Les Carnets d'Imelda

12 février 2012

Strasbourg la Lumineuse

Publié par carnetsdimelda dans 2 mois à Strasbourg, Impressions, Photographie

 

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Depuis le Pont Saint-Guillaume.

 

 

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Maisons du quai Saint-Nicolas.

 

 

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Enseigne rue de la Krutenau.

 

 

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Vestiges de l’enceinte médiévale, rue du Fossé des Orphelins.

 

 

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Maison rue de la Douane.

 

 

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Le Parlement européen, vu de l’allée du Printemps.

 

 

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Depuis le Pont Saint-Nicolas.

 

 

26 novembre 2011

Le bio à moindre prix, un défi difficile

Publié par carnetsdimelda dans Actualité, Impressions, Journalisme

Le bio à moindre prix, un défi difficile dans Actualité 

Le Salon bio Marjolaine qui se déroule du 5 au 13 novembre au Parc floral de Paris est un lieu de référence pour trouver des produits d’alimentation, de beauté ou de décoration respectueux de l’environnement. Cette année, un parcours « Promotion » propose dans plusieurs stands un article bradé, afin de montrer que le bio peut-être plus accessible à tous. Le bio peut-il vraiment coûter moins cher ? Il semble que son exigence de qualité le maintienne au-dessus des prix du marché.

Il est près de midi au Salon bio Marjolaine, dans les halles du Bois de Vincennes. Des centaines de personnes se pressent calmement entre les 550 stands, essayant un appareil de massage, goûtant de la pâte d’amande bio ou lisant un tract pour un séjour de jeûne diététique. Les visiteurs ont en moyenne une cinquantaine d’années. Peu de jeunes fréquentent ce salon de référence dans l’univers du bio, qui a accueilli l’année dernière près de 71 000 visiteurs pendant neuf jours. Sont-ce des personnes déjà installées dans la vie, qui peuvent se permettre de consacrer une partie plus importante de leur budget à une consommation de grande qualité ?

L’épithète est tenace dans les esprits : « Le bio, c’est cher ». Aussi cette année le Salon Marjolaine a mis en place un parcours « Promotion » : un petit écriteau vert indique la baisse de prix d’un des produits. Pourtant, cettte fameuse pancarte est difficile à trouver. « J’ai bien vu l’annonce de ce parcours Promo à l’entrée, témoigne Monique, une visiteuse sexagénaire, mais je n’en a pas beaucoup vu parmi les stands. »

Simon Trabuc vend les produits de la coopérative vietnamienne Bibol : des plats et saladiers en bambou peints et laqués, sans solvant ni composant organique volatile (C.O.V.). Quelques coupelles sont bradées, « parce qu’elles présentent de légers défauts », dit-il. Il ne s’agit pas pour lui de rendre le bio plus accessible.

Les produits biologiques sont-il vraiment plus chers ? Au Salon Marjolaine, certains sont dans les mêmes fourchettse de prix que les produits non bios : par exemple, un savon de Marseille à 2,90 euros, ou dehors, une formule déjeuner « crêpe flambée et crêpe au sucre » pour 8 euros. Cependant, le stand de la pâtisserie Laura Todd vend une belle boîte de 29 cookies bios 41 euros. Le petit gâteau d’épices de 250 grammes à 6,10 euros ou le miniscule pot de 100 grammes de confiture de papaye à 6 euros, peuvent également laisser beaucoup réticents.

Pas besoin d’être économe pour avoir un commerce équitable

Un salon est cependant le lieu privilégié pour trouver des prix réduits. « Tous les produits que je vends au Salon Marjolaine sont en promotion », déclare Anatole Rosier, qui vend des systèmes domestiques de filtration et de traitement de l’eau. « Ils sont moins chers dans ce stand que dans le catalogue ; mais ce n’est pas le cas de tous les produits vendus dans ce salon. » Il a mis en promotion un système de filtration de douche anti-calcaire, vendu à 85 euros au lieu de 95 euros, ce qui lui permet donc de renvendiquer la fameuse pancarte.

