Les Carnets d'Imelda

3 mars 2011

Le Pouvoir royal de la parole

Publié par carnetsdimelda dans Cinema, Histoire

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Banal, de le dire pour un film qui a déjà fait près de 1,5 million d’entrées en France et obtenu 4 Oscars à Hollywood : allez voir Le Discours d’un roi ! Ce film de Tom Hooper évoque le combat de George VI d’Angleterre (le père d’Elisabeth II) pour guérir son bégaiement, à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. Prestation des acteurs, beauté de la musique, qualité de l’image : tout est parfait. En voyant ce long-métrage, mille choses ont reflué à mon esprit : la sobriété et l’élégance des romans de Jane Austen et les films qui en ont été tirés ; l’harmonie contrastée de la littérature de Shakespeare ; mon professeur d’anglais de khâgne (si ! J’en profite pour lui rendre hommage), long et mince, amateur de thé et de romans de Henry James… Toute une culture britannique, dont la distinction et l’austérité est vivement contrastée par un humour flirtant avec l’oxymore.

Cet équilibre permet d’évacuer ce qui pourrait paraître trop lisse dans le film, comme l’amour et la fidélité indéfectible de la reine ou la candeur des jeunes princesses. La place du roi y est mise en question, notamment la juste distance à trouver entre George VI et son thérapeute, à la fois proches et si différents. Il n’y a heureusement pas de concession à un égalitarisme politiquement correct qui voudrait mettre le roi (pas l’homme) au rang de tous.

Dans cette lignée, un travail est fait sur la parole d’un roi qui est en soi une lutte (contre son handicap personnel mais surtout ensuite contre le régime nazi), à mettre en parallèle avec la parole d’Hitler dont la puissance d’élocution n’est plus à démontrer. Superbe.

25 février 2011

Molière à l’improviste

Publié par carnetsdimelda dans Histoire, Litterature, Theatre

Molière à l'improviste dans Histoire

Dans L’Impromptu de Versailles, courte pièce peu connue du grand public et jouée pour la première fois en 1663, Molière se livre à un jeu étonnant. Dans cette pièce, les personnages sont Molière et sa troupe eux-mêmes ! Béjart, Brécourt, Du Croisy, Mlle de Brie, et même la femme de Molière (nommée ici Mademoiselle Molière). Ces personnages sont des comédiens en répétition et jouent eux-mêmes un rôle : ainsi Molière joue un « marquis ridicule » ou Mlle du Croisy une « peste doucereuse »… Cette pièce dans la pièce évoque par une subtile mise en abyme l’opposition que Molière lui-même a rencontrée par ses concurrents de l’Hôtel de Bourgogne, suite à la publication de L’Ecole des femmes.

Imagineriez-vous aujourd’hui une pièce qui parlerait des acteurs eux-mêmes pour défendre le point de vue de leur auteur ? C’était audacieux, et cela d’autant plus en présence du Roi, devant qui cette pièce est la première a avoir été jouée. Mais c’est aussi un moyen pour Molière de défendre ses propres conceptions théâtrales, et notamment la question de plaire ou ne pas plaire aux spectateurs.

Surtout, cet impromptu – « petite pièce de théâtre composée rapidement et gardant un caractère d’improvisation », nous dit le dictionnaire – est une jubilation comique où Molière explore les ressources du théâtre et de la mise en scène pour défendre son point de vue. Ainsi le personnage que joue La Grange se fait-il traiter de « tarte à la crème » par le marquis joué par Molière. Ainsi la femme de Molière (en scène et à la ville, dira-t-on !) répond à l’impatience de son époux : « Voilà ce que c’est : le mariage change bien les gens, et vous ne m’auriez pas dit cela il y a dix-huit mois ! » (scène 1). Admirable.

 

18 février 2011

La Révolution de jasmin vue par une étudiante tunisienne – Entretien avec Sarra Mezgar

Publié par carnetsdimelda dans Actualité, Histoire, Les Entretiens d'Imelda

Sarra Mezgar, après avoir étudié à la prépa littéraire de Tunis, est étudiante en littérature, civilisation et langue françaises à la faculté de lettres de Sousse, ville portuaire de l’est de la Tunisie. A 22 ans, elle se destine à l’enseignement du français. Elle évoque la manière dont elle a vécu la révolution, et donne son analyse personnelle des causes et des perspectives des événements.

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  • Une des causes « immédiates » a été l’immolation du vendeur ambulant Mohamed Bouazizi et les manifestations contre le chômage qui ont suivi à Sidi Bouzid. Selon vous, quelles sont les causes « profondes » de la Révolution de jasmin ?

Ici en Tunisie, ils préfèrent la nommer « la Révolution de la liberté et de la dignité ». En fait, j’aimerais dire ceci avant de répondre à ta question : le feu du corps de Bouazizi a donné la vie au peuple tunisien et la foudre à la famille du dictateur.

