Les Carnets d'Imelda

16 juin 2011

Requiem pour une vie

Publié par carnetsdimelda dans Cinema, Litterature, Philosophie

C’est venu d’un coup, au milieu d’un yaourt à la stracciatella. Oui, l’incipit de Requiem for a nun (1951) de William Faulkner a probablement été une source d’inspiration pour Terrence Malick et son Tree of life ! Froncement de sourcil du lecteur déjà ennuyé. Non ! Publié ici, l’extrait de Faulkner évoque un « clair obscur fumant » (1), mais quand arrive cette « seule tumescence furieuse, père-et-mère-en-un-seul » et surtout « les têtes reptiliennes aux cerveaux minuscules s’inclinaient dans l’air ou battaient lourdement des ailes de cuir », comment ne pas penser aux incongrus dinausores du film primé d’or à Cannes ? D’ailleurs, Faulkner est mort quand Malick avait vingt ans, et ils sont tous deux américains. CQFD.

Incongrus, les dinausores ? Si oui, il redisent l’incongruité de la création. Car c’est bien le thème du film The Tree of life. Le deuil d’un frère à faire, la paternité excessive jusqu’à la violence, la maternité dansante jusqu’à l’amour, et même la genèse et la formation des planètes, en sont autant de variations. Si la trame historique du scénario est difficile à reconstituer, tant les catégories du temps et de l’espace sont brouillées par une caméra audacieuse, c’est à dessein. Il y a dans ce long-métrage quelque chose d’inachevé, en perpétuelle gestation.

The Tree of life est difficile à regarder. On hésite entre le film d’auteur hermétique et la méditation biblique. De celle du cosmos à celle d’un enfant joufflu, la création est un acte d’une vitesse géologique, d’une lenteur génétique. Notre oeil n’y est pas habitué, pas plus que notre coeur. Ces images d’une incontestable beauté pourront peut-être lui redonner le rythme d’une naissance.

(1) La traduction est de mon ancien professeur de khâgne V. Dupont.

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