Les Carnets d'Imelda

1 février 2012

Deux mois à Strasbourg

Publié par carnetsdimelda dans 2 mois à Strasbourg, Architecture, Photographie

« Prodige du gigantesque et du délicat », selon Victor Hugo, la cathédrale de Strasburg étonne par sa hauteur dentelée. Mes photos ne sont qu’une entrée en matière, puisque les prochaines semaines seront une découverte de Strasbourg, à l’occasion d’un stage dans un quotidien régional. En attendant de prochains articles, pas forcément centrés sur la culture, sur cette fascinante Alsace.

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23 octobre 2011

Un matin à Versailles

Publié par carnetsdimelda dans Architecture, Impressions, Photographie

L’actuel logo du Château de Versailles est un demi-soleil qui se lève sur le domaine. L’inventeur du domaine, le roi Louis XIV, avait choisi l’astre pour symbole ; sa chambre donnait sur l’aurore, à l’est. En 2011, quels sont les matins de la cité royale, en ville comme au palais ? Promenade.

Samedi de fin octobre, début des vacances scolaires. Ciel blanc-gris et froid sec. Les passants de l’avenue de Paris sont bien couverts. Les platanes jaunissent. Les feuilles mortes forment un tapis croustillant sous le pied. Des coureurs. Un homme et son chien noir. Une fumée blanche s’échappe d’une cheminée. Calme feutré. Des façades anciennes écaillées gardent l’honneur ; là, les volets intérieurs sont tirés à certains étages.

A l’entrée du Domaine de Madame Elisabeth (1), qui appartint à la soeur de Louis XVI mais est aujourd’hui aux mains du Conseil général, un père avec une poussette s’arrête. Le jardin n’ouvre qu’à 11 heures.

A Versailles en octobre, le Parc du château ouvre à 7 heures. Au moment moment que la boulangerie Darras (2), dont la vitrine multicolore décline des éclairs à la pistache et même à la violette. A 7h30, les halles du marché commencent à ouvrir leurs étals. Dans le Carré aux herbes, c’est une surabondance pour les yeux : tapenade, pommes séchées, tarte au boudin, olives, tourteaux, concoillotte. A 9 heures, le château accueille ses premiers touristes. Les groupes de touristes asiatiques, dame au parapluie levé en tête, ne sont pas qu’un stéréotype.

A 9h30 ouvre le magasin de prêt-à-porter Promod, ses couleurs d’automne (orange, brun, gris, turquoise) et ses soldes impromptues. A 10 heures, c’est le sacro-saint magasin de livres Gibert Joseph qui laisse découvrir ses Pléiades en promotion, les livres de la rentrée littéraire, le nouveau Philippe Delerm, et la biographie d’Elizabeth d’Angleterre - la reine-mère. Une fille en 6e demande un livre pour le français, on lui répond « rayon textes fondateurs ». A 10 heures aussi, c’est le magasin de « mode et maison » Eurodif qui laisse entrer la douzaine de personnes qui attendait patiemment devant la porte. A 10h30 s’ouvre un magasin de chaussures, près de la Place du marché.

La ville s’est réveillée. Des jeunes filles anglophones parlent devant l’église Notre-Dame. Deux autres (francophones) essaient des robes de mariées dans une boutique. Des couples prennent tranquillement un café dans un bar. L’Académie royale de billard reste close, au pied de la colline Montbauron.

Le parc est fermé au public à cause des Grandes eaux musicales ; il faut payer sinon. Là, de grandes affiches d’une exposition en cours sur le Mobilier national, de Louis XIV à nos jours. Dans la boutique touristique du château, il y a le livre pour enfants  »Versailles en s’amusant » et du confit de coquelicot, avec la reine Marie-Antoinette sur l’étiquette. Bon.

Versailles le matin, c’est le contraste entre le silence et le fourmillement, les bavardages et la paix des lignes. La Belle au bois dormant qui s’étire.

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Photo de Christian Milet.

(1) 73 avenue de Paris

(2) 16 rue du Maréchal Foch

 

28 août 2011

Donner à voir un édifice religieux

Publié par carnetsdimelda dans Architecture, Les Entretiens d'Imelda, Voyages

Donner à voir un édifice religieux dans Architecture conques-abbatiale-sainte-conques-img 

Jean-David Vernhes, ingénieur spécialisé dans les sciences de la Terre, fait partie de l’association CASA (Communautés d’Accueil dans des Sites artistiques), née en 1967. Elle regroupe des jeunes bénévoles qui accueillent les visiteurs pendant deux semaines l’été, dans une vingtaine d’églises parmi les plus emblématiques en France. Ils proposent des visites gratuites et adaptées au temps et aux attentes des visiteurs. Comment peut-on faire partager la beauté d un édifice ? Rencontre avec un guide chevronné.