La Révolution a commencé dans des régions pauvres, très pauvres. Mais la Révolution, pour atteindre ses buts, doit passer par toutes les régions de la Tunisie. Ce premier facteur a été perceptible lorsque la Révolution est arrivée à Sousse, une ville riche ; surtout, c’est la ville natale de Ben Ali. Les manifestants ici ont été gravement blessés, surtout les étudiants. Car ici, on a ce qu’on appelle l’Union générale des étudiants Tunisiens. Ensuite, la capitale a commencé à se réveiller. Pour des yeux braqués sur nous de l’extérieur, il est évident qu’une Révolution passe par toutes les régions. Mais ici, en Tunisie, c’est différent. C’était une surprise pour moi de voir que le « régionalisme » commence à s’estomper.

Un deuxième facteur de la Révolution est que, contrairement à la période de Bourguiba – notre ex-président -, les Tunisiens d’aujourd’hui, et surtout les jeunes, sont très éveillés. Facebook a joué aussi un rôle très important. Avant, les médias étaient sous le patronage du parti politique de Ben Ali (le RCD). Car en Tunisie, il n’y a pas de séparation entre l’Etat et le parti politique du président. Les internautes ont donc pris en charge la diffusion de l’information, à travers les vidéos surtout, car les médias cachent tout. En d’autres termes, les jeunes ont véhiculé les informations pour réveiller ce peuple.

 

  • D’autant que 42% des Tunisiens ont moins de 25 ans : cela représente une « force » importante .

Oui, évidemment. Un troisième facteur peut être dans la famille de Ben Ali, qui a pillé le pays, ainsi que la famille de son épouse. Imaginez : ils ont volé même des statues qui font partie de notre patrimoine, juste pour décorer leurs châteaux ; ce sont des gens extrêmement riches, alors que le peuple vit dans la misère.

 

  • Mais de cela, tout le monde était-il au courant avant ? Ou y a-t-il eu des « révélations » sur la corruption de Ben Ali et sa famille au moment de sa chute ?

Oui, tout le monde était au courant ; mais on ne peut rien faire. Nous sommes le peuple ; et lui, il n’est pas le président, car sous ce voile, il est en fait un roi ; c’était la monarchie dans les pays arabes.

Un quatrième facteur de la Révolution réside dans les discours débiles de Ben Ali, dans ses allocutions télévisées. Il a traité son peuple de terroriste ; il a demandé de tirer sur nous. Les policiers étaient extrêmement violents ; ils ont même violé des femmes. Ils ont jeté des bombes lacrymogènes. Pendant la Révolution, il y avait aussi des snipers qui ont tué des gens. C’était une période horrible.

 

  • Avez-vous été touchée personnellement, ou parmi vos proches, par la violence ?

Ce sont mes amis qui ont été touchés. Ils ont été blessés, et une amie a été tuée. Une amie pas très proche, mais c’était quand même horrible pour moi. C’est difficile de vous décrire tout cela, car les événements sont “à chaud”.

 

  • Aujourd’hui, 17 février 2011, quel est l’état de la Tunisie au quotidien ? Les gens vont-ils au travail ou à la fac ?

Oui, les gens vont au travail et à la fac. Mais il y a un complot contre ce pays. En effet, les militaires ont découvert dernièrement une communication entre la femme de notre ex-président et un homme d’affaires tunisien. Elle menace de brûler le pays si les militaires ne lâchent pas son neveu qui est en fait son fils naturel. Effectivement, il y a des gens qui ont brûlé une ville, Le Kef, au nord-ouest du pays.

En ce moment, il n’ y pas de couvre-feu, mais l’état de siège est toujours là ; les Tunisiens ont toujours peur. Nous ne sommes toujours pas en sécurité, car il y a des voitures bourrées d’armes qui circulent dans le pays. La famille de l’ex-président veut une guerre civile. Il y a trois jours, il y avait un nouveau parti politique inconnu (ce sont en fait les anciens du RCD) qui ont fait une manifestation devant la synagogue à Tunis. Ils veulent que les juifs partent, parce que selon eux se sont des sionistes.

La situation n’est pas facile ; il faut surmonter tant de difficultés ! Récemment, le ministre de l’Intérieur a parlé d’une conspiration contre l’Etat. Et pour que les choses s’arrangent, il ne faut pas écouter les rumeurs qui circulent très vite. Il y a aussi des milices dans le pays qui ne veulent pas la sécurité pour la Tunisie. Il y plein d’histoires, je ne veux pas trop m’attarder là-dessus. Mais ce qui est évident est que les militaires, les policiers et d’autres agents secrets veillent sur la sécurité de ce pays. Et cela est rassurant.

 

  • On dit d’ailleurs que Ben Ali est dans le coma ; qu’en pensez-vous ?

