Les Carnets d'Imelda

20 janvier 2010

Le Concert

Publié par carnetsdimelda dans Cinema

Un film de Radu Mihaileanu, sorti le 4 novembre 2009. Toujours à l’affiche.

Moscou, théâtre du Bolchoï. Il est tard, et l’homme de ménage frotte encore le bureau du directeur. Un fax arrive. Le théâtre du Châtelet propose à l’orchestre du Bolchoï de venir jouer à Paris… Mû par une mystérieuse intention, l’homme décide de répondre à cette invitation. Car c’est lui, Andrei Filipov (Aleksei Guskov), qui dirigeait l’ochestre trente ans auparavant… Cependant, refusant de se séparer de ses musiciens juifs, il avait été congédié. C’est décidé, il va prendre sa revanche. Mais pas seulement pour redonner à ses anciens amis musiciens le plaisir de jouer à nouveau… Il souhaite notamment avec insistance que le violon solo du Concerto de Tchaïkovski qu’il veut diriger soit tenu par la célèbre Anne-Marie Jacquet (Mélanie Laurent)…

Le film réalise une belle progression entre l’originalité de la situation initiale, qui se décline en prolongations pleines d’un charmant humour – « comme réponse à la souffrance », explique le réalisateur -, et l’émotion qui prend peu à peu le spectateur découvrant l’aspiration secrète du maestro, dans le chant du violon.

Certes, quelques scènes ne sont pas dépourvues de lourdeurs et de clichés, et l’absence de quelques images indiscrètes et propos grossiers n’auraient pas nui au film. Cependant, le jeu prend assez bien malgré l’incongruité de la situation, grâce au secours puissant du délicieux français de Barinov, le chef communiste qui organise le voyage : « Cheminons à l’hôtel. » Il est à ce propos important de voir le film en version originale, sinon le spectateur risque de ne pas comprendre pourquoi les Russes parlent soudainement moins aisément avec les Français, qu’entre eux.

L’interprétation finale du Concerto pour violon de Tchaïkovski, courte de vingt minutes, est simplement superbe. De frissonner assez pour oublier que ce n’est pas un film artistique, mais bien agréable.

Le Concert dans Cinema 2125411534

12 janvier 2010

A thing of beauty

Publié par carnetsdimelda dans Cinema, Poesie

Bright Star, un film de Jane Campion. Sorti le 6 janvier, actuellement au cinéma.

A thing of beauty dans Cinema brightstar

Tel est ce superbe film : une chose de beauté. Le poète romantique John Keats, dont l’histoire est ici évoquée, disait que c’est une joie pour toujours. Il y a en effet un certain émerveillement à se rappeler les très belles images d’un long-métrage qui met en exergue toutes les nuances de la passion amoureuse, grâce aux ressources du cinéma mais aussi de la poésie. De fait, des nombreux vers de Keats parsèment le déroulement de cette histoire d’amour entre le poète et sa voisine, Fanny Brawne, amour rendu impossible à cause d’une différence de richesse d’abord, puis d’une maladie du jeune homme.

Si la mise en scène n’échappe pas aux clichés - la tentative de suicide quand Fanny pense être séparée de John, par exemple -, elle trouve un équilibre en s’appuyant sur les faits biographiques tout en imaginant librement mille symboles d’une telle passion. Par exemple, l’obstacle qui sépare les deux jeunes gens est développé diversement : ils mettent leur lit de chaque côté d’un même mur, se regardent à travers des vitres, marchent à quelque distance.

Les images sont de toute beauté, faisant varier la lumière dans de subtils clair-obscurs dont certains – femmes cousant à une fenêtre – rappellent vraiment des toiles de Vermeer. Tout autant que les plans faisant défiler les saisons, les costumes sont ravissants, mettant aussi en parallèle l’harmonieuse minutie avec laquelle Fanny brode et celle dont use Keats pour écrire ses poèmes.

Dans l’amour de Keats, le romantisme s’inspire des clichés pétrarquistes mais trouve aussi une véritable originalité qui n’exclut pas un respect réel pour sa bien-aimée, délicatesse qu’incarne avec talent Ben Whishaw – tout autant qu’Abbie Cornish, même si d’aucuns pourraient les trouver un peu fades. A leur amour on pourra opposer le personnage de Brown, ami de Keats, dont la vie amoureuse est un peu moins platonique et surtout moins respectueuse.

Malgré quelques longueurs à la fin, on goûtera avec émerveillement cette histoire qui n’est pas sans évoquer les romans de Jane Austen, qui se situent dans l’Angleterre de la même époque – les années 1810. Un très beau moment.

