Les Carnets d'Imelda

28 avril 2010

Ma nuit chez Maud

Publié par carnetsdimelda dans Cinema, Philosophie

 Un film d’Eric Rohmer (1969)

Un ingénieur catholique (Jean-Louis Trintignant) parle à bâtons rompus avec un ancien camarade marxiste, Vidal (Antoine Vitez) et une jeune femme athée, Maud (Françoise Fabian). Ce long-métrage paradoxalement sorti dans la vague de 1968, troisième volet des Contes moraux de Rohmer, est, dit-on, le chef-d’oeuvre de ce dernier. De fait, le film parvient à synthétiser légèreté de l’intrigue et pesanteur des mots, en tant qu’ils élaborent insensiblement des questions aussi essentielles que la probabilité et le hasard, le choix et le destin, l’amour et les amours.

On cite souvent une des scènes (plutôt deux, il me semble) évoquant Pascal, la théorie de la prédestination que Jean-Louis applique à certaines amours impossibles, ou le pari que Vidal transpose dans l’engagement politique.

Il est vrai que le film montre sans dire, grâce à des dialogues bien enchaînés et à des personnages tous complexes : parmi eux, Maud, la femme séductrice, et Françoise, la jeune fille dont la chasteté n’est qu’apparente. Il faut noter en effet la qualité de dialogues jamais ennuyeux, mis en relief par le timbre des voix et les postures physiques, et cette manière de filmer également la personne qui écoute, le locuteur étant hors-champ. Dans le même moment ou presque, les idées échangées passent à l’épreuve de la vie pratique.

Le noir et blanc, la simplicité des décors, la fréquente sobriété du ton forment un cadre qui peut tendre au lugubre – c’est mon impression. Mais il souligne l’esthétique janséniste qui est mise en question par le film. Une oeuvre à voir une seconde fois, pour en saisir toute la complexité.

Ma nuit chez Maud dans Cinema 00491

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