Il y a deux possibilités : soit c’est une rumeur, ce qui est très probable, car la personne qui tue son peuple est capable d’inventer des mensonges pour semer le trouble dans notre pays ; soit c’est vrai qu’il est malade. Pour ne pas éluder la question, je te réponds que non, je n’y crois pas.

 

  • Selon vous, pourquoi plusieurs milliers de Tunisiens sont partis en Italie, sur l’île de Lampedusa ?

Depuis le départ de Ben Ali, il y a des choses bizarres qui commencent à se produire. J’aimerais donner deux hypothèses pour cette question aussi.

Le peuple tunisien a toujours vécu sous l’oppression et la tyrannie. Aujourd’hui, notre pays est libre, et pour un peuple du tiers-monde qui détrône le président, la notion de la démocratie et de la liberté n’est pas évidente. La démocratie ne s’apprend pas du jour au lendemain. La Tunisie a connu une forme d’explosion, donc les gens veulent profiter de la situation et quitter le pays car l’ex-président est parti. Ils ont cru que le passage allait être facile. Certains jeunes voient dans l’Italie et la France aussi une « terre promise ». Je caricature un peu la situation mais c’est la vérité.

La deuxième hypothèse, qui est la plus probable pour moi et la plus logique, est que les gens pour qu’ils partent ont besoin de l’argent. Le pays vit une crise. J’ai parlé d’un complot et en ce sens, je pense que notre voisin, le président de la Libye, qui était un ami très proche de Ben Ali, a aidé ces gens. C’est un homme connu par ses liens avec le terrorisme. Déjà on a découvert que les barques viennent de Libye. Donc les preuves sont là. J’aimerais signaler que ce président a fourni à l’époque de Bourguiba des armes à des terroristes, pour tuer les Tunisiens.

 

  • Pensez-vous qu’il y ait un risque que des islamistes parviennent à la tête de la Tunisie ?

Je vais vous donner la réponse : les islamistes ne vont jamais parvenir à la tête de la Tunisie. La Tunisie est un pays très ouvert. Ici, les Tunisiens sont plutôt proches des Européens. Dans notre Constitution, il y a l’expression « la Tunisie est un Etat musulman ». Mais en fait, c’est un état laïc. Effectivement, en Tunisie, tu peux trouver des femmes voilées, et après la Révolution, on commence à voir des femmes grillagées du Tchadri [la burqa] ; mais l’esprit laïc est toujours enraciné en nous ; je parle de la majorité des jeunes évidemment.

Je pense que le paysage social a changé après la Révolution, mais les islamistes ont fait des choses affreuses avant. Ils ont vitriolé des gens par exemple, et les Tunisiens n’arrivent pas à oublier cela. Peut être que ce n’est pas adéquat de parler au nom de tout le monde, mais d’après ce que j’ai vu, la majorité n’est pas d’accord. Ils ne veulent pas que l’islam soit instrumentalisé.

 

  • Quelle différences faites-vous entre la Révolution en Tunisie et celle d’Egypte ? Et les « embryons » de révolution en Algérie, au Yémen, en Iran… ?

Concernant l’Egypte et la Tunisie, je vais diriger mon analyse sur ces deux pays. Les deux pays sont très différents sur tous les plans. Moubarek n’est pas Ben Ali. Certes, les deux pays ont connu deux Révolutions, mais il faut essayer de relativiser les deux cas. L’Egypte est un pays très important et même le plus important dans le monde arabe pour Israël. Moubarek est leur complice. N’oublie pas le blocus de Gaza, où les Palestiniens ont souffert. Il faut aussi se souvenir de la pauvreté, car en Egypte, il y des gens plus misérables que Les Misérables de Victor Hugo.

En Tunisie, c’est pas le même chose. Il y deux familles qui ont pillé le pays et qui ont profité de ses richesses ; en Egypte, il y a la même chose aussi, mais les facteurs de le Révolution diffèrent d’un pays à un autre, et la différence réside surtout dans l’importance de l’Egypte au niveau de ses relations diplomatiques avec Israël.

Pour les « embryons » des Révolutions en Algérie, au Yémen, et Iran, je pense que ces pays comme d’autres qui vont aussi se soulever ont saisi la leçon ; ils veulent des changements radicaux car le situation dans leurs pays n’est pas rassurante. Les facteurs se ressemblent, mais il faut à chaque fois se mettre dans le contexte et chercher la spécificité de chaque pays. Mais d’une manière générale, les présidents arabes se cachent toujours derrière le nom de président et en fait, ils ne sont que des rois. Tout cela est très différent de la situation en Europe, et surtout aux Etats-Unis.

 

  • Comment a été perçue en Tunisie la réaction de la France face à la chute de Ben Ali ? Et vous, qu’avez-vous pensé de cette réaction ?

