Les Carnets d'Imelda

27 décembre 2011

Qu’est-ce qu’un livre ?

Publié par carnetsdimelda dans Humour, Litterature
Image de prévisualisation YouTube

 

PS : Alors ne revendez pas vos cadeaux de Noël…

PPS : En retard, joyeux Noël !

 

23 juillet 2011

Dictionnaire amoureux de l’hypokhâgne

Publié par carnetsdimelda dans Humour, Impressions, Petits ecrits imeldiens

Si vous avez aimé les Billets de la khâgneuse (voir colonne de gauche de ce blog), vous apprécierez sans doute le Dictionnaire amoureux de l’hypokhâgne (ci-dessous) que j’avais écrit à la fin de ma première année de prépa, il y a deux ans. A relire ces notes, c’est un monde désormais révolu qui s’offre à ma lecture. Je rentre en effet en septembre au Celsa, école de journalisme de la Sorbonne. Autre ambiance, qui ne me fera pas oublier ma dette envers la prépa ! Heureusement, d’autres perpétuent la tradition. Bonne découverte de ce monde particulier !

 Dictionnaire amoureux de l'hypokhâgne dans Humour 1712083

Ci-dessus, en langage hypokhâgneux = l’eldorado.

Reprenant le nom de l’excellente collection des « Dictionnaires amoureux » de chez Plon, en voici un beaucoup plus bref. Il reprend quelques pétales tombés de la pâle fleur de notre vie en hypokhâgne. Tout amoureux étant subjectif, ces pages le seront d’autant plus, que j’ai principalement interrogé le spécimen d’hypokhâgneux que je connais le plus, à savoir mon humble personne. Il ne s’agit donc pas, comme vous le pensiez sans aucun doute, d’une manifestation d’un narcissisme égocentrique et nombriliste démesuré. Sur le mode humoristique, ironique voire – ô horreur ! – cynique, vous découvrirez le mystérieux pays qui prépare les élites* françaises !

PS : Pour les noms suivis d’une étoile, se reporter à l’article homonyme. Quant au sigle [PJ], il fait référence à la très en vogue expression « private joke », (blague privée, connue de quelques-uns seulement), également connue sous le nom de « trip ». Ces micro-anecdotes humoristiques ont l’avantage de symboliser de manière particulièrement heureuse nos petits plaisirs hypokhâgneux. Triste paradoxe de l’affaire : ce ne seront plus des private jokes… Par ailleurs, étant à l’internat de ma prépa, j’inclus cet honorable privilège dans l’évocation de la prépa.

Écrit en mai 2009.

Amis

Heureux hasard que ce mot inaugure une liste de calamités. Les amis ? Précieux. Irremplaçables. Ceux qui partagent la même galère que nous bien sûr, avec qui on révise le vocabulaire latin au petit-déjeuner et on va contempler les ifs du parc du château entre deux épreuves de concours blanc, mais aussi devant qui on craque les soirs de cafard, et qui trouvent les bons mots pour nous réconforter. Il y a aussi ceux de l’extérieur, les amis pour qui on est pas toujours là, et qui nous aiment quand même. Ceux avec qui on prend un peu de recul, quand on se rend compte qu’en médecine ou en prépa scientifique, ils en bavent encore plus. Ceux qui sont en fac et surtout ceux qui n’ont pas cours depuis deux mois pour cause de grève… Et devant lesquels on saisit également notre chance de travailler. Sans vouloir plagier Bernanos : un ami, rien qu’un ami, c’est aussi précieux qu’une vie. Plus encore ; car la prépa, ce n’est pas une vie…

Antanaclase

Avec l’anacoluthe, la parataxe, l’hypotypose et l’homéotéleute, elle figure dans l’olympe des sublimes figures de style qui émaillent joyeusement nos cours de littérature ou de langues. Le plus triste, c’est qu’à la fin de l’année nous les mélangeons encore. Au moins, retenons celle-ci : l’antanaclase repose sur la répétition d’un mot en jouant sur sa polysémie : « Les étudiants c’est comme le linge, quand il fait beau ça sèche. » Cette antanaclase était elliptique.

(Lire la suite…)

26 janvier 2011

Revue de presse du lundi 17 au dimanche 23 janvier 2011

Publié par carnetsdimelda dans Actualité, Humour, Revue de presse

Voici la revue de presse de la semaine dernière. Je suis en retard à cause de mes obligations universitaires. Pour me faire pardonner, je commence par quelques bonnes nouvelles !