Plusieurs facteurs rendent le bio cher. « Le vrai bio garde un prix élevé qu’il nécessite un prix de revient important », justifie Philippe Loncar, savonnier dans l’entreprise familiale et artisanale « La Grange aux Herbes ». Pour lui, le bio doit rester artisanal et être cultivé dans de petites structures. Il met en promotion une nouveauté de l’année dernière, un baume à lèvres au beurre de karité de 10 g, qui coûte 6,50 euros. Les huiles essentielles, le flaconnage et la main d’oeuvre coûtent cher, c’est pourquoi le prix de vente est élevé.

De plus, cette exigence qualitative s’inscrit souvent dans une perspective de développement durable. « Cette cartouche filtrante permet une économie de 40% d’eau au final, déclare Anatole Rosier. Le prix implique donc une vraie économie à long terme. »

Toutefois, certains profitent du prix habituellement élevé du bio pour tromper les consommateurs, à en croire Philippe Loncar : « Mes produits sont certifiés Nature et Progrès, un cahier des charges qui demande que 100% des composants soient bios. Certaines grandes entreprises, comme L’Oréal, revendiquent des produits bios qui en fait ne comprennent que 5% de composants naturels. »

Les distributeurs sont aussi mis en cause : « Dans les supermarchés, il y a souvent peu de traçabilité, et ils peuvent en profiter », dénonce Simon Trabuc, de l’entreprise Bibol.

Au Salon Marjolaine, les consommateurs ne disent pas autre chose : « Je trouve que le prix élevé du bio n’est pas toujours justifié, surtout quand le produit n’est pas totalement bio, déclare Monique. En région parisienne notamment, les produits bio sont plus chers qu’ailleurs. Pour ma part, j’achète seulement certains produits bio qui risqueraient de contenir des composants chimiques, comme la farine, le miel ou les épices. Je ne pense pas que le bio va devenir moins cher, ou alors ce sont les normes qui vont baisser. » Surtout, Monique admire les démarches des agriculteurs ou des viticulteurs bio, qui parviennent à vivre de cette exigence d’authenticité.

Imelda

 

18 novembre 2011

« Paris change… »

Publié par carnetsdimelda dans Impressions, Litterature

La nostalgie traverse les siècles. L’acteur et comédien Fabrice Luchini déclarait en 2001 dans le magazine Zurban, en colère parce que le Paris de sa jeunesse disparaît peu à peu :

« Je suis près à devenir violent contre le capitalisme sauvage et la loi du marché qui ont fait de Saint-Germain-des-Prés une succursale du vêtement. C’est une véritable atteinte symbolique que les sapes aient remplacé les livres. (…) C’est fou qu’on ne comprenne pas la bêtise du commerce dans ce quartier-là. Le Flore [photo] n’est plus qu’un ramassis de vieux Américains à la recherche d’un mythe qu’ils ne connaissent pas. »

Charles Baudelaire dans le poème Le Cygne des Fleurs du mal en 1857, ne disait pas une chose très différente :

« Le vieux Paris n’est plus (la forme d’une ville
Change plus vite, hélas! que le coeur d’un mortel) ;

Je ne vois qu’en esprit tout ce camp de baraques,
Ces tas de chapiteaux ébauchés et de fûts, (…)

Paris change! mais rien dans ma mélancolie
N’a bougé ! palais neufs, échafaudages, blocs,
Vieux faubourgs, tout pour moi devient allégorie
Et mes chers souvenirs sont plus lourds que des rocs. »

Que l’on soit triste ou encoléré, de-mon-temps-c’était-mieux-avant, non ? A voir.

 

10 novembre 2011

Une année à la Sorbonne

Publié par carnetsdimelda dans Histoire, Impressions

La fac est une expérience dont vous trouverez mes impressions dans les « billets de la fâkheuse » postés en 2010-2011, et rassemblés ci-dessous pour plus de commodité.