C’est une très bonne question. J’aimerais d’abord te dire une chose : les Tunisiens sont très en colère contre Michèle Alliot-Marie. Ils sont déçus par ses déclarations. Il y a des pages sur Facebook qui dénoncent ses déclarations.

Les Tunisiens, d’un autre coté, ont apprécié la réaction de Sarkozy qui a refusé d’accepter Ben Ali. Par contre, les Tunisiens ont déjà fait une manifestation contre l’ex-ambassadeur, et il est parti. Mais aujourd’hui (17 février), il y a eu une conférence de presse avec le nouvel ambassadeur, qui est parti très vite après une question ; et il a dit : « C’est nul ! C’est lamentable ! » Les Tunisiens sont indignés par sa réaction, parce que la journaliste qui a posé la question n’a rien dit. Elle lui a seulement dit : « Est-ce que vous êtes prêt, étant donné que les Tunisiens ont peur de ce qui va venir ? » Ou quelque chose comme cela, j’ai fait la traduction de la question.

 

  • Vous suivez l’actualité quotidiennement, avec grande attention !

Oui, c’est vrai, j’essaie de comprendre. Je veux pas être « dépaysée » dans mon pays. Cependant, l’ambassadeur a présenté ses excuses à la journaliste. Mais les Tunisiens sont méfiants surtout après sa réaction. Et pour eux, qu’il soit proche de Sarkozy ne veut rien dire. Par contre, certains ont vu que cette relation avec le président peut aider les Tunisiens. Je suis à mon tour méfiante, et je dis plutôt qu’il n’a pas bien saisi la portée des questions.

 

  • Dernière question : qu’espérez-vous pour la Tunisie, d’abord dans l’immédiat, et pour l’avenir ?

La sécurité dans l’immédiat, c’est la chose la plus importante. Pour l’avenir, la démocratie, car si on a la démocratie, tout le pays va changer.

 

Merci beaucoup d’avoir répondu à nos questions.

14 février 2011

La musique, monde en soi – Entretien avec Rémi Escalle (3/3)

Publié par carnetsdimelda dans Histoire, Les Entretiens d'Imelda, Musique, Politique

Dans la fin de cet entretien, Rémi Escalle, étudiant en musicologie,  évoque de manière approfondie la musique dite classique et celle dite baroque, la diversité des traditions musicales, le courant minimaliste, les musiques de film et l’accès à la pratique et à l’écoute musicale.

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Mondonville (1711-1772), à la charnière du baroque et du « classique »

 

  • Quelle distinction peut-on faire entre la musique classique et la musique baroque ? Finalement, que recouvre le terme « musique classique » ?

« Musique classique » est une expression très intéressante. Tout le monde l’utilise mais personne ne sait au juste ce qu’elle veut dire. On dit souvent « musique classique » pour lui donner une légitimité particulière, l’asseoir face aux « musiques populaires ». C’est un préjugé classique des cultures qui en sont venues à écrire leur musique..

En Inde, ils ont une tradition au moins aussi riche que la nôtre, avec des compositeurs, des maîtres réputées et des traités théoriques aussi vastes que les ensembles de textes religieux hindouistes. Pour jouer un beau râga indien, il faut quinze ans d’apprentissage ; c’est quelque chose de particulièrement technique, de très pensé. Il y a aussi un solfège, avec des gammes, des « bémols », des techniques de compositions à apprendre, des techniques d’improvisation extrêmement complexe. Une très grande richesse qui passe par l’écrit : on parle alors de musique « classique » indienne karnatique ou hindoustanie pour l’opposer aux musiques rituelles non-écrites de ce mêmes régions par exemple, aux structures moins aisément identifiables.

Concernant la question de la tradition musicale, on pourrait le vocable « musique classique » pourrait se justifier en Occident du point de vue qui la pratiquent, éventuellement, car elle renvoie à certains « clichés » musicaux. D’un point de vue historique, cela pose cependant problème. J’avais même un professeur d’histoire de la musique qui soutenait de manière particulièrement convaincante que la musique « classique », d’un point de vue historico-musicologique, n’existe pas. Il ne parlait jamais de musique classique. En effet, qu’entend-on par musique « classique » lorsqu’on cherche à la situer sur les frises des conservatoires ? On la se situe de 1750 à 1800 environ. On se retrouve alors avec trois compositeurs estampillés vrais « classiques », Mozart, Haydn, Beethoven. On est bien embêté : trois compositeurs, cela ne fait pas beaucoup pour une période de presque 70 ans, dans laquelle il se passe beaucoup de choses, où Kant écrit sa Critique de la Raison Pure tandis que l’on publie les premiers romans et poèmes « gothiques », tels ceux de Young. Ainsi Schubert, où le classe-ton ? Il meurt un après Beethoven (en 1828), pourquoi en faire un romantique, tout en excluant son illustre aîné ? C’est difficile à comprendre.