Bonnes nouvelles

Les industriels français ont le moral

« Selon l’Insee, le moral des industriels français a poursuivi sa remontée en janvier, avec un bond de six points. La ministre de l’Économie Christine Lagarde a déclaré vendredi que le bond du moral des industriels annoncé par l’Insee, qu’elle juge « très significatif », « confortait » la prévision de croissance de la France à 2 % en 2011. » (Le Point, 21/01)

Starbucks lance les boissons d’un litre

« La chaîne américaine annonce lancer dans 14 États américains, dont la Floride et la Californie, une quatrième taille de gobelets à destination de ses clients les plus gourmands. Baptisée « Trenta », cette tasse pourra contenir exactement 916 millilitres de boisson, soit pratiquement un litre. » (Le Point, 18/01)

Les blagues de la « révolution du jasmin »: florilège

CORRUPTION

(Ben) « Ali Baba est parti mais pas les 40 voleurs! »

IVRESSE

« Après l’ivresse du changement, Tunis se réveille avec une gueule de bois nationale ! La démocratie c’est comme l’alcool, ça se consomme avec modération… Mais en tant que peuple alcoolique, on a vite fait d’ingurgiter toute la bouteille cul sec. Résultat : le pays sombre dans un coma démocratique ».

(Lire la suite…)

22 janvier 2011

Simples passés

Publié par carnetsdimelda dans Humour, Mots

Parce que le passé simple, c’est beau !

  • Deux vieux acteurs hollywoodiens discutent : - Te rappelles-tu notre premier film … ce western dans lequel nous jouions les indiens ? - Oh oui ! Et je sais que nous nous y plûmes.
  • Vous saviez que ce manteau était tout pelé … Alors pourquoi le mîtes-vous pour la réception d’hier soir ?
  • Comme tout bon musulman qui se respecte doit s’y rendre au moins une fois, c’est cet été, qu’au pèlerinage de la Mecque, il alla. 
  • Charlotte Corday cacha le poignard en son sein, sortit de chez sa logeuse et, soudain, à l’idée du crime qu’elle allait perpétrer, elle se marra. 
  • Heureusement que vous avez retrouvé des capitaux ! Car mettre la clé sous la porte et déposer le bilan, vous faillîtes ! 
  • C’est à cause du trou que cet enfant fit en bas de leur porte, que ses parents le châtièrent. 

Merci à Aude.

6 janvier 2011

Les Emotifs anonymes

Publié par carnetsdimelda dans Cinema, Humour, Psychologie

Le film Les Emotifs anonymes (actuellement au cinéma) de Jean-Pierre Améris, c’est deux hyper-émotifs (Jean-René et Angélique) chocolatiers, qui apprennent à se connaître ; une comédie prévisible mais émaillée d’un humour à toute épreuve, des comiques de situation réussis, deux acteurs excellents (Isabelle Carré et Benoît Poelvoorde), une bande-son charmante (comme ici), une atmosphère en rouge et vert un peu rétro à la Amélie Poulain qui fonctionne parfaitement, de la finesse, de l’émotion et de la fraîcheur. Hormis les reprises des chansons de La Mélodie du bonheur un peu manquées pour qui connaît l’original, et des rôles secondaires surfaits, tout invite à courir voir ce joli film français, qui donne envie d’acheter du chocolat et d’exprimer ses émotions !

Les Emotifs anonymes dans Cinema Les-emotifs-anonymes-agoravox

 

13 décembre 2010

Pastiche de Montesquieu – « Lettres imeldiennes »

Publié par carnetsdimelda dans Humour, Litterature, Petits ecrits imeldiens

D’Imelda à Blogo

            Je vis hier une chose assez singulière, quoiqu’elle se passe tous les jours à Paris.

        Dans les rues, les hommes et les femmes parlent dans une petite machine noire qu’ils portent à leur oreille. On dirait parfois qu’ils discourent seuls ; ils appellent cela « dans une oreillette ». Ici, un homme fait mille reproches à une personne invisible. Là, une femme parle très fort du prochain souper composé de poisson et de fenouil, choses de première importance. Dans le métropolitain, on est brusquement réveillé par une sonnerie stridente. Qui pourrait le croire ? Sur le quai d’une gare, on voit deux individus crier l’un à l’autre « Je suis là » dans leur « téléphone portable » (c’est ainsi que l’on nomme la singulière machine), alors qu’ils s’aperçoivent déjà.

