Les Carnets d'Imelda

31 mars 2011

Northanger Abbey

Publié par carnetsdimelda dans Cinema, Litterature

« Personne n’ayant vu Catherine Morland enfant n’aurait supposé qu’elle deviendrait une héroïne. Sa situation dans la vie, le caractère de ses parents, et sa propre disposition : tout était contre elle. » Commencer un film en ces termes, c’est restituer fidèlement la délicieuse ironie du roman de Jane Austen, Northanger Abbey. Catherine Morland, grande lectrice de romans gothiques en vogue en ces années 1790, s’imagine en effet l’héroïne d’aventures extraordinaires, faites d’enlèvements, de passions et de meurtres.

Le jeune Henry Tinley et sa soeur Eleanor vont l’aider à mettre un frein à son imagination débordante (le terme est idoine) et en même temps à ne pas idéaliser la vie mondaine de Bath. Ainsi, John lui déclare lors du premier bal, avec un sourire en coin  : « Pardonnez-moi, je suis un partenaire négligent. Je dois vous demander depuis quand vous êtes à Bath, si vous êtes allée au théâtre, au concert, etc. Nous devons faire notre devoir. Etes-vous prête ? » L’humour et la mise en scène atténuent le côté « grands effets » du film (pertinent s’il est volontaire), sans oublier le grand charme de l’actrice prinicipale, Felicity Jones.

Un téléfilm de Jon Jones (2007).

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3 mars 2011

Le Pouvoir royal de la parole

Publié par carnetsdimelda dans Cinema, Histoire

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Banal, de le dire pour un film qui a déjà fait près de 1,5 million d’entrées en France et obtenu 4 Oscars à Hollywood : allez voir Le Discours d’un roi ! Ce film de Tom Hooper évoque le combat de George VI d’Angleterre (le père d’Elisabeth II) pour guérir son bégaiement, à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. Prestation des acteurs, beauté de la musique, qualité de l’image : tout est parfait. En voyant ce long-métrage, mille choses ont reflué à mon esprit : la sobriété et l’élégance des romans de Jane Austen et les films qui en ont été tirés ; l’harmonie contrastée de la littérature de Shakespeare ; mon professeur d’anglais de khâgne (si ! J’en profite pour lui rendre hommage), long et mince, amateur de thé et de romans de Henry James… Toute une culture britannique, dont la distinction et l’austérité est vivement contrastée par un humour flirtant avec l’oxymore.

Cet équilibre permet d’évacuer ce qui pourrait paraître trop lisse dans le film, comme l’amour et la fidélité indéfectible de la reine ou la candeur des jeunes princesses. La place du roi y est mise en question, notamment la juste distance à trouver entre George VI et son thérapeute, à la fois proches et si différents. Il n’y a heureusement pas de concession à un égalitarisme politiquement correct qui voudrait mettre le roi (pas l’homme) au rang de tous.

Dans cette lignée, un travail est fait sur la parole d’un roi qui est en soi une lutte (contre son handicap personnel mais surtout ensuite contre le régime nazi), à mettre en parallèle avec la parole d’Hitler dont la puissance d’élocution n’est plus à démontrer. Superbe.

14 janvier 2011

Le Renard et l’enfant

Publié par carnetsdimelda dans Cinema, Psychologie

Le Renard et l’enfant (2007) de Luc Jacquet est à la croisée des chemins entre le roman, le conte philosphique et le documentaire animalier. L’histoire d’un renard et d’une enfant qui  s’apprivoisent, cela fait penser au Petit Prince de Saint-Exupéry : « Tu t’assoiras d’abord un peu loin de moi, comme ça, dans l’herbe. Je te regarderai du coin de l’œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t’asseoir un peu plus près. » (ch. XXI)

Ce film est simple comme la vie : on regarde le monde que nous entoure et on apprend connaître les autres. Ceux-ci nous apprennent à tendre l’oreille et à ne pas avoir peur des torrents et des grottes. Mais l’histoire est compliquée comme l’est la vie : « Est-ce qu’il voit avec les mêmes couleurs que moi ? » se demande la petite fille. Est-ce qu’elle va réussir à le laisser libre ? A ne pas prendre possession de lui ? A ne pas vouloir qu’il lui ressemble ?