Aussi mon professeur soutenait que l’on peut qualifier l’esthétique de Mozart, sans aucune connotation péjorative, de « musique galante ». Si l’on veut qualifier la période baroque d’un point de vue esthétique, c’est la ligne de basse qui est fondamentale – l’accord chiffré supportant la ligne vocale ou instrumentale, très ornée et souvent en grande partie improvisée. Subsistait également le contrepoint hérité de la Renaissance, qui était un genre distinct, qui alternait avec des formes plus libres ou les suites de danses. En musique baroque cohabitent des formes très libres et de formes extrêmement contraignantes comme le contrepoint, et des d’autres formes, par exemple la suite de danses.

Cependant l’écrit a peu à peu figé les ornements, sur le même modèle que les techniques de compositions contrapuntiques (telles que le canon ou la fugue) qui étaient tout d’abord improvisées par les organistes (notamment en Flandres) et qui ont peu à peu fait l’objet de règles de plus en plus strictes et même de traites extrêmement complexes. Certaines suites de danses ont alors fini par intégrer des notions contrapuntiques, et des formes nouvelles sont nées, comme les partitas pour clavier de Bach, hybrides étranges qui à la fois lorgnent vers la sonate et sont en même temps les derniers témoins d’un style d’écriture déjà dépassé.

A l’époque que l’on appelle usuellement classique c’est l’expression mélodique qui va de nouveau primer, mais cette fois-ci sous une forme entièrement écrite et intégrée à l’harmonie, bien loin de la liberté qu’offraient les schémas baroques. La fugue demeurera, mais non comme genre à part entière. Alors pourquoi parler de style galant ? Parce que cette liberté mélodique retrouvé, bien qu’entièrement indiquée sur le papier, n’a rien à voir avec une quelconque théorie du classicisme : bien au contraire, il y a une évolution continue, continue, contiguë à celle des cours d’Europe qui employaient les musiciens à la même époque. De nombreux compositeurs qui sont à cheval entre la période baroque la période galante.

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12 janvier 2011

L’histoire contre le divertissement

Publié par carnetsdimelda dans Histoire, Petites reflexions

Après avoir odieusement, dans un  « billet de la fâkheuse » du 12 novembre dernier, abaissé l’histoire à une matière par défaut, je m’apprête à lui rendre justice.

Car l’histoire est indispensable. On ne peut s’en passer. Vous ouvrez un Balzac ? Qui vous dira ce qu’étaient les provinciaux du XIXe ? L’histoire. Vous cherchez à comprendre la crise ? Qui vous expliquera l’ampleur de celle de 1929 ? L’histoire. Vous entrez dans l’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas dans le 5e arrondissement ? (comme moi cet après-midi) Qui vous expliquera que ce nom vient des frères toscans d’Alto-pascio ? Les indications historiques à l’entrée de l’église. Vous ouvrez la Constitution de la Ve République ? Qui vous dira pourquoi les constituants ont rendue difficile la chute du gouvernement ? L’histoire des IIIe et IVe Républiques.

Vous écoutez une sonate de Mozart ? Qui vous fera comprendre pourquoi il fut un génie absolu ? L’histoire. Vous ne savez pas d’où viennent les croissants du matin ? Qui vous parlera du siège de Vienne ? L’histoire. Vous voyagez à Perpignan ? Qui vous expliquera ce que fait là le Palais des rois de Majorque ? L’histoire. Vous ouvrez les journaux et ne comprenez rien des relations israélo-palestiennes ? Qui vous éclairera ? … Oui oui, c’est ça. L’histoire.

Elle est partout.

 

L’histoire contre le divertissement dans Histoire 838

Où n’est-elle pas, alors ?

J’ai essayé de lister quelques lieux où elle brille par son absence. J’ai trouvé : Internet, les nouvelles technologies, les jeux vidéos, l’argent, des émotions, certains sports, MacDo… What else ? Sûrement d’autres choses.

Ce qu’il y a de commun à ces non-lieux de l’histoire, c’est peut-être qu’ils sont des lieux de divertissement. Au sens où l’entendait Pascal dans ses Pensées, bien sûr : « Quand je m’y suis mis quelquefois à considérer les diverses agitations des hommes et les périls et les peines où ils s’exposent, dans la cour, dans la guerre, d’où naissent tant de querelles, de passions, d’entreprises hardies et souvent mauvaises, etc., j’ai découvert que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre. »

Et que peut-on faire seul dans une chambre, hormis songer à notre condition mortelle ?

Certains s’écrieront : « Vous voulez dire que l’histoire nous éloigne du mouvement incessant des hommes et des passions ? Que nenni ! L’histoire en est pétrie. »

Les événements, oui. Mais l’étude des événements ? Ne nous fait-elle pas justement songer à la rapidité du temps, à la fugacité des plaisirs et des gloires, à la fin des civilisations ?