        Quand ils se trouvent à court d’occupation, les hommes de Paris sortent le petit objet de leur poche et appuient sur les touches. Certains disent qu’il a fait baisser la prise de tabac : on a changé de moyen de se donner une contenance. Me croirais-tu si je te disais que j’aperçois parfois un attroupement, dans lequel nul ne parle à son voisin, mais communique avec d’autres personnes invisibles ? Je ne suis peut-être pas loin de la vérité si je dis qu’en une journée entière, ils parlent plus avec leur téléphone qu’avec leurs voisins. J’ai même lu dans une gazette que les hommes souffrent plus de se séparer de leur téléphone que de leurs parents et relations. Ils consacrent pour lui des sommes vertigineuses. D’autant qu’apparaît chaque jour un modèle nouveau, plus parfait que celui de la veille. Avec cette machine, on peut prendre des images, écouter des motets, capturer des conversations. J’attends avec impatience le jour où il fournira le déjeuner. Quant aux petits enfants, on fabrique tout exprès pour eux de ces machines, avec deux boutons seulement. J’ignore toute l’opprobre qui peut déferler sur l’individu qui ne possède pas l’un de ces petits objets. S’il est roué de coups, le châtiment sera encore trop magnanime.

De Paris, le 13 de la lune de Décembre.

 

23 novembre 2010

Le Dictionnaire des Idées reçues

Publié par carnetsdimelda dans Citations, Humour, Litterature, Mots

Elaboré par Flaubert dans les années 1850 et 60, Le Dictionnaire des Idées reçues ne fut publié que de façon posthume en 1913. Il recense tous les topoï, préjugés, réactions stéréotypées et idées toutes faites en cours au XIXe siècle, globalement de 1830 à 1880. On peut se poser la question de l’identité de ceux dans la bouche desquels Flaubert a cueilli ces mots. Mais surtout, on constate que si bon nombre de ces idées reçues sont situées dans un contexte politico-historique dépassé, certaines peuvent encore faire sourire aujourd’hui. Les idées reçues ont la peau dure ! Florilège.

Notons qu’il s’agit ici non de ce que pense Flaubert, mais soit des idées reçues directement, brutes, soit présentées en tant qu’idées reçues.

Oeuf. Point de départ pour une dissertation philosophique sur la genèse des êtres.

Mandoline. Indispensable pour séduire les Espagnoles.

Horizon. Trouver beaux ceux de la nature, et sombres ceux de la politique.

Matinal. L’être : preuve de moralité. Si l’on se couche à 4 heures du matin et qu’on se lève à huit on est un paresseux, mais si l’on se met au lit à 9 heures du soir pour en sortir le lendemain à cinq on est actif.

Italie. Doit se voir immédiatement après le mariage.

Yvetot. Voir Yvetot et mourir.

Explication de Flaubert dans une lettre à Louise Colet, où il dit en substance : « Si la poésie est purement subjective, alors il n’y a pas en littérature de beaux sujets d’art, et Yvetot donc vaut Constantinople. »

Institut (les membres de l’ -). Sont tous des viellards et portent des abat-jour en taffetas vert.

Critique. Toujours « éminent ». Est censé tout connaître, tout savoir, avoir tout lu, tout vu.

Féodalité. N’en avoir aucune idée précise mais tonner contre.

Conversation (La). La politique et la religion doivent en être exclues.

 

Le Dictionnaire des Idées reçues dans Citations 9782253098362

 

23 octobre 2010

Le cri du perroquet

Publié par carnetsdimelda dans Citations, Humour

Alors que Fabrice Luchini lisant Philippe Muray (pamphlétaire et penseur disparu en 2006, photo) fait un tabac au théâtre de l’Atelier, salué par la presse de droite comme de gauche, nous vous proposons de découvrir un texte de Muray. Publié en 2005 dans le tome IV de ses Exorcismes spirituels, il évoque avec un humour décapant les dérives de l’art contemporain. Quand bien même on contesterait ces propos, l’on ne pourrait qu’en admirer la verve.