Quels sites religieux avez-vous fait visiter ?

Depuis dix ans, j’ai eu l’occasion de faire des visites l’été à Conques (Aveyron, photo) par deux fois, à Beaulieu-sur-Dordogne (Corrèze), à Bourges, à Vézelay à deux reprises, à Bayeux, au Plateau d’Assy (Haute-Savoie), au Puy-en-Velay, à Cahors et à Saint-Benoît-sur-Loire. Je fais également partie de l’équipe des bénévoles chargés des visites de la cathédrale Notre-Dame de Paris pendant l’année, depuis cinq ans.

Qu’est-ce que la découverte d’une église apporte au visiteur ?

Je distinguerais deux types : le visiteur « Guide vert » et le visiteur « mains dans les poches ».

Le visiteur « Guide vert », muni du livre du même nom, est habitué à se rendre dans beaucoup d’églises. Il a le plus souvent une bonne culture générale. Pour lui, la visite du guide CASA sera l’occasion de recevoir un récit oral et vivant, plutôt qu’une lecture et une recherche hésitante des éléments évoqués. C’est un gain de temps pour lui : il va découvrir plus de choses pour une même durée. Le guide de l’office du tourisme apporte, de ce point de vue-là, la même contribution.

Et pour le visiteur « mains dans les poches » ?

Le visiteur « en tongs », ou « mains dans les poches » arrive sans avoir prévu de faire une visite guidée. Il apprend la possibilité d’une visite gratuite, en aperçoit une déjà commencée… et se décide. Ce que dit le guide est pour lui nouveau, souvent surprenant. Il affirme que sans la visite, il n’aurait rien vu, n’aurait pas su s’arrêter et regarder les détails. Par exemple, même lorsqu’on sait qu’il y a des chapiteaux dans une église (un chapiteau est une partie sculptée au-dessus d’un pilier), on les envisage dans leur ensemble, sans s’arrêter pour voir tel ou tel. Grâce à la visite, on découvre la signification d’un ou quelques chapiteaux précis. Dans une église (contrairement à un château par exemple), chaque élément est très signifiant. Ce sont des portes qui s’ouvrent à la compréhension du visiteur.

Pour ne pas rester dans un flou général, le guide suit une sélection d’éléments de l’église, qu’il a choisis. Il rend le visiteur attentif à une œuvre, afin de la regarder et de l’interpréter au niveau spirituel notamment ; cette dernière dimension, souvent considérée comme une chose d’ordre privée, est souvent mal connue. Elle est pourtant la plus haute clé d’interprétation de toute œuvre dans une église. Ce qui touche les gens, c’est quand ils voient que le spirituel est lié aux grandes questions de l’existence.

Et pour le guide, qu’est-ce que la visite apporte ?

D’abord, le guide doit se former grâce à de nombreux livres. Il va donc avoir une approche détaillée des choses. Il faut cependant faire le tri dans les informations ; dans ses lectures, il peut y avoir des « déchets », comme l’accumulation des interprétations d’une œuvre, parfois fantaisistes. Donner trop d’interprétations (« certains disent que », « d’autres que ») pour un motif sculpté par exemple, va perdre le visiteur. Quand il n’y a pas de réponse certaine, il vaut mieux évoquer celles qui paraissent les plus vraisemblables, et les plus justes.

D’autre part, être guide c’est être le premier bénéficiaire de ce qu’on offre au visiteur. Passer quinze jours dans un édifice ou auprès de lui n’est pas anodin. A force de regarder une œuvre, on s’en imprègne. Cela m’a permis d’enrichir ma réflexion et de nourrir ma foi catholique.

Par exemple, à l’abbatiale Saint-Pierre de Beaulieu-sur-Dordogne, sur les murs latéraux du portail, on observe deux scènes sculptées. La première est une scène de l’Ancien Testament, où le prophète Habacuc nourrit Daniel dans la fosse aux lions. La seconde vient du Nouveau Testament, et représente Jésus tenté par le diable dans le désert. Pour préparer ma visite, j’ai dû relire le passage de l’évangile sur les tentations de Jésus, pour m’impliquer dans la compréhension de cette sculpture réalisée avec les codes de l’art roman. Le souvenir de celle-ci me revient souvent quand j’entends cet évangile désormais. Ainsi, depuis le Moyen Age, l’Eglise se nourrit des mêmes Textes et se réapproprie les méditations qu’ils ont suscitées.