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L’attente, une posture parisienne – 27 septembre 2010

Attendre. Dix minutes pour acheter un sandwich à l’heure du déjeuner. Un quart d’heure pour acheter des tickets de métro (et entendre finalement que le guichet ne délivre que des informations, pas de tickets). Vingt minutes pour passer à la caisse du Monoprix. Vingt-cinq minutes pour faire valider par la fac son attestation de bourse. Une demi-heure pour régler un problème d’équivalence à la fac. Trente-cinq minutes en vue d’adhérer à une mutuelle étudiante. Une heure et quart avant de visiter le lycée Henri IV aux journées du patrimoine. Cinq heures pour accéder (ou non) à l’Elysée pendant ces mêmes journées…

C’est à devenir fou.

Cependant, plutôt que de s’arracher tous les cheveux, essayons de nous poser sur un coin de siège de bus urbain, s’il en reste encore un, et de réfléchir. Pourquoi cette attente ?

Il peut s’agir d’un problème logistique, purement mathématique. Il n’y a pas assez d’employés dans l’administration de la fac pour une demande importante. Donc un employé se partage davantage de clients, ce qui allonge l’attente de chacun selon un rapport de 2×3/X2 -∞.

C’est aussi un problème social : à l’heure de la crise et du chômage, ne devrait-on pas employer plus de secrétaires, de guichetiers et d’hôtesses de caisse ? Je laisse les problèmes de micro et macroéconomie à leurs analystes chevronnés.

A un niveau plus élevé d’interprétation, n’y a-t-il pas un sens philosophique à cette attente ? N’est-ce pas le concept de mérite qui arrive, couronné de lauriers, mais dédaigné par les files d’attente trépignantes ? Pour acquérir ce beau sandwich jambon-comté qui nous tend les bras, ne devons-nous pas le mériter ? Songer aux grains de blé durement moissonnés, épurés en farine, transformés en pain ? Et à ce sympathique cochon mort dans l’anonymat, pour offrir au consommateur indifférent sa tendre viande ? Quant à cette salade qui a le goût de papier, ne mérite-t-elle pas nos affectueuses pensées ? Dix minutes ne seront pas de trop.

Songeons-nous aussi aussi à ces ménagères qui, pendant l’Occupation, faisaient la queue dans le froid pour avoir quelque maigre viande pour nourrir leurs enfants ? Mais, me direz-vous, nous ne sommes plus en guerre, mais à l’ère de la société de consommation. Tout est à notre portée : en un geste du doigt sur la télécommande nous avons des images exclusives du Haut-Liban, et en quelques clics les adresses de maîtres verriers à Bourg-en-Bresse. A Paris même, si l’on souhaite une gravure Régence 12×18 ou un gilet gris à col noir en angora, des milliers de magasins agitent leurs enseignes.

Alors, ne râlons pas si le caissier met du temps à trouver le prix du melon cultivé dans le Vaucluse.

Le métro comme bain de culture – 18 octobre 2010

Après ce titre, vous vous imaginez déjà une longue réflexion sur la diversité culturelle des usagers du métro, avec l’image de gens de cinq continents se pressant dans les rames.

Eh bien non, il s’agit aujourd’hui de prendre conscience d’un fait précis. Le nom des stations de métro nous plonge dans un formidable bain culturel, à travers des siècles d’histoire, de grands personnages, de saints, de lieux et d’événements.

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10 novembre 2011

Mon journal de khâgne

Publié par carnetsdimelda dans Impressions, Mots, Petites reflexions

Avec la nouvelle présentation du blog, les pages « billets de la khâgneuse » que j’avais écrits pendant mon année de khâgne en 2010 apparaissent mal. C’est pourquoi vous le trouverez sous la forme d’un journal dans l’article ci-dessous. Bonne lecture !

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Déformations khâgnales – 6 janvier 2010

Etre en khâgne, c’est plus qu’un investissement. C’est un engagement de soi-même. En effet, nos idées, nos références, notre être même s’en trouve modifié. Et même notre réflexes, notre vision, nos sensations. La schizophrénie est proche.
Vous ne me croyez pas ? Quelques exemples.
Je demande à ma soeur ce qu’elle désire pour Noël. Elle me répond « un gros peigne magique » (vous savez, ces barettes à multiples fonctions). Et moi, qu’entends-je ?
- Le Groupé et le Magique
Sans doute un essai philosophique de la même veine que Le Normal et le Pathologique, de Georges Canguilhem (que nous avions étudié auparavant en philo)…
Un jour, je souhaite imprimer un document. Dans les différentes qualités d’impression, il y a : « Brouillon », « Normale », et « Supérieure ». Et que vois-je immédiatement ?
« Normale Supérieure ». L’ENS, quoi.
Du même style, sur une boîte de compresses stériles, je vois le nom « Stérilux ES »… L’ES ?
L’Education sentimentale, de Flaubert. Nous sommes en train de l’étudier.

