Les Carnets d'Imelda

30 janvier 2012

La Colline aux coquelicots

Publié par carnetsdimelda dans Cinema, Histoire, Psychologie

La gagnante du concours d’articles a écrit la critique suivante, sur le joli film actuellement en salles La Colline aux coquelicots. Bravo à elle !

La Colline aux coquelicots dans Cinema avant-premiere-colline-aux-coquelicots-nov-2011-211x300

Japon, années 1960. Des drapeaux s’élèvent dans le ciel matinal, claquent en haut du mât, sous l’oeil attentif d’Umi. En face, sans qu’elle le sache, une jeune  garçon lève avec la même ardeur les pavillons en haut de son navire. Modèles d’obéissance et de studiosité, Umi et Shun se retrouvent au lycée et au vieux foyer dénommé « Quartier Latin » qui fourmillent d’élèves adonnés à divers travaux, dont la réalisation d’un journal.

Umi est orpheline de père, Shun ne sait quels sont ses vrais parents : une forte amitié naît entre eux, guère démonstrative, tout en grands yeux étonnés et en gestes d’attention, mais qui se resserera au fil du scénario.

Rien d’imprévisible dans ce dessin animé des studios Ghibi réalisé par Gor Miyazaki, le fils du célèbre réalisateur et scénariste Hayao Miyazaki. Peu d’action et de rebondissements, mais beaucoup de finesse, d’émotion et même d’humour. On ne regarde pas, on contemple les dessins qui sont une vraie merveille, tout en coloris et détails. A travers cette histoire assez simple qui réjouira petits et grands se dessinent une réflexion en filigrane sur l’importance de la filiation, la connaissance de ses racines pour construire son avenir.

Les jeunes héros plaident pour le maintien du vieux foyer, promouvant le respect et l’assimilation de ce qui les a précédés et se heurtent de plein fouet au vent alléchant de la modernité qui emportent d’autres élèves. Un film rétro et charmant.

Maritro de Lyrvehc

18 décembre 2011

Après Jésus-Christ

Publié par carnetsdimelda dans Histoire, Litterature, Roman

Dans le roman L’Eclipse paru à la rentrée 2010, le jeune auteur Enguerrand Guépy évoque les trois jours qui suivirent la mort de Jésus-Christ. En de multiples portraits, ceux qui ont suivi de près ou de loin Jésus sont dépeints dans leurs contradictions les plus intimes.

Eclipse totale à Jérusalem. Après la mort du Christ en croix, « la terre trembla », lit-on dans l’évangile de Matthieu. Que se passa-t-il après la mort d’un prophète décidément pas comme les autres ? Enguerrand Guépy, qui a travaillé dix ans dans le théâtre, invente ce chant choral où apôtres, militaires romains et juifs rebelles crient leurs sentiments.

La peur est partout, car le centurion Quirinius semble vouloir s’en prendre à la famille du Rabbi – Jésus. Judas s’est pendu car son rêve est mort. Simon le zélote – c’est-à-dire le nationaliste, luttant contre l’occupation romaine – risque de se faire enroler par Barabbas, bandit relâché à la place du Christ, et qui souhaite en finir avec ladite occupation. Le grand prêtre du temple, Caïphe, pense avoir tout sauvé. Pilate, le préfet romain, s’effondre.

Parmi ceux qui avaient suivi Jésus, tous sont effondrés, même Jean, même Pierre qui avait sorti l’épée lors de l’arrestation de Jésus. Lazare, que Jésus a ressuscité, trouve sa seconde chance plus douloureuse que la première. Le doute de tous n’empêche pas chacun de garder une once de noblesse. Et Marie-Madeleine cherche celui qui seul a posé un regard aimant sur elle, jusqu’à ce qu’à l’aube du dimanche, « l’ange lui [promette] un soleil éternel. »

Avec une intensité qui échappe toujours au pathos, l’auteur fouille et découvre avec sa plume les divisions des juifs et les états d’âme de ceux qui ont déjà tant souffert, et que leur Dieu semble éprouver à nouveau en faisant mourir leur prophète. Un texte prenant.