L’histoire nous éloigne de la course au futur.

 

27 décembre 2010

Ecrire l’histoire à vingt ans – Entretien avec Gabriel Dubois

Publié par carnetsdimelda dans Histoire, Les Entretiens d'Imelda, Politique

Etudiant en sciences politiques, Gabriel Dubois a publié en 2008 La Saga capétienne, un essai sur l’histoire de la dynastie des Capétiens, auquel il a travaillé pendant son lycée ! Comment sa passion pour l’histoire s’est-elle concrétisée par l’écriture ? Réponses dans cet entretien exclusif.

 

Ecrire l'histoire à vingt ans - Entretien avec Gabriel Dubois dans Histoire dubois-saga

Comment avez-vous commencé à connaître l’histoire, et à l’aimer ?

C’est une longue histoire… Aussi loin que ma mémoire remonte, je crois bien avoir toujours aimé l’histoire, et réclamé que l’on m’en raconte ou m’en lise, essentiellement l’histoire de mon pays. Dès que je l’ai pu, j’ai moi-même lu à peu près tout ce qui me tombait sous la main. Des albums d’abord, notamment la collection La vie privée des hommes, dont les illustrations ne sont pas étrangères à la sympathie que je pouvais cultiver alors pour la matière. Puis avec l’adolscence vinrent des ouvrages plus sérieux et fournis. Le premier vrai livre d’histoire qui me fut offert était le Napoléon de Jean Tulard, pour mes treize ans. Je me plongeai dedans avec avidité. Très rapidement mes champs de préférence se déterminèrent : l’histoire de mon pays et de sa sphère d’influence ; une large période, courant de Louis XI à la Révolution, et en son sein une préférence nette pour ce que l’on appelle le Grand Siècle.

L’amour de l’histoire est sans doute lié à l’amour de mon pays et de ses peuples, au sentiment de proximité charnelle que je peux entretenir avec lui. L’étude de l’histoire, elle, est une autre question, plus liée au souci de méditer nos actions passées, leurs conséquences, leur sens profond, la portée qu’elles peuvent avoir dans l’histoire des idées ou nos comportements sociaux actuels. Etudier la façon dont nos ancêtres ont vécu, pensé, agi, voilà une des grandes vertus de la science historique. Si la frontière entre eux et nous est à jamais infranchissable, c’est un peu d’eux que nous retrouvons en nous, tant nous ne sommes que des héritiers.

Comment en êtes-vous arrivé à décider d’écrire un livre d’histoire ?

     C’était alors l’année de ma troisième, je lisais abondamment des biographies de rois de France. Louis XIV de François Bluche, Louis XV de Michel Antoine, Louis XVI de Jean de Viguerie, Louis XI de Jean Favier, etc. Un problème se posa alors. Ou plutôt deux.

Dans le cadre de mes recherches personnelles je cherchais une synthèse en un seul volume sur l’ensemble de la dynastie capétienne, soit de Hugues Capet à Louis XVI (excluant Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe Ier), synthèse qui ne soit pas une simple chronologie améliorée mais un véritable ouvrage de référence, facile d’usage et agréable à la lecture.

Parallèlement je me demandais ce que je pourrais bien faire de toutes ces connaissances acumulées. Seraient-elles un trésor stérile conservé pour moi seul ? Mes recherches furent infructueuses. Je ne trouvai qu’une histoire des Rois et reines de France par le duc de Castries, publiée en 1973 et jamais rééditée, une Histoire des rois de France par Joseph Calmette en 1943 et une Histoire des rois de France par Antoine de Lévis Mirepoix, publiée en 1965 et rééditée en 1985. C’est ce dernier volume que je me procurai par correspondance. Constatant le vide de l’historiographie actuelle, avec un certain aplomb et beaucoup d’inconscience, je décidai de me lancer moi-même dans la rédaction de cet ouvrage. Nous étions dans les quinze derniers jours de ma troisième.

Combien de temps avez-vous mis à l’écrire ?

J’ai passé aux recherches historiques et à la rédaction proprement dite les trois années de mon lycée. Puis, ma première année d’études supérieures fut consacrée à la relecture, aux corrections nécessaires, mais hélas insuffisantes, et à quelques ajustements ou à des recherches à la marge. Soit un total de quatre années, de la rédaction du premier mot, à la dernière correction.

Rédigiez-vous au fur et à mesure de vos recherches ? Comment se déroula exactement la rédaction du livre ?

Mon jeune âge m’interdisait l’accès aux archives. J’ai donc dû me débrouiller avec les ouvrages disponibles dans les bibliothèques publiques et le commerce, ce qui constitue déjà un fond fort appréciable, considérant l’immense travail historiographique déjà réalisé, ainsi que les mises en volumes imprimés de nombreux documents d’archives.