Aujourd’hui, c’était le début des soldes. Quelqu’un nous demande si nous y allons. Nous répondons que nous sommes bien au-dessus de cela, dans des sphères intellectuelles dépassant la matérialité de… bref, vous voyez. L’esprit de l’escalier m’a fait songer que nous aurions pu dire : « Les soldes ? Qu’est-ce donc ? Ah, vous voulez dire la solde, la rémunération donnée au légionnaires romains ! »
Nous étions présentemment l’administration de l’Empire romain, en latin…
Et bien d’autres encore !

Impostures – 7 janvier 2010

Un professeur a écrit en commentant une de mes dissertations vraisemblablement trop formelle que mes qualités de plume risquaient de devenir le cache-misère d’une absence de pensée réelle et personnelle. Il y a quelques mois, un autre professeur avait déclaré qu’une finesse d’écriture ne correspond pas forcément à une finesse de pensée.
Me voilà aigrie, mois qui déteste particulièrement, d’un point de vue théorique, l’illusion des mots, l’imposture esthético-littéraire qui donne l’impression d’enfermer le monde dans la gangue étroite des mots. Ou simplement celle de dire des choses alors que tout n’est que séduisante vitrine, songe creux.

Comment penser, finalement ? Ce qui m’agace, c’est que tout semble contre nous. Depuis la méthode semi-globale d’apprentissage de la lecture, jusqu’au système schématique d’analyse littéraire du secondaire qui passe les textes les plus variés au crible de critères binaires… La prépa est censée affiner notre sensibilité et notre jugement notamment en élargissant notre culture, et c’est bien. Mais comment en quelques mois rénover l’édifice bâti de notre société dont personne n’ignore qu’elle est imbibée de stéréotypes, de manichéisme et parfois d’idéologie ?
Cette injustice que je ressens n’est certes pas dépassionnée. L’utime salut sera sans doute de lire, de lire, de parler et de lire, avec ce pinceau textuel qui nuancera vraiment ce noir et ce blanc de mille couleurs, demi-teintes nouvelles voire idiosycrasiques. De quoi non pas repeindre le mur du monde, mais le voir sans oeillère et y ajouter, discrètement, quelques petites fleurs de pensée.

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23 octobre 2011

Un matin à Versailles

Publié par carnetsdimelda dans Architecture, Impressions, Photographie

L’actuel logo du Château de Versailles est un demi-soleil qui se lève sur le domaine. L’inventeur du domaine, le roi Louis XIV, avait choisi l’astre pour symbole ; sa chambre donnait sur l’aurore, à l’est. En 2011, quels sont les matins de la cité royale, en ville comme au palais ? Promenade.

Samedi de fin octobre, début des vacances scolaires. Ciel blanc-gris et froid sec. Les passants de l’avenue de Paris sont bien couverts. Les platanes jaunissent. Les feuilles mortes forment un tapis croustillant sous le pied. Des coureurs. Un homme et son chien noir. Une fumée blanche s’échappe d’une cheminée. Calme feutré. Des façades anciennes écaillées gardent l’honneur ; là, les volets intérieurs sont tirés à certains étages.

A l’entrée du Domaine de Madame Elisabeth (1), qui appartint à la soeur de Louis XVI mais est aujourd’hui aux mains du Conseil général, un père avec une poussette s’arrête. Le jardin n’ouvre qu’à 11 heures.

A Versailles en octobre, le Parc du château ouvre à 7 heures. Au moment moment que la boulangerie Darras (2), dont la vitrine multicolore décline des éclairs à la pistache et même à la violette. A 7h30, les halles du marché commencent à ouvrir leurs étals. Dans le Carré aux herbes, c’est une surabondance pour les yeux : tapenade, pommes séchées, tarte au boudin, olives, tourteaux, concoillotte. A 9 heures, le château accueille ses premiers touristes. Les groupes de touristes asiatiques, dame au parapluie levé en tête, ne sont pas qu’un stéréotype.