Enguerrand Guépy, L’Eclipse, L’Oeuvre, 2010

Après Jésus-Christ dans Histoire enguerrand-guepy-leclipse 

 

10 décembre 2011

Paganini le Capricieux

Publié par carnetsdimelda dans Histoire, Musique

Série sur les compositeurs italiens

Paganini le Capricieux  dans Histoire paganini

Depuis le 1er décembre, un violoncelle Stradivarius de 1707 est mis aux enchères : le « Paganini-Comtesse de Stainlein ». Niccolo Paganini (1782-1840) a donc possédé cet instrument. Violoniste et compositeur italien, il a révolutionné la pratique du violon à l’aube du romantisme.

Naissance à Gênes et mort à Nice, Paganini se distingue de ses confrères par ses compositions instrumentales, alors que l’opéra envahit le champ musical italien. En tournée de concerts dès l’âge de quinze ans, il dépasse déjà ses maîtres qui n’ont plus rien à lui apprendre techniquement.

Il déploie en effet de nouveaux moyens pour créer des sons de violon, par exemple le mélange de pizzicato (pincement des cordes avec les doigts) et d’arco (frottement des cordes de l’archet).

Paganini avait en fait une sorte d’heureux handicap : il souffrait probablement du syndrome de Marfan, c’est-à-dire que ses ligaments se tendaient beaucoup plus que la normale. Ses mains étaient d’une extensibilité hors normes. Son oeuvre la plus connue, les Vingt-quatre Caprices pour violon solo, a été déclarée injouable par de nombreux artistes du XIXe siècle.

Ecoutons ici le 24e de ces caprices dans l’interprétation d’Alexander Markov. Brahms essaya de transposer au piano cette 24e variation (ici). L’influence de Paganini va jusqu’à la réalisation du film Kinski Paganini, par l’allemand Klaus Kinski en 1989. Balzac avait donc raison, quand il évoquait dans L’Interdiction (1839) la « puissance magnétiquement communicative » de Paganini.

 

30 novembre 2011

Le mathématicien en quête de réel

Publié par carnetsdimelda dans Cinema, Histoire, Psychologie

Un homme d’exception, un film de Ron Howard, 2001.

Le mathématicien en quête de réel dans Cinema abeautifulmind

 

Qu’est-ce que le réel ? John Nash (Russell Crowe), étudiant en mathématiques, semble bien placé pour le savoir. Vers 1950, élève à l’université de Princeton, il rend par des équations les mouvements des pigeons du parc. Au jeu de go, tous ses coups sont parfaits. Sa théorie économique des jeux va être mondialement reconnue. Mais il n’envisage les relations humaines qu’en termes scientifiques…

Il pense que les gens ne l’aiment pas. Sauf Charles, son colocataire. Et Alicia (Jennifer Connelly), qui devient sa femme. Un jour, un représentant du département de la Défense, William Parcher (Ed Harris), lui demande de décoder des messages soviétiques censés évoquer une attaque nucléaire.

John souffre de schizophrénie. Charles et William ne sont que des hallucinations, des créations de son esprit en mal de reconnaissance et d’amitié. Il lui est très difficile de l’accepter. Après une hospitalisation, il ne prend pas ses médicaments, et rechute. Son épouse Alicia est tentée de partir, mais elle continue. « Je le regarde, je me force presque à voir l’homme que j’ai épousé. Il est comme transformé en la personne que j’aime, comme je suis transformée en une personne qui l’aime. » C’est cette fidélité incarnée qui est le centre de l’histoire ; John y puise l’effort avec lequel il va pouvoir faire le deuil de ses amis imaginaires. Si le cerveau trompe, le coeur lui, voit bien davantage.

John Forbes Nash a existé, et a reçu le Prix Nobel d’économie en 1994 ; il vit encore. Son histoire est filmée avec peut-être un peu trop d’intensité dramatique, mais toujours une grande finesse dans la composition de l’image et dans les dialogues. Ce film dit bien plus que son scénario : l’amour donne à voir la merveille de l’altérité.

10 novembre 2011

Une année à la Sorbonne

Publié par carnetsdimelda dans Histoire, Impressions

La fac est une expérience dont vous trouverez mes impressions dans les « billets de la fâkheuse » postés en 2010-2011, et rassemblés ci-dessous pour plus de commodité.