2 janvier 2010

Mes films d’exception

Publié par carnetsdimelda dans Cinema

Comme ce soir je n’ai pas envie d’écrire quelque chose de très érudit, je vous confie la liste de mes films préférés, classés par nombre d’étoiles – je ne mets donc ici que les 3 et 4 étoiles.
Cette notation est globale, en ce sens qu’elle ne sépare pas le critère esthétique du critère éthique ; mon critère est, en bref : « Est-ce que j’ai aimé ce film et est-ce que je le conseillerais à un ami ? ». Comédies charmantes et drames profonds sont mêlés indistinctement, même si je prefère les seconds. Et puis, évidemment, ce sont des choix féminins, et forcément subjectifs.

4 étoiles
Rebecca, d’Alfred Hitchcock (1947)
Raisons et sentiments, de Ang Lee (1995)
Le hussard sur le toit, de Jean-Paul Rappeneau (1995)
L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux, de Robert Redford (1998)
Gladiator, de Ridley Scott (2000)
Un homme d’exception, de Ron Howard (2002)
Le monde de Narnia (chapitre 1), de Andrew Adamson (2005)
Karol, l’homme qui devint pape, de Giacomo Battiato (2006)

3 étoiles
La Vie est belle, de Franck Capra (1947)
Ben Hur, de William Wyler (1959)
Le Cid, d’Anthony Mann (1961)
Un Homme pour l’éternité, de Fred Zinnemann (1966)
Cyrano de Bergerac, de Jean-Paul Rappeneau (1990)
Les visiteurs, de Jean-Marie Poiré (1993)
Beaucoup de bruit pour rien, de Kenneth Branagh (1993)
Est-Ouest, de Régis Wargnier (1999)
Pearl Harbor, de Michael Bay (2001)
Le retour du roi (Le Seigneur des Anneaux 3), de Peter Jackson (2003)
La Passion du Christ, de Mel Gibson (2004)
Big Fish, de Tim Burton (2004)
Il était une fois, de Kevin Lima (2007)
Les Noces rebelles, de Sam Mendes (2009)
Gran Torino, de Clint Eastwood (2009)

31 décembre 2009

L’enfant millionnaire

Publié par carnetsdimelda dans Cinema

« Comment Jamal Malik a-t-il atteint la question à 20 millions de roupies ? A) Il a triché. B) Il est chanceux. C) C’est un génie. D) C’est son destin.»

Un jeune garçon court dans les rues d’une mégapole indienne à la recherche d’une amie d’enfance, Latika… « C’est le destin. » « Un concept indien bien particulier », affirme Danny Boyle, le réalisateur britannique de ce film adapté d’un roman indien de Vikas Swarup, Les Fabuleuses aventures d’un Indien malchanceux qui devient milliardaire. La construction du film est originale : elle alterne, d’une part, des extraits de émission en version indienne Qui veut gagner des millions ? où le jeune Jamal Malik, simple serveur de thé, répond juste à toutes les questions, et d’autre part des flash-back qui reprennent un à un les épisodes de sa vie expliquant pourquoi il connaît ces réponses délicates…
Projet qui donne un long-métrage particulièrement émouvant, pour lequel les 8 Oscars qu’il a remportés, dont celui du Meilleur film pour l’année 2009, semblent bien légitimes : le tournage est fondé en partie sur des plans que je qualifierais d’impressionnistes grâce au mouvement perpétuel que la caméra suit, à l’image des impressions des personnages dans ces villes dynamiques, ces poursuites fréquentes ; l’acteur principal, Dev Patel, joue remarquablement et son authenticité fait son charme ; les scènes décrivent un monde souvent sans pitié et plein de dangers, surtout pour les enfants ; quant aux personnages, ils sont fouillés avec justesse, tels que celui du présentateur ou encore de l’inspecteur de police, touchés par la vérité.
De cette comédie dramatique ou « le mendiant devient prince », on regrettera peut-être certains épisodes un peu longs voire éprouvants pour les yeux (notamment la scène de torture au début), ainsi que le dénouement en happy end, dégoulinant d’eau de rose. Mais si le scénario n’est pas très vraisemblable, l’adaptation cinématographique, entre autres grâce à un casting et une équipe de réalisation presque exclusivement indiens, le rend à la fois triste et drôle, de quoi en faire une véritable réussite. Réponse D.

Imelda

Slumdog Millionnaire (2009), à acheter en DVD.

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