A 9h30 ouvre le magasin de prêt-à-porter Promod, ses couleurs d’automne (orange, brun, gris, turquoise) et ses soldes impromptues. A 10 heures, c’est le sacro-saint magasin de livres Gibert Joseph qui laisse découvrir ses Pléiades en promotion, les livres de la rentrée littéraire, le nouveau Philippe Delerm, et la biographie d’Elizabeth d’Angleterre - la reine-mère. Une fille en 6e demande un livre pour le français, on lui répond « rayon textes fondateurs ». A 10 heures aussi, c’est le magasin de « mode et maison » Eurodif qui laisse entrer la douzaine de personnes qui attendait patiemment devant la porte. A 10h30 s’ouvre un magasin de chaussures, près de la Place du marché.

La ville s’est réveillée. Des jeunes filles anglophones parlent devant l’église Notre-Dame. Deux autres (francophones) essaient des robes de mariées dans une boutique. Des couples prennent tranquillement un café dans un bar. L’Académie royale de billard reste close, au pied de la colline Montbauron.

Le parc est fermé au public à cause des Grandes eaux musicales ; il faut payer sinon. Là, de grandes affiches d’une exposition en cours sur le Mobilier national, de Louis XIV à nos jours. Dans la boutique touristique du château, il y a le livre pour enfants  »Versailles en s’amusant » et du confit de coquelicot, avec la reine Marie-Antoinette sur l’étiquette. Bon.

Versailles le matin, c’est le contraste entre le silence et le fourmillement, les bavardages et la paix des lignes. La Belle au bois dormant qui s’étire.

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Photo de Christian Milet.

(1) 73 avenue de Paris

(2) 16 rue du Maréchal Foch

 

23 juillet 2011

Dictionnaire amoureux de l’hypokhâgne

Publié par carnetsdimelda dans Humour, Impressions, Petits ecrits imeldiens

Si vous avez aimé les Billets de la khâgneuse (voir colonne de gauche de ce blog), vous apprécierez sans doute le Dictionnaire amoureux de l’hypokhâgne (ci-dessous) que j’avais écrit à la fin de ma première année de prépa, il y a deux ans. A relire ces notes, c’est un monde désormais révolu qui s’offre à ma lecture. Je rentre en effet en septembre au Celsa, école de journalisme de la Sorbonne. Autre ambiance, qui ne me fera pas oublier ma dette envers la prépa ! Heureusement, d’autres perpétuent la tradition. Bonne découverte de ce monde particulier !

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Ci-dessus, en langage hypokhâgneux = l’eldorado.

Reprenant le nom de l’excellente collection des « Dictionnaires amoureux » de chez Plon, en voici un beaucoup plus bref. Il reprend quelques pétales tombés de la pâle fleur de notre vie en hypokhâgne. Tout amoureux étant subjectif, ces pages le seront d’autant plus, que j’ai principalement interrogé le spécimen d’hypokhâgneux que je connais le plus, à savoir mon humble personne. Il ne s’agit donc pas, comme vous le pensiez sans aucun doute, d’une manifestation d’un narcissisme égocentrique et nombriliste démesuré. Sur le mode humoristique, ironique voire – ô horreur ! – cynique, vous découvrirez le mystérieux pays qui prépare les élites* françaises !

PS : Pour les noms suivis d’une étoile, se reporter à l’article homonyme. Quant au sigle [PJ], il fait référence à la très en vogue expression « private joke », (blague privée, connue de quelques-uns seulement), également connue sous le nom de « trip ». Ces micro-anecdotes humoristiques ont l’avantage de symboliser de manière particulièrement heureuse nos petits plaisirs hypokhâgneux. Triste paradoxe de l’affaire : ce ne seront plus des private jokes… Par ailleurs, étant à l’internat de ma prépa, j’inclus cet honorable privilège dans l’évocation de la prépa.