 Une année à la Sorbonne dans Histoire sorbonne01

L’attente, une posture parisienne – 27 septembre 2010

Attendre. Dix minutes pour acheter un sandwich à l’heure du déjeuner. Un quart d’heure pour acheter des tickets de métro (et entendre finalement que le guichet ne délivre que des informations, pas de tickets). Vingt minutes pour passer à la caisse du Monoprix. Vingt-cinq minutes pour faire valider par la fac son attestation de bourse. Une demi-heure pour régler un problème d’équivalence à la fac. Trente-cinq minutes en vue d’adhérer à une mutuelle étudiante. Une heure et quart avant de visiter le lycée Henri IV aux journées du patrimoine. Cinq heures pour accéder (ou non) à l’Elysée pendant ces mêmes journées…

C’est à devenir fou.

Cependant, plutôt que de s’arracher tous les cheveux, essayons de nous poser sur un coin de siège de bus urbain, s’il en reste encore un, et de réfléchir. Pourquoi cette attente ?

Il peut s’agir d’un problème logistique, purement mathématique. Il n’y a pas assez d’employés dans l’administration de la fac pour une demande importante. Donc un employé se partage davantage de clients, ce qui allonge l’attente de chacun selon un rapport de 2×3/X2 -∞.

C’est aussi un problème social : à l’heure de la crise et du chômage, ne devrait-on pas employer plus de secrétaires, de guichetiers et d’hôtesses de caisse ? Je laisse les problèmes de micro et macroéconomie à leurs analystes chevronnés.

A un niveau plus élevé d’interprétation, n’y a-t-il pas un sens philosophique à cette attente ? N’est-ce pas le concept de mérite qui arrive, couronné de lauriers, mais dédaigné par les files d’attente trépignantes ? Pour acquérir ce beau sandwich jambon-comté qui nous tend les bras, ne devons-nous pas le mériter ? Songer aux grains de blé durement moissonnés, épurés en farine, transformés en pain ? Et à ce sympathique cochon mort dans l’anonymat, pour offrir au consommateur indifférent sa tendre viande ? Quant à cette salade qui a le goût de papier, ne mérite-t-elle pas nos affectueuses pensées ? Dix minutes ne seront pas de trop.

Songeons-nous aussi aussi à ces ménagères qui, pendant l’Occupation, faisaient la queue dans le froid pour avoir quelque maigre viande pour nourrir leurs enfants ? Mais, me direz-vous, nous ne sommes plus en guerre, mais à l’ère de la société de consommation. Tout est à notre portée : en un geste du doigt sur la télécommande nous avons des images exclusives du Haut-Liban, et en quelques clics les adresses de maîtres verriers à Bourg-en-Bresse. A Paris même, si l’on souhaite une gravure Régence 12×18 ou un gilet gris à col noir en angora, des milliers de magasins agitent leurs enseignes.

Alors, ne râlons pas si le caissier met du temps à trouver le prix du melon cultivé dans le Vaucluse.

Le métro comme bain de culture – 18 octobre 2010

Après ce titre, vous vous imaginez déjà une longue réflexion sur la diversité culturelle des usagers du métro, avec l’image de gens de cinq continents se pressant dans les rames.

Eh bien non, il s’agit aujourd’hui de prendre conscience d’un fait précis. Le nom des stations de métro nous plonge dans un formidable bain culturel, à travers des siècles d’histoire, de grands personnages, de saints, de lieux et d’événements.

(Lire la suite…)

13 octobre 2011

Vie et mort de l’Artiste

Publié par carnetsdimelda dans Cinema, Histoire

« The Artist », de Michel Hazanavicius. Actuellement en salles.

Synopsis : vers 1930, une star déchue du cinéma muet tombe amoureux d’une étoile montante ; jusque là, rien d’extraordinaire. Le film est muet et en noir et blanc ; il sort en 2011. « Quoi ? Mais c’est stupéfiant, merveilleux, le muet est intemporel, le progrès de la technique n’est rien ! » Non. Ce n’est pas cela encore.

Si ce long-métrage fonctionne et éblouit, c’est parce que ce film muet parle… de la fin du film muet. S’il avait évoqué une histoire d’aventure ou d’amour quelconque, le pari eût été risqué. Ici, cette réflexivité permet de rendre un bel hommage au cinéma de cette époque. Les références à Charlie Chaplin ou à des films plus  »récents » comme Chantons sous la pluie sont nombreuses. De plus, le bouleversement de l’arrivée du parlant donne à réfléchir sur les changements cinématographiques actuels, comme l’arrivée du 3D.