Ces lignes de réflexion dessinent la beauté de ce film, avec pour tout acteurs le renard (euh, plusieurs en fait) et l’enfant (la délicieuse Bertille Noël-Bruneau). Magnifique.

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6 janvier 2011

Les Emotifs anonymes

Publié par carnetsdimelda dans Cinema, Humour, Psychologie

Le film Les Emotifs anonymes (actuellement au cinéma) de Jean-Pierre Améris, c’est deux hyper-émotifs (Jean-René et Angélique) chocolatiers, qui apprennent à se connaître ; une comédie prévisible mais émaillée d’un humour à toute épreuve, des comiques de situation réussis, deux acteurs excellents (Isabelle Carré et Benoît Poelvoorde), une bande-son charmante (comme ici), une atmosphère en rouge et vert un peu rétro à la Amélie Poulain qui fonctionne parfaitement, de la finesse, de l’émotion et de la fraîcheur. Hormis les reprises des chansons de La Mélodie du bonheur un peu manquées pour qui connaît l’original, et des rôles secondaires surfaits, tout invite à courir voir ce joli film français, qui donne envie d’acheter du chocolat et d’exprimer ses émotions !

Les Emotifs anonymes dans Cinema Les-emotifs-anonymes-agoravox

 

26 mai 2010

Onegin

Publié par carnetsdimelda dans Cinema, Litterature

Un film de Martha Fiennes (1999)

Interprétation du roman en vers Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine, ce long-métrage redessine le destin d’un jeune aristocrate désenchanté des années 1820 , qui s’ennuie de la ville comme de la campagne. Dans le voisinage d’une maison qu’il vient d’hériter non loin de Saint-Péterbourg, il fait la connaissance d’un jeune poète romantique, Lenski. Ce dernier est amoureux d’une jeune fille, Olga, dont la grande soeur Tatiana - nourrie d’auteurs romantiques - ne reste pas indifférente au charme d’Onéguine. Elle lui envoie même une lettre enflammée. Cependant, il la repousse au motif qu’il ne la rendra pas heureuse. Plus, il courtise Olga. Lenski provoque alors Eugène en duel, et y est tué.

Six années passent. De retour de voyage, Onéguine rencontre Tatiana à un bal à Saint-Pétersbourg, et tombe sous son charme. Mais elle est maintenant mariée à un général, et refuse de tromper son époux.

L’acteur Ralph Fiennes (frère de la réalisatrice) joue avec aisance ce personnage de dandy emprisonné par son personnage, qui dit à Tatiana avouant son amour : « Je n’ai nul désir d’être sauvé de moi-même. » Et, bien plus tard, une fois à genoux devant elle, anéanti par sa passion, il implore : »Sauvez-moi. » L’amour-propre s’est effacé devant l’amour, celui qui se baisse les armes et met à nu. Mais il arrive trop tard pour s’épanouir…

Ce parallélisme qui met en évidence la chute de l’orgueil est finement dessiné, lorsque Tatiana (Liv Tyler, ravissante et aérienne) repousse Onéguine à la fin du film : « Que croyez-vous entrevoir ? Votre heure de gloire ? Un bref scandale ? » ; elle fait ainsi écho au refus du dandy , lui qui, quelques années auparavant et la lettre de déclaration de Tatiana entre les mains, persiflait : « Voyez-vous où cela nous mène ? A une déclaration, un baiser… un mariage, une famille… des obligations, l’ennui… l’adultère. Est-ce là une existence que vous souhaitez ? »

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La photographie et la musique se font alors sobres, jusqu’au tragique, et créant une atmosphère un peu irréelle, onirique, à l’image d’un certain romantisme, et en même temps suivant une esthétique très contemporaine. Quelques audaces de mises en scène en témoignent, telles que l’aphonie de la bande son lorsque la soeur de Tatiana apprend que son amant a été tué en duel, témoignant ainsi que la douleur rend sourd. Diverses séquences que je qualifierais d’ »impressionnistes ». La réalisatrice évite ainsi une certaine mièvrerie, tout en conservant la délicatesse et l’élégance de l’évocation de cette histoire.

Ce film américano-britannique ne parvient cependant pas tout à fait, à mon goût, à restituer le paysage social et psychologique de la haute société pétersbourgeoise des années 1820. Les acteurs n’ont pas vraiment le type slave ; de plus, les lettres sont rédigées non en russe, mais en anglais – notons au passage que le dernier chic dans ce milieu était de placer quelques mots de français au détour des conversations.

