans le verre. Des abeilles qui rôdent dans l’air chaud. Des macarons multicolores croustillants dehors, fondants dedans. Des raisins vert transparent. Des mandarines acides. Des noix craquantes. Avec une limonade très fraîche et pétillante. »

Avez-vous faim, ou tout au moins envie de ces choses ?

Si oui, mon pari et gagné. Sinon… tant pis, ce n’est pas grave. Vous bénéficierez quand même de mes petites astuces propres à nous mener sur les voies merveilleuses de l’hypotypose. D’abord, essayer d’évoquer tous les sens : la vue nous est la plus spontanée, d’autant que lorsque nous voyons un mot écrit nous nous le représentons d’abord (souvent !) visuellement. Mais ne pas hésiter à dire des odeurs, des senteurs, des bruits et des sensations tactiles. Aller dans le détail concret. Eviter toutes les abstractions, même par exemple le mot « goût ». Volontiers forcer le trait, exagérer. Accumuler.

Tout ça, c’est le pouvoir du langage. Et blablabla.

 

4 juin 2010

Inventaire au parc de Versailles

Publié par carnetsdimelda dans Impressions

Profitant d’un cours d’anglais supprimé et du lâche abandon de mes amies, qui en cours espagnol, qui en week-end, j’ai dirigé mes pas vers le plus grand château du monde qui se trouve au bout de ma rue…

Adossée à un des vieux tilleuls taillés et alignés au bord du Grand Canal, je remarque le contraste violent, par cette journée de grand soleil, entre les pelouses vivement vertes et l’ombre digne d’un sous-bois, dès qu’on quitte le domaine d’investigation de Phoebus. Une petite fille blonde, parlant anglais, juchée sur le dos de son frère, crie, effrayée et ravie à la fois. Des canards filent volant à la surface de l’eau. Des groupes scolaires, amassés sur les seules zones d’ombre, suscitent un brouhaha un rien trop bruyant. Le crissement de roues de vélo derrière moi. Bourdonnement de moucherons et de guêpes. Des touristes allemands passent. Un avion aussi, si loin dans le ciel. J’entends des enfants meuglant : « Achetez des rillettes, achetez des rillettes ! » Quelques nuages gris-blancs, presques semblables les uns aux autres, sont suspendus dans le ciel digne d’un plafond en trompe-l’oeil du palais. Le gazouillis des oiseaux. Plus proche, le murmure de visiteurs assis comme moi. Une jeune fille en jean et polo blanc lit non loin. Un brise tiède caresse la peau, par vagues. Un papa joue accroupi dans l’herbe avec sa petite fille de d’un an coiffée d’un bob.

Tout à l’heure, évoluant parmi le labyrinthe des bosquets, je me suis perdue. Ou plus précisément, j’ai débouché sur un endroit que je ne connaissais pas : entre d’autres bosquets, et même des sapins, une sorte de clairière rectangulaire couverte de pelouse. Quelques jeunes, peut-être familiers de l’endroit, y paressaient. Mais je ne savais où diriger mes pas. Heureusement, levant mon regard éperdu (ou pas), je vis la flèche de la chapelle royale, sur ma droite. Les cloches de l’angélus se mirent alors à sonner.

De l’autre côté du Canal, si bleu par ce ciel, je vois des coureurs, motivés. Derrière moi, une promeneuse dit à son amie : « J’attends ma paie, et j’achète… » Je ne saurai jamais ce qu’elle achètera. Des ballons de baudruche ? Un dictionnaire latin ? Qu’importe au fond, puisque des vaguelettes scintillent sous le souffle de la brise. L’herbe et surtout les graminées, me piquent légèrement. La petite fille anglaise essaie d’attraper les feuilles du tilleul qui tombent, encore vertes. Plus loin, des lycéennes en short débattent sur la décision de s’asseoir à l’ombre ou au soleil. L’orthogonalité du Grand Canal cruciforme est frappante. Un couple âgé arrive avec une glacière. Chaude, une odeur d’herbe frappe mes narines.

