Les Carnets d'Imelda

27 mai 2011

God save the Queen

Publié par carnetsdimelda dans Cinema, Histoire, Politique

Evoquer la crise de la monarchie britannique à l’été 1997, le silence de la Reine après la mort de Lady Diana – alors que ladite Reine est encore sur le trône en 2006 -, était en soi audacieux. Mais ce que met en évidence Stephen Frears dans son très beau film The Queen, c’est le rôle de la reine. Selon Walter Bagehot dans son essai sur The English Constitution en 1867, il consiste à « conseiller, encourager et avertir » le gouvernement. Alors que la population anglaise et la presse réclament que la reine s’exprime publiquement et que les funérailles de Diana soient nationales, c’est le premier ministre Tony Blair (joué par un Michael Sheen qui crève l’écran, photo) qui vient conseiller la reine. Les rôles s’inversent le temps de la crise.

Parallèlement, Elizabeth II évoque un « shift in values », un bouleversement des valeurs : jusqu’ici, elle n’exprimait pas ses sentiments en public, surtout à l’occasion d’un membre n’appartenant pas à la famille royale. Lady Diana avait en effet divorcé l’année précédente du Prince de Galles, l’héritier ; et l’on connaît aussi le conflit qui existait entre la famille royale et elle. Aussi la reine est-elle elle-même bouleversée. Le film montre bien le dilemme qui lui apparaît, et sa capitulation finale au souhait de la population anglaise. Représentante de la nation, la reine doit-elle incarner un idéal national ou la réalité d’un peuple ? Le travail que la reine fait en elle provoque la juste admiration de Tony Blair.

Une photographie superbe (ah, ces Britanniques) et une musique remarquable, composée par le même Alexandre Desplat qui fit celle du Discours d’un roi, placent ce long-métrage dans un écrin d’exception. A revoir.

God save the Queen dans Cinema Michael-Sheen_0

 

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