Concernant la rédaction proprement dite, j’ai construit l’ouvrage comme une maison. J’ai d’abord posé les fondations en rédigeant l’ossature à l’aide d’ouvrages généraux, puis j’ai procédé à une seconde écriture avec des documents correspondant à des points plus spécifiques, et ainsi de suite, jusqu’à ce que j’estime les points abordés correctement traités, rentrant donc de phase en phase dans une plus grande minutie documentaire. Ce n’est pas forcément ainsi que je travaillerai aujourd’hui, mais je pense que la méthode convenait parfaitement à l’époque, considérant mes faibles moyens d’investigation.

La construction de l’ouvrage, elle, suit une progression chronologique. Chaque souverain ayant droit à un chapitre. Une dernière partie, plus thématique, concerne les institutions de l’Ancien Régime. J’estime, en effet, qu’il est difficile de comprendre ce riche corpus institutionnel en ignorant l’histoire qui présida à sa constitution. Il est tout autant difficile de comprendre l’histoire si on ignore les institutions qui réglaient la vie des gens.

Concernant votre bibliographie, comment avez-vous sélectionné vos sources ?

Ce travail s’est d’abord révélé difficile, compte tenu de mes limites en la matière. En effet, la consultation d’une bibliographie ou la sélection d’ouvrages est en soi un art spécifique et difficile. J’ai donc d’abord avancé à l’aveuglette, avec ce que j’estimais être des ouvrages de référence. Puis, grâce à ceux-là même, j’ai pu remonter la corde des références, en utilisant leurs propres bibliographies, utilisant en somme les références des références… J’ai ainsi pu réaliser mes recherches personnelles sur des bases plus solides.

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8 octobre 2010

Pourquoi aimer le Grand Siècle ?

Entretien avec Emmanuel, étudiant en histoire et histoire de l’art. Après trois ans en prépa littéraire, il a rédigé pendant son master à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, un mémoire sur les trophées de la Chapelle royale de Versailles. Il nous fait partager son enthousiasme et son admiration pour l’esthétique du XVIIe siècle, dans ses multiples composantes artistiques et éthiques.

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Comment a commencé votre passion pour le XVIIe siècle ?

La première fois que j’ai rencontré le XVIIe siècle, c’était en visitant le château de Vaux-le-Vicomte. J’avais sept ans. J’ai tout de suite été attiré par l’atmosphère, les peintures, la décoration et l’esthétique du lieu. Mais sans esprit critique. Quand j’étais petit, j’aimais plusieurs époques. En effet, avant le développement du sens critique, nous sommes seulement attiré par ce qui nous plaît. Je dois avouer une erreur de jeunesse : j’admirais Napoléon quand j’étais enfant, mais à cause des batailles et des uniformes.

Concernant le XVIIe, j’ai davantage été attiré par lui que par la Renaissance ou par le XVIIIe, mais je ne sais pas vraiment pourquoi. Il me plaisait beaucoup, aussi bien par la musique, l’architecture, la peinture, la littérature… Et surtout, au collège, la littérature. Bien que je n’aie pas eu des cours exceptionnels et que je n’étais pas en mesure de tout apprécier, j’aimais beaucoup les Caractères de La Bruyère et les tragédies de Racine.

Par quels adjectifs pourriez-vous qualifier l’esthétique de ce siècle ?

Tout dépend des registres, car l’esthétique s’adapte à la destination d’un objet, d’un monument ou encore d’une œuvre écrite ou orale, ou purement instrumentale ou vocale. Dans l’ensemble, je dirais « majestueux », « qui inspire la grandeur et le respect », « équilibré ». Je ne rentre cependant pas dans les clichés de l’architecture classique que l’on nous enseigne au collège. On nous y montre un classicisme très dépouillé, sans statues, sans ornements, voire sans peintures et sans couleurs. Ce classicisme-là est sorti de la Révolution, du vandalisme révolutionnaire qui a mutilé de nombreuses œuvres.

Ainsi, avant la Révolution aux Invalides, des statues étaient juchées en acrotère (en saillie) sur les façades. Versailles retrouve en ce moment ses dorures sur les toitures ; les façades pouvaient être peintes. C’était le cas à Marly, où l’on a peint du faux marbre sur les façades, à la manière génoise ou vénitienne. Dans le style pierre et brique du premier Versailles, on pouvait imiter les parements bichromes sur des façades plus banales. Le principe consistait à mettre sur un fond blanc un enduit ocre, orange ou rouge foncé, et de tracer des rainures sur cet enduit, pour faire ressortir des faux joints. Au XVIIe siècle, on aimait ce qui donnait de la couleur, de la vivacité au décor. Le mobilier n’échappe pas à cette règle : tentures et parements cramoisis, lapis-lazuli, plateau de marbre, des meubles aux veinures tranchés et aux couleurs chatoyantes, contrastes affirmés et matériaux insolites comme l’écaille de tortue !