 

 Le cri du perroquet dans Citations philippe-muray-bibliographie

   

     » On a tout essayé pour faire durer l’illusion de l’art. L’œuvre, l’absence d’œuvre, l’œuvre comme vie, la vie comme œuvre, l’œuvre sans public, le public sans œuvre, l’œuvre irrespectueuse (si irrespectueuse qu’elle n’est respectueuse que de l’irrespect), l’œuvre provocante, l’œuvre dérangeante. On a essayé l’intimidation, l’outrage, l’injure, la dérision, l’humiliation, la péroraison. En fin de compte, on le voit bien, il n’y a qu’une seule chose qui marche encore, c’est le chantage. L’art de la modernité en coma dépassé y fait entendre sa voix la plus irréfutable, en même temps qu’il s’enveloppe d’une sorte de sacré qui interdit absolument de s’interroger.

    Il y a peu, les amusants responsables du musée d’art moderne de la ville de Paris résolurent d’acquérir une œuvre de l’artiste belge Marcel Broodthaers. Cette œuvre « met en scène », paraît-il, un perroquet. Pas un perroquet mort et empaillé, non, un beau perroquet vivant avec ses plumes aux couleurs multiples et son gros bec dur recourbé. Un perroquet, donc, destiné comme tout le monde, hélas, à mourir un jour. Une œuvre périssable en quelque sorte. Et même une œuvre de la nature. Un oiseau. De la famille des psitaccidés. Comme on en trouve généralement dans les régions tropicales. Ou, plus simplement, sur le quai de la Mégisserie. Ou chez des particuliers, dans des cages. Un de ces volatiles divertissants qu’on appelle d’ordinaire Coco et auxquels il arrive d’imiter le langage humain avec des voix de clowns enrhumés.

    Flanqué de deux palmiers et accompagné d’un magnétophone répétant en boucle un poème qui dit «  Moi je dis, moi je dis » sans fin, Coco est donc une œuvre d’art. Au même titre qu’un croquis de Michel-Ange. Le bonheur d’être art, de nos jours, est simple comme deux palmiers et un magnétophone. L’ours du Jardin de plantes, les lions de la savane et l’orang-outang de Bornéo en sont verts de jalousie : ils aspirent au magnétophone et aux palmiers en pot de la modernité. L’écureuil qui tourne sa roue attend aussi son Broodthaers. Et la grenouille dans son bocal avec sa petite échelle. Et les chiens de faïence, et les chiennes de garde. Et encore tant d’autres bestioles de compagnie comme les canaris et les crocodiles. D’autant que, ainsi artistifié, Coco a vu sa côte s’envoler : le musée d’Art moderne de la Ville de Paris l’a acquis pour la somme d’un million trois cent soixante-dix-sept mille de nos francs de l’année dernière. Et c’est là que les problèmes commencent. Ainsi que le chantage.

    Au-delà de quatre cent quatre-vingt-onze mille neuf cent soixante-sept francs (toujours de l’année dernière), les achats du musée d’Art moderne de la Ville de Paris doivent en effet être soumis pour approbation au Conseil de Paris. Où certains élus se sont tout de même émus. Et ont posé quelques timides questions. Du genre : est-il bien sage d’attribuer le statut d’œuvre d’art à un animal vivant et mortel, si plaisant soit-il ? Ou encore un million trois cent soixante-dix-sept mille de nos francs de l’année dernière pour l’achat d’un oiseau, même flanqué de deux palmiers, est-ce bien raisonnable ? Et aussi : une « œuvre » à laquelle il faut apporter tous les jours à manger et à boire peut-elle être considérée comme œuvre d’art au même titre que La Joconde ou La Vénus de Milo ? Et que dire de la nécessité de renouveler chaque soir le sable de sa cage ? Est-ce qu’on change le sable du Sacre de David ou des Noces de Cana de Véronèse ? Même pas celui des innombrables plages de Monet. Où pourtant il y a du sable. Du vrai. Peint.

    Autant d’interrogations dangereuses, comme on voit, et tout à fait en désaccord avec la modernité moderne qui exige comme première condition, pour ne pas se fâcher, qu’on ne la discute pas. C’est d’ailleurs par là que Christophe Girard, sinistre préposé à la Culture de la Mairie de Paris, a clos la controverse. En déclarant qu’hésiter plus longtemps à reconnaître sans réserve au perroquet de Broodthaers le statut d’œuvre d’art revenait à « ouvrir la porte au fascisme ». Devant une telle mise en demeure, qui ne se dresserait pas au garde-à-vous ? Qui, surtout, aurait le mauvais goût de faire remarquer que c’est précisément ça l’essence du fascisme, le refus de la discussion sur la réalité au profit des mots d’ordre ; et qu’en se servant du Mal comme instrument de chantage on le laisse s’incruster dans le discours du Bien et s’y exprimer avec la force décuplée de l’intimidation ? Personne. Voilà donc Coco, entre ses palmiers, destiné à monter la garde à la porte de l’enfer. Chargé de veiller au salut de la civilisation contre la barbarie. En tant qu’œuvre d’art confirmée et estampillée. Cher Coco. On a quand même envie de lui dire de tenir bon. Et de bien surveiller la porte. Toutes les portes. Y compris celles de la Mairie de Paris. »