Écrit en mai 2009.

Amis

Heureux hasard que ce mot inaugure une liste de calamités. Les amis ? Précieux. Irremplaçables. Ceux qui partagent la même galère que nous bien sûr, avec qui on révise le vocabulaire latin au petit-déjeuner et on va contempler les ifs du parc du château entre deux épreuves de concours blanc, mais aussi devant qui on craque les soirs de cafard, et qui trouvent les bons mots pour nous réconforter. Il y a aussi ceux de l’extérieur, les amis pour qui on est pas toujours là, et qui nous aiment quand même. Ceux avec qui on prend un peu de recul, quand on se rend compte qu’en médecine ou en prépa scientifique, ils en bavent encore plus. Ceux qui sont en fac et surtout ceux qui n’ont pas cours depuis deux mois pour cause de grève… Et devant lesquels on saisit également notre chance de travailler. Sans vouloir plagier Bernanos : un ami, rien qu’un ami, c’est aussi précieux qu’une vie. Plus encore ; car la prépa, ce n’est pas une vie…

Antanaclase

Avec l’anacoluthe, la parataxe, l’hypotypose et l’homéotéleute, elle figure dans l’olympe des sublimes figures de style qui émaillent joyeusement nos cours de littérature ou de langues. Le plus triste, c’est qu’à la fin de l’année nous les mélangeons encore. Au moins, retenons celle-ci : l’antanaclase repose sur la répétition d’un mot en jouant sur sa polysémie : « Les étudiants c’est comme le linge, quand il fait beau ça sèche. » Cette antanaclase était elliptique.

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6 juillet 2011

Le bonheur selon Philippe Delerm

Publié par carnetsdimelda dans Impressions, Litterature, Mots

« Le mot n’a pas grand succès. Bonheur ? Non, pas vraiment. On lui préfère paix, équilibre, harmonie. » Paru en 1982, avant La Première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules qui fit la notoriété de Delerm, Le bonheur, Tableaux et bavardages est déjà un délice littéraire.

Chaleur veloutée au milieu de Bruges embrumé, promenades dans des chemins normands pleins de sortilèges, vin chaud qui brûle après, éphémère atelier d’aquarelle de sa femme Martine… Le mot est lâché : l’éphémère, le léger, le temps suspendu, le temps qui s’arrête, comme est évoqué le vin qui coule inutilement sur le sol. Tableaux, oui. Par les bavardages qui alternent avec lesdits tableaux, Delerm tente de définir ce bonheur au goût d’attente douce, de mélancolie jolie, de féérie quotidienne. Mais ce bonheur, « est-ce que ça va durer ? »

Le bonheur, c’est le même que celui de José Corti, dernier « bavardage » du livre : c’est celui d’avoir quelqu’un qu’on peut perdre. C’est d’aimer ceux qu’on regarde dans l’instant fragile d’un déjeuner en vacances : « A travers ce halo, vos gestes apparaissent nimbés de flous, d’un liseré de lumière blanche, à contre-jour. Vincent te pose des questions, tu lui réponds. C’est comme au cinéma ; vous bougez simplement dans le champ de la caméra pour un ralenti de bonheur impressioniste. » Vincent, c’est son fils, le chanteur au même univers intimiste, ce que l’écrivain Rémi Bertrand a nommé à propos de Philippe Delerm le « minimalisme positif ».

Au-delà du bonheur, il y a des mots nouveaux pour l’inventer : « Dans les cuisines, pas d’effort pour goûter le prix de l’instant. C’est en marge du temps ; on est dans le pays d’avant, à l’abri du présent, avec un alibi solide et délicieux : on prépare, on attend. » Ou comment savoir écrire « peinture fraîche » devant les topoï usagés.

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12 septembre 2010

Iconoclasmes

Publié par carnetsdimelda dans Architecture, Impressions, Photographie, Voyages

Avant de parler de rentrée et de choses bien sérieuses, voici quelques images prises pendant la trêve estivale, que j’ai essayé de choisir parmi les plus insolites ou les plus belles.

 

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Centre d’information et de recrutement de la gendarmerie de Caen. Apparemment très ancien…

 

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Ombre et lumière à la basilique de Vézelay (Yonne).