Dans l’association Casa, il y a aussi ce qu’apporte la « vie de communauté », puisque le guide retrouve le soir son équipe (de 3 à 7 jeunes) qui fait des visites sur le même site que lui. De quoi avoir de fructueux échanges.

Quel est votre meilleur souvenir en tant que guide ?

Celui qui est resté le plus fort remonte à 2003, à Bourges. Les vitraux du déambulatoire de la cathédrale y sont époustouflants et très proches des gens. Pour les montrer en étant mieux entendu, on a le dos aux vitraux et on regarde donc les visiteurs, aux visages éclairés par les taches de lumière. Ce jour-là, j’étais avec deux dames qui étaient sœurs, et le mari de l’une d’entre elles. Celui-ci se tenait en retrait, pensant sans doute que ces œuvres religieuses relevaient du folklore.

A un moment, nous étions devant le vitrail, au dessin très simple, du fils prodigue qui revient vers son père, après être parti à la dérive. L’homme s’est rapproché et tout en écoutant l’histoire, il a regardé le vitrail avec une émotion visible. Moi-même, j’ai eu du mal à ne pas en être profondément touché ! J’ai vu presque à mon insu que l’œuvre avait agi pour cet homme comme un écho spirituel, quelque chose qui a la puissance de convertir.

Quel est votre pire souvenir ?

Un des événements les plus difficiles a lieu pour moi à Vézelay, en 2010. Un homme, qui avait un peu l’air de découvrir ce qu’était une église, a demandé une « visite courte », d’une demi-heure. J’ai donc choisi ce qui me semblait le plus précieux. Au bout de dix minutes, devant un chapiteau, il a fait une réflexion qui a suscité entre nous une discussion un peu vive. Alors, il est parti ; cela a été pour moi un grand échec.

Un problème récurrent qui se pose est le moment où un visiteur rentre dans l’église avec un comportement inapproprié : une casquette, un chien ou une glace. On doit lui rappeler le respect que nécessitent l’édifice religieux et les autres visiteurs. Il y a semble-t-il une contradiction entre notre attitude ferme à ce moment-là, et notre vocation d’accueil. Bref, c’est une tâche un peu ingrate, mais je l’estime néanmoins importante.

Un mot pour finir ?

Je voudrais faire une comparaison entre l’association CASA et le « Parvis des gentils », cet événement qui a eu lieu à Paris en mars dernier à l’initiative de l’Église – un ensemble de conférences et débats, des occasions d’échanges entre croyants et non-croyants. Peut-être cela n’a-t-il pas été assez spontané, trop téléguidé pour que ça marche comme on le souhaitait.

Or, ce dialogue entre croyants et non-croyants se vit à CASA de façon discrète, entre guides et visiteurs, et entre les guides eux-mêmes en dehors des visites. Tous les guides ne sont en effet pas chrétiens convaincus, le recrutement est très ouvert. Un bel exemple de Parvis qui ne dit pas son nom !

L’association CASA en chiffres

Nombre de guides en 2010 : environ 130, âgés de 18 à 35 ans.

Sites. Une vingtaine de sites chaque été, de Brancion (Bourgogne) avec quelques milliers de visiteurs par an, à Notre-Dame de Paris, qui compte 12 millions de visiteurs chaque année.

Et les pourboires ? Les guides CASA sont bénévoles et ils reversent leurs éventuels pourboires à l’association. Le don le plus important que Jean-David ait reçu venait d’un couple d’universitaires américains en visite à Vézelay, qui lui ont donné 150 euros. Le plus souvent, les visiteurs donnent entre 5 et 15 euros. De quoi financer la formation des guides !