Ce sera pour ainsi dire ma seule critique négative à ce très beau film.

Post Scriptum. Ce qui peut finalement impressionner le plus le spectateur, c’est de savoir que Pouchkine mourut – en 1837 – à peu près dans les mêmes conditions que Lenski : dans un duel contre un dandy qui avait séduit sa femme. Mieux encore, le compositeur Tchaïkovski, ayant lu Eugène Onéguine, ne repoussa pas une de ses anciennes élèves qui lui avait déclaré sa flamme, par peur de finir, comme Onéguine, rongé de remords. Malheureusement, son mariage fut un échec – il était homosexuel. L’année de cet union, il tira de Eugène Onéguine un opéra éponyme.

28 avril 2010

Ma nuit chez Maud

Publié par carnetsdimelda dans Cinema, Philosophie

 Un film d’Eric Rohmer (1969)

Un ingénieur catholique (Jean-Louis Trintignant) parle à bâtons rompus avec un ancien camarade marxiste, Vidal (Antoine Vitez) et une jeune femme athée, Maud (Françoise Fabian). Ce long-métrage paradoxalement sorti dans la vague de 1968, troisième volet des Contes moraux de Rohmer, est, dit-on, le chef-d’oeuvre de ce dernier. De fait, le film parvient à synthétiser légèreté de l’intrigue et pesanteur des mots, en tant qu’ils élaborent insensiblement des questions aussi essentielles que la probabilité et le hasard, le choix et le destin, l’amour et les amours.

On cite souvent une des scènes (plutôt deux, il me semble) évoquant Pascal, la théorie de la prédestination que Jean-Louis applique à certaines amours impossibles, ou le pari que Vidal transpose dans l’engagement politique.

Il est vrai que le film montre sans dire, grâce à des dialogues bien enchaînés et à des personnages tous complexes : parmi eux, Maud, la femme séductrice, et Françoise, la jeune fille dont la chasteté n’est qu’apparente. Il faut noter en effet la qualité de dialogues jamais ennuyeux, mis en relief par le timbre des voix et les postures physiques, et cette manière de filmer également la personne qui écoute, le locuteur étant hors-champ. Dans le même moment ou presque, les idées échangées passent à l’épreuve de la vie pratique.

Le noir et blanc, la simplicité des décors, la fréquente sobriété du ton forment un cadre qui peut tendre au lugubre – c’est mon impression. Mais il souligne l’esthétique janséniste qui est mise en question par le film. Une oeuvre à voir une seconde fois, pour en saisir toute la complexité.

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19 avril 2010

Art et implicite

Publié par carnetsdimelda dans Cinema, Ecrire, Litterature, Petites reflexions, Theatre

Je crois avoir remarqué récemment que ce qui contribuait grandement à la qualité d’une oeuvre, c’est la part d’implicite.

En effet, en étudiant Les Mains sales de Sartre, nous avons vu que dans une des scènes (la première du quatrième tableau), Hugo et Jessica discutent, en présence d’un pistolet, de leur rôle dans la préparation d’un assassinat politique ; or, ils déclarent « jouer » (« On joue ou on ne joue pas ? », « Tu sais bien que ce n’est pas un jeu »,  »Pouce », etc.). C’est bien sûr une manière de dessiner un théâtre dans le théâtre et sans doute une réflexion sur la nature de ce dernier. Mon professeur a alors remarqué qu’il était dommage que Sartre ait écrit ce mot de « jouer » de manière répétitive et explicite : il dévoile alors ses cartes, montre les rouages, laisse moins de marge d’interprétation au lecteur…

Second exemple, noté en regardant le très beau film télévisé Guerre et paix de Robert Dornhelm, tiré du roman de Tolstoï et passé sur France 2 en 2007. Même s’il y a à mon goût un peu trop de renforts de violons, l’interprétation est soignée et en particulier les décors et costumes - sans oublier la prestation de Clémence Poésy et d’Alessio Boni. Cela dit, j’ai trouvé que justement l’actrice qui interprétait Helene Kuragin (tout comme celui qui jouait son père Vasilii) avait un jeu forcé, excessif, trop explicite. En effet, dans le livre, ces deux personnages sont « méchants » : machiavéliques, intéressés, et la jeune femme est une séductrice. Cependant, à rendre ceci trop évident, ils en perdent leur crédibilité, deviennent sétérotypés et même davantage. Les regards en coulisse et les sourires excessivement mielleux empiètent sur la finesse et la beauté de l’ensemble.