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28 juillet 2010

Ecrire un roman historique : questions et jubilations

Publié par carnetsdimelda dans Histoire, Les Entretiens d'Imelda, Litterature, Roman

Entretien exclusif avec Aude Pilorgé, auteur du roman De soie, d’or et de sang, aux éditions des Quatre Saisons. Portrait d’une passionnée du Moyen-Age et du XIIe siècle, cultivée et imprévisible.

Ecrire un roman historique : questions et jubilations dans Histoire nouvelleimagek

 

Pourriez-vous vous présentez en quelques mots ?

Je suis mariée et mère de famille nombreuse, rédactrice juridique dans l’administration. C’est mon premier roman, et j’ai déjà une soixantaine d’années.

Depuis quand écrivez-vous, et sous quelle forme ?

J’ai commencé très tôt. Petite, j’écrivais des bandes dessinées, des contes, des nouvelles, et mon journal jusqu’à l’âge de vingt-cinq ans. J’ai tout jeté, je pense que ce n’était pas très bon. Puis je me suis mise à beaucoup lire.

J’ai commencé à écrire ce roman il y a vingt ans, mais j’ai commencé à le rédiger vraiment il y a trois ans. Auparavant il s’agissait de pages écrites au hasard de mon inspiration ; j’ai réutilisés certains de ces fragments par la suite.

J’écris à l’ordinateur : c’est plus rapide que de tout recopier. Seules les premières pages ont été écrites à la main ; j’étais alors en Tunisie et sans ordinateur. Par la suite, ce sont simplement les idées que j’ai notées sur le papier, pour les développer ensuite à l’écran. 90% du roman a été écrit directement à l’informatique.

Pourquoi avez-vous écrit ce roman ?

Je crois bien que l’idée m’est venue en lisant un livre d’Ellis Peters, qui a écrit des romans policiers médiévaux ; elle parlait d’un bouton au XIIe siècle, alors que ceux-ci n’existeront qu’au XIIIe. Je me suis dit que l’on pourrait bâtir une intrigue avec quelqu’un qui retrouverait, non pas un bouton, mais un galon.

J’ai toujours aimé passionnément le Moyen-Age, sans savoir vraiment pourquoi. J’ai en fait deux pôles d’intérêt : le Moyen-Age et l’Extrême-Orient. Mais l’Extrême-Orient est un monde complexe, plus difficile à connaître, et qui nous est étranger. Tandis que le Moyen-âge, c’est chez nous ! J’ai lu tout ce que j’ai pu trouver en fait de romans médiévaux et de livres d’histoire.

J’aime surtout le XIIe siècle, qui est l’aurore d’une apogée de notre civilisation. L’apogée sera le XIIIe siècle avec saint Louis, puis viendra une certaine décadence. Tous les jaillissements sont suivis d’effondrements.

Cette époque est marquée par un approfondissement de la foi, un développement de la culture, qui va de pair avec une fantastique richesse artistique.

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12 mai 2010

Retours d’Italie (1)

Publié par carnetsdimelda dans Architecture, Histoire, Impressions, Voyages

Ayant passé quelques jours à Turin et Milan, je vous en livre quelques échos picturaux et sonores.

Turin. Capitale du Piémont, 910 000 habitants. Elle fit partie des Etats de Savoie de 1419 à 1860, puis fut la capitale de la nouvelle Italie unifiée, jusqu’en 1866. Turin fut en effet le foyer du Risorgimento, période qui déboucha sur l’unification italienne, dont les 150 ans seront fêtés l’an prochain. En particulier un de ses acteurs principaux, Cavour, vécut ici, et venait oublier ses soucis politiques au café San Carlo où nous avons dégusté le Bicerin, spécialité locale (3 étages : café, chocolat et crème liquide).

Le Palazzo Madama. Il doit son nom aux deux « Madame Royale » qui y séjournèrent aux XVIIe-XVIIIe siècles : Christine de France (1606-1663), veuve de Victor-Amédée Ier, et Jeanne de Savoie-Nemours, veuve de Charles-Emmanuel II. La façade que vous voyez fut réalisée au XVIIIe. Le palais abrite le Musée d’Art antique.

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La piazza San Carlo (où se trouve le fameux café), avec les églises Santa Christina et San Carlo, éminemment baroques comme la plupart des églises en Italie. Notez les candélabres qui surmontent la première, ainsi que sa façade dessinée par Juvarra, fameux architecte d’origine sicilienne du début du XVIIIe siècle.

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Un balcon sur la Via Po. Je raffole de ces îlots de verdure blottis dans les cours fraîches et les terrasses perchées.

  p1050131 dans Impressions

A suivre…

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