12 octobre 2010

Les professeurs et l’humour

Publié par carnetsdimelda dans Humour

De petites phrases qui circulent sur le net, venues d’improbables copies ou bulletins.

« Ta copie vaut 13, mais je t’ai mis 12, pour ne pas te porter malheur. »

« Elève surtout utile l’hiver, pour chauffer la pièce de sa présence. »

« Il y a des jours où l’on est heureux sans savoir pourquoi. Pour Mathilde, c’est pareil : on est heureux qu’elle soit en 1ère, mais sans savoir pourquoi. »

« Rendons-lui justice : il arrive fréquemment en retard à mes cours, mais du coup il est très avance pour le cours suivant. »

« Elève fantôme, mais qui manque totalement d’esprit. »

« N’a jamais ses crayons, n’a jamais son cahiers, n’a jamais ses livres, mais a des circonstances atténuantes : n’a jamais son cartable. »

« Lundi, photo de classe. Surtout ne vous entraînez pas à sourire pendant le week-end, il faut qu’on vous reconnaisse ! »

« C’est pour éviter d’être ébloui par mon cours que tu gardes tes lunettes de soleil ? »

 

8 juin 2010

Hamlet revisité

Publié par carnetsdimelda dans Humour, Litterature

Connaissez-vous Jules Laforgue, auteur mort à 27 ans en 1887 ? Non ? Moi non plus, jusqu’ à peu de temps. Et cependant, ce matin, nous avons étudié un texte de lui, extrêmement parodique et amusant.

Il est extrait de ses Moralités légendaires, dans le texte intitulé « Hamlet, ou les suites de la piété filiale. » Ce mythe romantique qu’est Hamlet est donc soigneusement parodié. La scène se passe au cimetière, devant la tombe d’Ophélie, soeur de Laërte.  Je vous en laisse mesurer la saveur…

 » Qui va là ? C’est toi, Hamlet de malheur ? Que viens-tu faire ici ?

— C’est vous, mon cher Laërtes, quel bon vent ?…

— Oui, c’est moi ; et si vous n’étiez un pauvre dément, irresponsable selon les derniers progrès de la science, vous  paieriez à l’instant la mort de mon honorable père et celle de ma sœur, cette jeune fille accomplie, là, sur leurs tombes !

— Ô Laërtes, tout m’est égal. Mais soyez sûr que je prendrai votre point de vue en considération…

— Juste ciel, quelle absence de sens moral !

— Alors, vous croyez que c’est arrivé ?

— Allons ! Hors d’ici, fou, ou je m’oublie ! Quand on finit par la folie, c’est qu’on a commencé par le cabotinage.

— Et ta sœur !

— Oh !

À ce moment, on entend dans la nuit toute spectralement claire l’aboi si surhumainement seul d’un chien de ferme à la lune, que le cœur de cet excellent Laërtes (qui aurait plutôt mérité, j’y songe, hélas ! trop tard, d’être le héros de cette narration) déborde, déborde de l’inexplicable anonymat de sa destinée de trente ans ! C’en est trop ! Et saisissant d’une main Hamlet à la gorge, de l’autre il lui plante au cœur un poignard vrai.

Notre héros s’affaisse sur ses genoux orgueilleux dans le gazon, et vomit des gorgées de sang, et fait l’animal talonné par une mort certaine, et veut parler… il parvient à articuler :

— Ah ! Ah ! qualis… artifex… pereo !

Et rend son âme hamlétique à la nature inamovible.

Laërtes, idiot d’humanité, se penche, embrasse le pauvre mort au front et lui serre la main, puis, tâtonnant dans le vide, s’enfuit à travers les clôtures, pour toujours, se faire moine, peut-être…  »

Pour lire l’extrait en entier, c’est ici.

12

DanceMusicNews |
marc marilyn manson |
Metallica up your ass |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | La vérité est ailleurs vers...
| Haute Tension
| aaron57