Il me semble justement que ce qui fait le prix d’une oeuvre, c’est la capacité qu’a l’auteur à rendre les enjeux suffisamment implicites, pour que non seulement l’histoire soit « crédible » (bien que ce terme de communication ne soit pas vraiment littéraire…), c’est-à-dire reflet de la complexité humaine, mais aussi pour que le lecteur puisse tirer ses propres conclusions et non pas se faire uniquement consommateur de savoir ou d’émotions.

PS : J’ai trouvé une réflexion de Maupassant sur L’Education sentimentale de Flaubert qui justement met en évidence ce génie que nécessite la mise en place de l’implicite : « Bien que ce [roman] lui ait demandé un travail de composition surhumain, il a l’air, tant il ressemble à la vie même, d’être exécuté sans plan et sans intentions. Il est l’image parfaite de ce qui se passe chaque jour ; il est le journal exact de l’existence : et la philosophie en demeure si complètement latente, si complètement cachée derrière les faits ; la psychologie est si parfaitement enfermée dans les actes, dans les attitudes, dans les paroles des personnages, que le gros public, accoutumé aux effets soulignés, aux enseignements apparents, n’a pas compris la valeur de ce roman incomparable. »

29 mars 2010

Le Temps d’un week-end

Publié par carnetsdimelda dans Cinema, Psychologie

Un film de Martin Brest (1992)

Le temps d’un week-end, Charlie, étudiant désargenté, accepte de s’occuper d’un homme aveugle. Le lieutenant-colonel Frank Slade, autrefois brillant et aujourd’hui fort aigri, est cependant un homme imprévisible : il décide de partir avec son jeune compagnon passer les trois jours à New York. En réalité, il veut se fare une ultime tournée de plaisirs avant de se donner la mort…

Ce personnage, joué par un très brillant Al Pacino (qui reçut l’Oscar du meilleur acteur pour cette prestation), est bien paradoxal : la force de sa volonté cache une faiblesse profonde due à son dégoût de la vie. Ni les excellents dîners, ni les plaisirs charnels, ni la course en Ferrari, ne lui procureront une joie durable. Seul moment de grâce : un tango avec une timide jeune fille inconnue (la ravissante Gabrielle Anwar) qu’il a choisie pour la délicatesse de son parfum ; c’est ainsi en effet qu’il repère les femmes, d’où le nom du titre original : Scent of a Woman. Ce film est d’ailleurs le remake du film italien Parfum de femme de Dino Risi (1975), qui reste le meilleur paraît-il.

Quant au jeune Charlie (Chris O’Donnel, un peu trop amorphe à mon goût), il va s’attacher à l’aveugle en même temps qu’il est en proie à un délicat cas de conscience dans une affaire de discipline dans sa prépa. Tout en trouvant dans le vétéran bourru une attention paternelle, c’est lui qui va redonner à ce dernier une ou deux raisons de vivre, à la fois dérisoires et sincères.

La mise en scène, le rythme et les dialogues sont soignés, tandis que la musique de Thomas Newman – qui a également composé celle de The Horse Whisperer par exemple – contribue à créer une ambiance prenante.
Malgré une fin assez consensuelle et quelques propos un peu indiscrets, c’est une oeuvre intelligente et fine, à voir absolument !

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4 mars 2010

De l’ombre à la lumière

Publié par carnetsdimelda dans Cinema

Un film de Ron Howard (2005)

L’Amérique des années 30, juste après la crise boursière. Jim Braddock (Russell Crowe), autrefois boxeur prometteur, a dû abandonner la compétition après une série de défaites. Il travaille sur les quais – quand on l’accepte -, afin de faire vivre sa femme Mae (Renée Zellweger) et ses enfants, qu’il aime tendrement.
Un jour, son ancien entraîneur lui propose dans l’urgence de combattre le deuxième champion mondial. A la surprise générale, Jim Braddock gagne au troisième round… En dépit de son poids moindre que celui de ses adversaires, de son âge et et de ses blessures récurentes à la main, il accumule les victoires. Ses proches et les plus démunis croient en lui, notamment lorsqu’il s’apprête à combattre Max Baer, le champion du monde qui a déjà tué deux hommes au combat…