 

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« Oh, la belle multicolore ! » (Hermanville-sur-mer, Manche)

 

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Hirondelles aux Grangettes (Doubs).

 

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Toute l’élégance du gothique, à la cathédrale de Coutances (Manche).

 

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Trèfles à trois feuilles en forme de coeur dans la forêt domaniale de Levier (Doubs).

 

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Ceci n’est pas une oeuvre d’art contemporain, mais un tiramisu aux spéculoos et fruits rouges.

 

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Montgolfières et basilique. (Vézelay, Yonne)

 

29 juillet 2010

Couleurs locales

Publié par carnetsdimelda dans Impressions, Journalisme

Au terme d’un stage d’un mois dans un hebdomadaire régional de province, il serait intéressant d’en tirer quelques mots. Chaque jour, j’ai eu l’occasion de faire deux à trois reportages dans la ville en question, puisque je travaillais pour l’agence locale de cette ville – et non pour les pages communes à toute la région.

Pour garder l’anonymat de cette ville, je l’appellerai éponymement… Ville.

Les personnes interrogées

La plus jeune. Pavel, un petit garçon de 6 ans qui participait à un tournoi d’échecs à Ville. Il venait du XVIIe arrondissement de Paris, et avec ses yeux bleus et sa spontanéité, il était fort touchant.

La plus âgée. Georges, un vieux monsieur de 80 ans environ qui faisait visiter bénévolement l’église de Ville. Il s’y est marié en 1956. Il connaissait l’église à fond, vous vous en doutez.

La plus jolie. Une boulangère, qui venait d’arriver à Ville. Blonde, le visage régulier, agréablement maquillée, elle ressemblait quasiment à une actrice ! Acheter son pain peut donc parfois être éblouissant.

Les reportages

Le plus court. Cinq minutes à l’exposition de l’école de dessin, parce que je devais prendre un train ensuite…

Le plus long. Deux heures et quart de visite de l’église de Ville.

Le plus intellectuel. Les participants d’un colloque sur « Ce que nous pensons des animaux », venant d’un Centre culturel international, est venu visiter le haras. J’ai pu ainsi interroger un chercheur à l’Inra et une philosophe. Comment le dressage académique influence la relation homme-cheval…

Le moins intellectuel. La préparation d’un concours de chant pour les adhérents des clubs de retraités de la région… Et pourtant, la finale rassemble plus de 1500 personnes ! … Moi ? Me moquer ? Jamais !

Le plus gourmand. Les nouveaux propriétaires d’une crêperie m’ont demandé, avant que l’on s’asseoie pour les questions, ce que je souhaitais boire. J’ai choisi un jus d’ananas. Mais je ne vous dis pas combien de petits fours j’aurais pu enfourner aux réceptions officielles…

Les plus polémiques. Des commerçants râlaient contre l’augmentation des droits payés à la Sacem dans les lieux sonorisés. Ils ont préféré ne pas donner leur nom, pour que la Sacem ne leur tombe pas dessus.

Dans un autre genre : ayant interrogé un bachelier mention très bien, une dame a écrit au journal pour se plaindre de ce qu’il venait du privé alors qu’il y avait de meilleures moyennes dans le public, exemple à l’appui.

Le plus périlleux. Pour parvenir jusqu’aux artificiers qui préparaient le feu d’artifice du 14 juillet, j’ai dû franchir une barrière de sécurité… Bon, j’ai demandé la permission à un agent de la Ville quand même.

Le plus insolite. Lors de la visite de la nouvelle cuisine centrale, entrant en espace « stérile » nous avons dû, avec l’autre journaliste, enfiler blouse, charlotte, chaussons et masque. Je riais sous cape car je n’arrivais pas à respirer dans mon masque…

Les plus émouvants. Un libraire qui fermait boutique après y avoir travaillé 23 ans, à cause de la crise et de la concurrence des « marchands de livres » de la ville. Il avait presque la larme à l’oeil en expliquant que c’était le plus beau métier du monde, qu’il avait vu ses clients avoir des enfants, mourir… C’est l’un des reportages que j’ai préféré.