Remontant vers le château qui nous surplombe, je rencontre des gens aussi différents que : deux mères de famille à vélo, qui disent :  »C’était le moment où Promod faisait des pantalons très larges. » « Oui, des pantalons de marin quoi. » ; des touristes japonais (quand même) avec appareil photo et Ray-Ban ; une jeune fille grattant quelques accords sur sa guitare au milieu de ses amies ; une vieille dame avec un chapeau de paille violet ; deux mamans qui discutent, avec, spectacle touchant de bonté maternelle, une petite fille entre les deux mangeant une crêpe elle-même soutenue par la maman de gauche ; un petit garçon brun bouclé, pas plus de trois ans, qui pousse la poussette de sa petite soeur ; des touristes étrangers en petites voitures ouvertes louées par le domaine ; une atmosphère insouciante, estivale, plus dense à mesure qu’on se rapproche du point central qu’est le château ; Cléopâtre en marbre blanc qui gémit sur son socle ; une jeune Anglaise en minishort disant « Oh my God », avec l’accentuation britannique qui donne l’impression de paroles toujours dites avec vivacité ; un cygne au cou grisâtre qui donne de petits coups de tête ; une poussette (encore) avec nacelles superposées, admirable innovation technique ; un homme qui presse des oranges à l’entrée d’un bosquet ; des retraités qui partagent sur un banc olives, tomates cerise et jambon cru ; des soldats grecs sur un grand pot en marbre blanc ; un camaïeu de verts, de rouge et de blanc en jetant un regard sur le parterre de Latone ; une jeune femme qui se fait photographier avec sourire crispé ; un homme d’affaire qui, mourant de chaud, a retiré sa veste ; un homme avec une trotinette sur l’épaule ! Une institutrice qui demande à ses élèves : « Quelqu’un a encore faim ? Il reste un bout de sandwich… » Une femme en sari à rayures rouges et orange. Des hommes du service d’ordre du Domaine. Et, lorsque l’on se retourne place d’Armes, le gris ardoise des toits blanchissant au soleil, le sable clair et la récente redodure des grilles, donnent une impression de vive lumière.

Un parc peut être un résumé de la comédie humaine, tout comme un chouette endroit pour lire au soleil.

12 mai 2010

Retours d’Italie (1)

Publié par carnetsdimelda dans Architecture, Histoire, Impressions, Voyages

Ayant passé quelques jours à Turin et Milan, je vous en livre quelques échos picturaux et sonores.

Turin. Capitale du Piémont, 910 000 habitants. Elle fit partie des Etats de Savoie de 1419 à 1860, puis fut la capitale de la nouvelle Italie unifiée, jusqu’en 1866. Turin fut en effet le foyer du Risorgimento, période qui déboucha sur l’unification italienne, dont les 150 ans seront fêtés l’an prochain. En particulier un de ses acteurs principaux, Cavour, vécut ici, et venait oublier ses soucis politiques au café San Carlo où nous avons dégusté le Bicerin, spécialité locale (3 étages : café, chocolat et crème liquide).

Le Palazzo Madama. Il doit son nom aux deux « Madame Royale » qui y séjournèrent aux XVIIe-XVIIIe siècles : Christine de France (1606-1663), veuve de Victor-Amédée Ier, et Jeanne de Savoie-Nemours, veuve de Charles-Emmanuel II. La façade que vous voyez fut réalisée au XVIIIe. Le palais abrite le Musée d’Art antique.

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La piazza San Carlo (où se trouve le fameux café), avec les églises Santa Christina et San Carlo, éminemment baroques comme la plupart des églises en Italie. Notez les candélabres qui surmontent la première, ainsi que sa façade dessinée par Juvarra, fameux architecte d’origine sicilienne du début du XVIIIe siècle.

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Un balcon sur la Via Po. Je raffole de ces îlots de verdure blottis dans les cours fraîches et les terrasses perchées.

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A suivre…

24 mars 2010

Penser la peluche

Publié par carnetsdimelda dans Humour, Impressions, Petites reflexions, Psychologie

Ou comment se recontrèrent le monde des nounours et celui de la philosophie spéculative.

Qu’elles soient ours ou lapins, les peluches n’ont cessé de susciter des questions existentielles. En effet, ces animaux recouverts de peluche (une étoffe à longs poils soyeux et brillants) sont souvent très étranges. Qui peut avoir l’idée d’un éléphant rose ? D’un lapin habillé d’une salopette orange ? D’un souris plus grande que nature ? D’un ours qui semble non seulement inoffensif, mais gentil ? Voilà qui laisse plus que perplexe.
Plus encore, qu’est-ce qui fait qu’une peluche semble presque obligatoirement mignonne, sinon « craquante » ? (exemple ci-dessous)
Penser la peluche dans Humour oayo70uq

Qui, quand, où, pourquoi, comment, chez qui et jusqu’où la peluche ?
Nous nous bornerons à essayer de répondre au problème suivant : à quoi servent les peluches ?