Site : http://www.guidecasa.com/

21 juillet 2011

(Dix)neuvième arrondissement-siècle

Publié par carnetsdimelda dans Architecture, Photographie
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3 juin 2011

Montmartre-village

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Paris 18e
Album : Paris 18e

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21 mai 2011

Dix-septième

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Paris 17e
Album : Paris 17e
De la Cité des fleurs à l'impasse Deligny, l'émerveillement dû au caché.
19 images
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3 mai 2011

Gérone gère (presque) comme Rome

Publié par carnetsdimelda dans Architecture, Photographie, Voyages

Grande ville de la Catalogne espagnole, Gérone (Girona en catalan, Gerona en castillan) est une cité fort ancienne. Plusieurs fois assiégée par la France, elle fait finalement partie de l’Espagne. Le vieux quartier, la cathédrale Santa Maria qui conserve la plus large nef du monde après Saint-Pierre de Rome, sont autant de richesses. Sans compter cette précieuse information venant de Wiki :  selon plusieurs enquêtes publiées dans les magazines d’information générale, Gérone est considérée comme la ville où il fait le plus bon vivre en Espagne. Voici quelques-unes de mes prises de vue.

 

Gérone
Album : Gérone

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30 mars 2011

Le Douzième coup

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NB : le lieu est généralement indiqué dans le nom donné à la photo.

8 octobre 2010

Pourquoi aimer le Grand Siècle ?

Entretien avec Emmanuel, étudiant en histoire et histoire de l’art. Après trois ans en prépa littéraire, il a rédigé pendant son master à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, un mémoire sur les trophées de la Chapelle royale de Versailles. Il nous fait partager son enthousiasme et son admiration pour l’esthétique du XVIIe siècle, dans ses multiples composantes artistiques et éthiques.

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Comment a commencé votre passion pour le XVIIe siècle ?

La première fois que j’ai rencontré le XVIIe siècle, c’était en visitant le château de Vaux-le-Vicomte. J’avais sept ans. J’ai tout de suite été attiré par l’atmosphère, les peintures, la décoration et l’esthétique du lieu. Mais sans esprit critique. Quand j’étais petit, j’aimais plusieurs époques. En effet, avant le développement du sens critique, nous sommes seulement attiré par ce qui nous plaît. Je dois avouer une erreur de jeunesse : j’admirais Napoléon quand j’étais enfant, mais à cause des batailles et des uniformes.

Concernant le XVIIe, j’ai davantage été attiré par lui que par la Renaissance ou par le XVIIIe, mais je ne sais pas vraiment pourquoi. Il me plaisait beaucoup, aussi bien par la musique, l’architecture, la peinture, la littérature… Et surtout, au collège, la littérature. Bien que je n’aie pas eu des cours exceptionnels et que je n’étais pas en mesure de tout apprécier, j’aimais beaucoup les Caractères de La Bruyère et les tragédies de Racine.

Par quels adjectifs pourriez-vous qualifier l’esthétique de ce siècle ?

Tout dépend des registres, car l’esthétique s’adapte à la destination d’un objet, d’un monument ou encore d’une œuvre écrite ou orale, ou purement instrumentale ou vocale. Dans l’ensemble, je dirais « majestueux », « qui inspire la grandeur et le respect », « équilibré ». Je ne rentre cependant pas dans les clichés de l’architecture classique que l’on nous enseigne au collège. On nous y montre un classicisme très dépouillé, sans statues, sans ornements, voire sans peintures et sans couleurs. Ce classicisme-là est sorti de la Révolution, du vandalisme révolutionnaire qui a mutilé de nombreuses œuvres.

Ainsi, avant la Révolution aux Invalides, des statues étaient juchées en acrotère (en saillie) sur les façades. Versailles retrouve en ce moment ses dorures sur les toitures ; les façades pouvaient être peintes. C’était le cas à Marly, où l’on a peint du faux marbre sur les façades, à la manière génoise ou vénitienne. Dans le style pierre et brique du premier Versailles, on pouvait imiter les parements bichromes sur des façades plus banales. Le principe consistait à mettre sur un fond blanc un enduit ocre, orange ou rouge foncé, et de tracer des rainures sur cet enduit, pour faire ressortir des faux joints. Au XVIIe siècle, on aimait ce qui donnait de la couleur, de la vivacité au décor. Le mobilier n’échappe pas à cette règle : tentures et parements cramoisis, lapis-lazuli, plateau de marbre, des meubles aux veinures tranchés et aux couleurs chatoyantes, contrastes affirmés et matériaux insolites comme l’écaille de tortue !

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25 septembre 2010

Images du 5e arrondissement

Publié par carnetsdimelda dans Architecture, Photographie
Paris 5e
Album : Paris 5e
Le Quartier latin.
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Cet album sera complété au fur et à mesure.

Pour information, la légende des photos se trouve dans leur titre, que vous pouvez voir en bas à gauche quand vous visionnez l’album.

 

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