L’univers du film muet est net, lisse, évident, prévisible, et surtout surjoué. C’est cette absence de parole qui permet de développer d’autres ressources : les expressions, mimes, attitudes, et tout le jeu de la mise en scène et de la musique – grands effets de piano et violons, comme à l’époque. Les effets comiques, les films dans le film et les chorégraphies contribuent à en faire un divertissement émouvant. Jean Dujardin – récompensé à Cannes - et Bérénice Béjo crèvent véritablement l’écran.

Pour autant, la non-parole exprime plus que le verbe lui-même. L’acteur qui ne parle pas, George Valentin, tombe dans l’oubli. Il est comme son chien, l’expressif Uggy, qui mime le mort. Son narcissisme premier se nourrissait de son image : portrait, autographes, interviews. Obsédé par l’arrivée de la parole, il va finir par s’entendre et s’accepter dans la réalité de sa vie personnelle. Le dandy est mort, vive l’homme !

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9 septembre 2011

Le retour des choses

Publié par carnetsdimelda dans Histoire, Litterature, Roman

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En découvrant la couverture, on pense à un roman à l’eau de rose. Non ! Le livre de Francine de Martinoir exprime avec justesse et poésie bien plus que la fougue des sentiments. Il retrace une histoire dans l’Histoire ; les souvenirs de la narratrice, Octavie Delgodère, qui a été (comme la romancière elle-même) envoyée en Algérie pendant la guerre l’indépendance, en tant que professeur de lettres.

Elle rencontre sur un court de tennis d’Alger un officier plus âgé qu’elle, Tancrède Préfailles, qui porte en lui les stigmates de son séjour à Buchenwald et de la guerre du Vietnam. Ils se marient. Pour Octavie, le dilemme pourrait se situer entre son mari qui maintient la présence française en Algérie, et ses amis et collègues qui militent pour l’indépendance, au prix de leur sang. Mais Tancrède est souvent absent, et se montre secret sur ses activités. A-t-il participé à l’enlèvement d’Etienne Bazine, un de ses amis pro-FLN ? Leur relation se fragilise et ils finissent par se séparer.

C’est d’une clinique parisienne où elle vient de subir une opération que bien plus tard, Octavie évoque son passé. Elle vient d’apprendre par la télévision le décès du commandant Préfailles. Par ce récit impressionniste, amoureux de l’Algérie et de sa lumière, elle tente de trouver un sens. C’est avec délicatesse que l’auteur montre l’échec d’une vie conjugale où les époux ne savent pas communiquer, ni s’aimer dans les petites choses. La couleur de la nostalgie lui donne cependant un clair-obscur émouvant. 

 

Francine de Martinoir, L’aimé de juillet, Editions Jacqueline Chambon-Actes Sud, 2009

8 septembre 2011

Karen Blixen pour procuration

Publié par carnetsdimelda dans Actualité, Histoire, Litterature

Dans ce court roman de la rentrée littéraire, Nathalie Skowronek fait d’une aventurière du siècle dernier une soeur et une amie.

L’appel du large, l’appel de la forêt, l’appel de l’Afrique : on peut dire que c’est ce qui sous-tend ce livre atypique. Il alterne, jusqu’à la fusion des deux, le récit de la vie de Karen Blixen (1885-1962), et celle de la narratrice. La biographie de la première est connue des spectateurs de Out of Africa (1985) : une jeune femme danoise, dans les années 1920, trouve au Kenya échappatoire et aventure. Elle écrit à son retour de nombreux contes, dont Le Festin de Babette, mais surtout La Ferme africaine.

C’est ce récit-là que lit à l’âge de onze ans la narratrice de Karen et moi. Dès lors, elle ne cesse de songer à Karen et à découvrir une parenté entre sa vie et la sienne. Mal-être personnel, mariage sans conviction, rêves d’amour et de voyage, désir d’écriture. Et surtout, peur d’être abandonnée.

Avec un art du récit digne de celui de Karen Blixen, au fil de phrases sobres et fluides, Nathalie Skowronek semble livrer un conte, celui de deux sœurs que la distance géographique et historique ne sépare pas. Malgré le thème assez consensuel – la fuite une vie bourgeoise et étriquée -, la conclusion première reste qu’un livre peut changer une vie.

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Karen et moi, de Nathalie Skowronek, Editions Arléa, 2011.