Le mot vient du verbe en ancien français peluchier (« éplucher », « nettoyer des poils embrouillés »). On retrouve alors dans cet objet le désir de lisser un monde embrouillé, de faire de réalités âpres des mondes doux et caressants.
Nous avons remarqué que les animaux en peluche sont différents de ceux qui dans la réalité vivent, sauvages et cruels, consommateurs de chair fraîche. Comparez la photo ci-dessus avec celle-ci :

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La peluche est une sorte de représentation stylisée, qui simplifie et bonifie l’animal jusqu’à le rendre sétérotypairement câlin et velouté. Les formes s’arrondissent, le corps raccourcit jusqu’à ce que que le tronc reste surtout symbolique (rappelez-vous les peluches « Diddle »). Bien sûr, le poil est plus ouaté. Et surtout, dans bien des cas, l’ours qui pèse 100 à 300 kilos dans la réalité ne fait plus que quelques centaines de grammes. Il est tout petit. Et ce qui est petit est bien souvent plus mignon. En témoigne le fait que lorsqu’on dit « ma petite maman », par exemple, le mot « petit » perd son sens propre et devient un terme hypocoristique (c’est-à-dire, en linguistique : qui exprime l’affection).

Ainsi, plus petit, l’animal fait moins peur. L’éléphant rose aussi. Le monde étranger et effrayant est apprivoisé, adapté à la taille de l’enfant qui en fait son doudou et joue avec lui. Les autres fonctions de la peluche étant, à ma connaissance, celui d’être une mascotte porte-bonheur (sportive par exemple), ou de servir de décoration. Sa valeur est donc essentiellement symbolique – et si possible esthétique.

En guise de cerise sur le gâteau, ou de doublure en velours sur l’oreille du lapin, nous vous proposons quelques images de peluches tout simplement délicieuses.

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PS : Cette idée d’article m’est venue après être tombée en extase hier devant un petit nounours tombé sous le lit d’une fillette de 5 ans. Que la vie est belle, si on en prend un tout petit peu la peine (et si on le peut).

17 mars 2010

Contre Epinalos

Publié par carnetsdimelda dans Impressions, Petits ecrits imeldiens

Une bâtisse baroque s’assombrissait par touches, comme si une mantille se posait lentement sur ses pinacles sculptés. Un parfum d’eucalyptus se distillait le long des murets où le granit se disputait à l’argile. Rien n’était pauvre ou riche, gai ou triste, mais une étrange et exaltée conjonction des deux se dessinait aussi imperceptible que vive.
Point de robe rouge ni de guitare, seuls des gens vivant paisibles et soucieux, loin des clichés, proches du temps. Les portes des maisons aux rues étroites s’ouvraient et se fermaient. Un bus passa. L’éphémère touchait à l’éternel, sans se réduire aux contours géographiques, à la péninsule multiséculaire, aux cartes postales folkloriques. « Le lyrisme de la tradition se mêlait indistinctement à la post-modernité. »
Mélange espagnol où le claquement des castagnettes accompagnait de plus en plus discrets des éveils, sous un éblouissant soleil.

17-III-2010

9 mars 2010

Appétit de vivre

Publié par carnetsdimelda dans Impressions, Petites reflexions, Psychologie

Je me suis aperçue que certaines personnes profitent de la vie avec plus ou moins d’appétit, d’intérêt, d’investissement, de curiosité, de petits plaisirs, de joie. C’est un certain état d’esprit qui se rapproche de la joie d’exister et d’en tirer le plus de bonheur, à la mesure de notre propre vie. Certains plaisirs sont payants, d’autres gratuits. Je me suis amusée à en recenser quelques-uns.

Parmi les plaisirs un peu coûteux, nous trouvons aller à un concert (de baroque bien sûr), manger une glace chocolat-pistache sur une terrasse de café, offrir des cadeaux inutiles (liés à des souvenirs communs par exemple), faire du canoë sur un lac en Haute-Loire, faire de la broderie ou du tennis, jouer de la harpe celtique, organiser des anniversaires-surprise, aller en soirée dansante, voyager en Espagne, faire de l’enluminure, faire une charmante déco pour son séjour, préparer des crèmes brûlées pour ses amis, faire les magasins, fonder une revue spécialisée, manger des bonbons le soir.

D’autres, plus gratuits, peuvent être ceux d’aller regarder la Voie lactée les nuits d’été, être curieux de tout, de l’actualité, faire des jeux de société (les échecs, bien sûr), manger dehors le plus souvent possible et dès que le printemps pointe son nez, discuter avec la caissière, chanter en faisant la vaisselle, se baigner dans des rivières, prendre l’apéritif même en semaine, sourire au chauffeur de bus, donner des prénoms aux objets de la maison (Hugo le frigo, Estelle la pelle…), etc, etc.
Si vous avez d’autres idées, je suis preneuse !