Il y a aussi des moments, comme les résultats du bac, la remise des diplômes des aide-soignants, l’anniversaire d’une centenaire, où l’on est presque pris dans l’émotion générale, et presque triste de ne pas faire partie de la fête (sans compter le petits fours manqués…).

Le plus international. La presse équine américaine est venue au haras pour connaître la filière équine régionale et en parler en vue des prochains Jeux équestres mondiaux de Lexington dans le Kentucky. J’ai donc demandé en anglais à la journaliste de Horse Illustrated comment elle trouvait la région, elle m’a répondu « wonderful ! » Je n’en attendais pas moins.

Par ailleurs, j’ai appris une coutume des journalistes (et autres) américains : celle de donner sa carte, sans un mot.

Le plus chaleureux. Lors du don du sang à la marie, le président de l’association des donneurs de la ville voulait à tout prix que je donne mon sang. C’était un assez vieux monsieur très gentil, et j’ai apprécié qu’il s’adresse à moi en-dehors de mon statut de journaliste… Et puis il a dit qu’au moins, notre journal venait en reportage à chaque du don du sang.

Les moins chaleureux. Le directeur du cinéma faisait le bilan de la Fête du cinéma qui n’avait pas très bien marché. Il était assez distant derrière son bureau.

Egalement : la directrice d’un centre de loisirs qui avait l’air surbouquée.

Les difficultés

Les refus des gens. Quand vous proposez à une cliente de l’interroger parce que vous faites un article sur les soldes, et qu’elle vous regarde d’un air apeuré en disant non.

Les refus des correspondants locaux. Vous devez demander à un correspondant de prendre une photo du lieu d’un accident, et il vous répond de manière confuse qu’il ne le fera pas et qu’on l’exploite. Il s’est arrangé avec le rédacteur en chef…

Les erreurs. Vous avez cru entendre, juste avant une interview avec la mercière, celle-ci dire à une cliente qu’elle sera fermée une partie de l’été. Elle vous rappelle énervée pour vous dire qu’il n’en est rien, que depuis (les rumeurs courant…), les gens pensent qu’elle va se faire opérer, ou qu’elle est paresseuse… C’est toujours gênant.

Les échecs. Je devais interroger les ouvriers qui posaient des grillages sur les nouveaux vitraux de la chapelle de l’établissement catholique de la ville. Mais je n’ai pu accéder à l’autre côté du bâtiment où se trouvait la chapelle. A défaut, j’ai pris une photo de ces ouvriers (enfin, du camion…) à travers les grilles, avec un très gros zoom, pour « Les images de la semaine ».

Les anecdote mignonnes

A l’anniversaire d’une centenaire, j’étais à un moment à côté d’une poussette vide. Une petite fille de 3 ans vient me voir et me demande : « Il est où ton bébé ? »

Dans un centre de loisirs, une petite fille de 10 ans vient vers moi et me dit avec de grands yeux : « Plus tard je voudrais aussi être journaliste. Il faut combien d’années d’études ? » Je n’ai pas osé lui dire que je n’étais pas encore journaliste, mais lui ai expliqué gravement qu’il fallait « trois ans de ce qu’on voulait, puis une école pendant deux ans ».

Remarques annexes

Casser le cliché. Le journalisme local ne s’intéresse pas aux chiens écrasés. Les faits divers, certes assez peu passionnants (accident entre la D13 et la D14…), ne font qu’une partie du journal. Il offre une vraie diversité de reportages.

Malgré tout… J’ai été surprise, le premier jour, de voir que l’on pouvait faire un article avec photo sur un mariage tout à fait ordinaire.

On accueille la journaliste les bras ouverts. Comme l’article dans le journal va leur fait de la publicité ou les rendre quelques jours « célèbres », les gens répondent souvent avec plaisir.

Des gens passionnés et passionnants. Certains de mes interlocuteurs ont tellement su m’intéresser qu’ils m’ont sucessivement presque donné envie de devenir ébéniste, boulangère, monitrice d’enfants, et vraiment : libraire… Et journaliste radio, lorsque j’ai visité la radio qui appartient au même groupe que le journal.

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