11 août 2011

L’égarement des mots français dans le monde

Publié par carnetsdimelda dans Histoire, Mots

« Jadis, tout était romain, aujourd’hui tout est français ! » pouvait s’exclamer au XVIIIe siècle le marquis de Caracciolo, diplomate italien à la cour de Louis XV. Et à cette époque en effet, l’Europe entière se conjuga à la française. » (1) Si ce n’est plus le cas aujourd’hui, des mots français se sont glissés dans les langues étrangères, soit en gardant leur sens originel, soit en changeant de sens. Cela donne parfois des choses très drôles. Exemples.

L'égarement des mots français dans le monde dans Histoire napole10

Un napoléon en Allemagne ou en Russie, un napoleonka en Pologne, désigne un mille-feuilles (c’est l’image que j’ai trouvée en tapant ce mot sur Google). A cause de l’épais Code Napoléon ? Du goût de « l’Ogre » pour cette pâtisserie ? Ce serait surtout parce que la pâte feuilletée est appelée dans de nombreux pays « pâte française »… Donc Napoléon. Logique.

Un frotté en danois désigne un essuie-mains.

Un melange, en Autriche, est un café au lait (servi dans un verre).

Reveille ! est le signal du réveil (du clairon, souvent) donné aujourd’hui dans l’armée américaine. Celle-ci a d’ailleurs emprunté un certain nombre de mots français, comme lieutenant, aide de camp, bivouac, camouflage

Un belmondo, en russe, est un mot familier pour désigner un homme qui se croit beau et irrésisitible. Une belmonda a le même sens pour une femme. Nos acteurs sont plus dévastateurs qu’on ne le pense !

Par contre, un delon ou un alain delon est, en roumain, un trois-quarts en daim avec doublure de fourrure. En effet, dans les années 1960, le vêtement de Delon dans Rocco et ses frères de Visconti a dû être un symbole fort pour les Roumains confinés dans le bloc de l’Est…

Pour d’autres exemples, consultez le livre ci-dessous !

(1) Franck Resplandy, My rendez-vous with a femme fatale, Les mots français dans les langues étrangères, Bartillat 2006. Livre qui a été ma source principale pour ce billet.

 

9 août 2011

Ce que cache un héros

Publié par carnetsdimelda dans Histoire, Journalisme, Litterature

Ecrire des nécrologies, ce n’est déjà pas toujours facile. Faire l’éloge d’un homme parfait, ce Charles-Elie Sirmont au parcours politique et humanitaire trop lisse, c’est ce que le journaliste Moreira se refuse à faire. Au long du roman, il interroge des personnalités ayant connu Sirmont, afin de préparer l’article qui paraîtra à la mort de ce dernier. Diverses personnalités ont côtoyé le personnages, dans sa carrière de député, d’ambassadeur, de héros humanitaire au Liban ou en Bosnie. Si le sauveur est moins immaculé qu’il n’y paraît, il semble néanmoins incarner le courage, au coeur de missions périlleuses.

Ce que Moreira va découvrir, c’est la blessure intime qui a poussé Sirmont à vouloir améliorer la vie de populations en guerre ou sinistrées. C’est ce que la façade médiatique cache des personnalités. Mais c’est aussi le besoin des gens de connaître des individus modèles, des exemples éthiques, jusque dans le monde actuel.

Etienne de Montety mène avec brio la trame de l’enquête, qui tend cependant à être une succession de récits historiques et militaires trop détaillés, qu’à un véritable roman. Il fait toutefois montre d’une excellente connaissance  des conflits récents, ainsi que des médias – ainsi, le fait qu’après la mort d’une personnalité, si le président a utilisé tel terme élogieux, le premier ministre ne puisse plus l’utiliser.

L’humour est également de mise. Moreira étant chargé des nécrologies, « la mort des autres devint une idée fixe. Il se mit à se réveiller la nuit, pris de panique : rien n’avait été préparé pour Marie-Hélène de Gombault. Il avait beau se raisonner : la médiéviste n’était âgée que de soixante-huit ans et rien ne laissait présager une mort proche, il ne parvenait pas à se rendormir. Il alluma la radio pour s’assurer qu’aucun flash n’annonçait son décès. » Eloquent.

Etienne de Montety, L’article de la mort, Gallimard 2009

Ce que cache un héros dans Histoire Montety

 

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