L’appétit de vivre peut consister en une certaine jeunesse d’esprit, prête à s’amuser de riens et à s’émerveiller de tout. A saisir chaque occasion de se faire plaisir mais également de faire plaisir aux autres. Et non seulement en période de vacances, mais aussi dans les tâches quotidiennes et routinières.
La question serait : pourquoi certaines personnes sont-elles plus blasées que d’autres ?
Et jusqu’où peut aller cet appétit de vivre ?
Voilà. Graves questions, n’est-ce pas ?

Post Scriptum : je voulais ajouter que ces activités ont pour carcatéristique commune de n’avoir souvent d’autre but qu’elles-mêmes, ou tout au moins d’échapper à une perspective utilitaire et technique. Par ailleurs, elles s’arrêtent là où ce plaisir devient pur hédonisme, et peut mener l’homme à négliger ses autres devoirs.

17 février 2010

Microcosmes (2)

Publié par carnetsdimelda dans Humour, Impressions, Petites reflexions

Dans la série « la khâgne rend fou » (n’hésitez pas à consulter à cet effet l’onglet « Les billets de la khâgneuse » ci-dessus), bien qu’on puisse aussi comprendre en ce terme de folie la capacité à voir ce qu’on ne verrait pas avec un esprit sain (illuminations rimbaldiennes, surréalisme, pouvoir de la poésie à ce qui est étrange donc étranger, et tutti quanti…), donc, hem, la folie me fait aujourd’hui entrer dans la période « Microcosmes ».
Rien à voir avec un quelconque film sur les insectes (quoique). Je fais ma période Microcosmes, comme certains ont leur période Pokémon, Barbie, Lego, aquarelle, barbecue, films d’horreur, match de rugby, musique retro, raton laveur…
Venons-en aux faits. Au sujet, donc.
Il me semble que le microcosme puisse vraiment s’identifier au macrocosme. Un petit monde est tout le monde. Quelques exemples pour éclaircir ces phrases absconses :
-Une petite famille reflète les questions essentielles de l’homme (au hasard : vivre, aimer, mourir, manger, dormir, choisir, rire et pleurer).
- Une vie, dès lors qu’elle touche à l’amour (sens large) et à la mort, est la vie.
- Dans la littérature, l’art, se trouvent de nombreux exemples de cette relation. Je ne parle pas que de Vermeer et de Proust (voir infra). Mais bien souvent, dans l’espace d’un motif, d’un cadre spatio-temporel restreint, d’un ou deux personnages (plutôt deux) se trouvent quelques grandes questions humaines. C’est justement le génie de l’artiste de les mettre en évidence.
- Je ne parle même pas de la biologie, avec le fonctionnement de la cellule vivante, ni de l’économie, où la micro-économie, eh bien, reflète sans doute la macro (hem, là je marche sur des oeufs, voire sur rien).
- Dans la vie spirituelle, des riens peuvent contenir tout. « Ramasser une aiguille pour l’amour de Dieu est aussi grand que faire un pélerinage à Jérusalem avec la même mesure d’amour », disait sainte Thérèse de Lisieux.
L’exemple est l’idée, alors ? Non pas. Mais le singulier peut parfois prétendre à l’universel, bien qu’en ayant conscience de ses limites. Et c’est plutôt sympathique, comme idée.

Microcosmes (2) dans Humour Microcosmos

11 février 2010

Pureté glacée

Publié par carnetsdimelda dans Architecture, Impressions

Aujourd’hui plus que jamais, c’est il me semble par ces deux mots, ce substantif glacé et cet épithète pur, que j’aimerais qualifier cette noble ville d’adoption qu’est pour moi Versailles.
Bien sûr, il y a en ce moment cette neige qui saupoudre les trottoirs, ourle les branches, couvre les toits de ce sucre glace. Unifie tout en un même manteau. Et puis, ce froid qui pique les yeux, mord les joues, pétrifie les lèvres.
Pourtant, même en été, il y a dans ce ciel dont le pans se mesurent à la largeur des rues, dans ces avenues au dessin homogène, dans cette hauteur de vue, cette orthogonalité générale, ces couleurs claires, une candeur qui n’égale que sa froide beauté. A neuf heures du soir, il n’y a plus personne dans les rues. Et même, passant du macrocosme au microcosme, lorsque l’on franchit la porte de la Chapelle royale, le temps d’un concert de Charpentier, il n’y a que la splendeur mêlée du classique et du baroque pour refléter infiniment cette rectitude royale.
Cliché ? Et pourtant, lorsque vous longez le Grand Canal au soir tombant, silhouette infime, vous pensez que Versailles est une ville non pas à taille humaine mais plutôt pré-divine.

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