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C’est bien sûr un certain hymne au rêve américain, à la « seconde chance », que Ron Howard met ici en scène avec l’histoire du véritable James J. Braddock, champion mondial de boxe professionnelle de 1935 à 1937.
On trouve alors une teinte légèrement idéalisée au film, soulignant le caractère « conte de fées » de l’histoire de celui qu’on appelle « Cinderella man » – le Cendrillon de la boxe, c’est le nom du titre original. La très belle photographie, la mise en scène soignée du contexte historique et la sobriété participent à cette dimension, tout autant que l’aspect mélodramatique assez intense – personnellement j’ai eu plusieurs fois les larmes aux yeux, alors que je ne pleure quasiment jamais en regardant des films.

En effet, l’alternance entre les scènes de boxe et celles où Braddock retrouve sa femme et ses charmants enfants en fait quelqu’un de très humain. Surtout avec l’interprétation de Russell Crowe qui véritablement crève l’écran, et de Renée Zellweger (j’ai été déçue de comprendre que c’était la même actrice que celle du trivial Journal de Bridget Jones !) Le rôle d’épouse n’est pas pour autant idéalisé, puisque la jeune femme accepte bien difficilement que son époux combatte un « tueur de ring ».

L’ensemble reste très équilibré, notamment le rythme qui ne laisse pas de place au longueurs grâce à son intensité. L’aspect mélo est en particulier tempéré par des répliques pleines d’humour – comme celles de l’entraîneur (Paul Giamatti).
Au-delà de l’espoir idéal mis en scène par les différents personnages, l’ensemble reste touchant de vérité, par exemple lors de la scène où Braddock, endetté et sans le sou, vient mendier avec simplicité auprès de ses anciens promoteurs.
Un long-métrage à ne pas concevoir comme un énième film sur la boxe – après Million Dollar Baby – mais comme une ode à la joie du courage et de l’humilité, en temps de crise. Superbe.

3 mars 2010

Arrière-plans

Publié par carnetsdimelda dans Cinema

Aujourd’hui, juste quelques éléments techniques d’analyse cinématographique. Rien que du basique, bien sûr. Par exemple, l’échelle des plans.
La prochaine fois que vous regarderez un film (déjà vu, c’est mieux !), faites attention aux plans utilisés. Ils le sont toujours dans une visée précise, une intention de mettre en évidence telle ou telle dimension de la scène, de l’événement, du personnage… Et rechercher un effet déterminé.
De plus, la transition entre différents degrés de l’échelle des plans est révélatrice de l’intention du metteur en scène. Les mouvements de caméra sont en effet importants.
Un plan est déterminé par un cadrage.

Voici l’échelle des principaux plans :
- Plan général : situe l’action et les personnages dans leur contexte topologique (paysage).
- Plan d’ensemble : prend la totalité du décor et des personnages qui s’y trouvent. On le trouve souvent en début et fin de film, ainsi qu’une introduction part du général et qu’une conclusion revient au général.
- Plan moyen : jusqu’au pied. Il souligne la présence du personnage, éventuellement dans l’espace dans lequel il se situe.
- Plan américain : jusqu’à mi-cuisse. Ainsi dénommé car c’est le plan typique des films américains des années 30 et 40. Il permet de mettre en place les personnages lors d’un dialogue sans modifier la position de la caméra.
- Plan rapproché : jusqu’à la taille ou la poitrine. Ce plan montre ce que les personnages disent et font. Il accentue leur intimité.

Ci-dessous, un plan rapproché poitrine (PRP), dans le film A beautiful mind de Ron Howard (2001), avec Russel Crowe (mon film préféré !) On remarque que la prise de vue est en plongée.
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- Gros plan : jusqu’au cou. Il permet de lire les émotions, la vie intérieure, la psychologie d’un personnage.
- Très gros plan : une partie du visage. Il attire l’attention sur un détail dramatiquement frappant.

Voilà quelques rudiments. Si cela vous intéresse, je pourrai développer ces techniques (les manières de composer un plan, de bouger la caméra, de situer l’angle de prise de vue…), que je découvre moi-même également, dans de prochains articles.

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